La musique libre franchit allègrement les bornes


Rédigé par - Le Vendredi 5 Octobre 2012 à 15:29


Depuis que l’ex-bibliothèque de Mûrs-Érigné a troqué son ancienne appellation contre celle de médiathèque, elle s’emploie à justifier son changement de statut par des initiatives originales. Dernier exemple en date avec une démonstration de bornes de téléchargement de musique libre.



La borne propose des musiques issues des archives de Dogmazic et des œuvres littéraires du catalogue d’InLibroVeritas.
La borne propose des musiques issues des archives de Dogmazic et des œuvres littéraires du catalogue d’InLibroVeritas.
Quelle sera la première médiathèque du Maine-et-Loire à se doter de cette borne permettant de choisir de la musique libre d’accès et de… téléchargement ? Avec un tel procédé, il suffira de connecter une clé USB, un ordinateur ou un lecteur MP3 pour sélectionner dans un catalogue de quelques 50 000 titres les morceaux de son choix. Écouter, télécharger, copier en toute impunité devient désormais une évidence. Elle l’est déjà pour certaines médiathèques françaises. Alors, qui suscitera l’impulsion en investissant dans un tel achat ?

Invités par le bibliothécaire érimûrois Thierry Dupont à une démonstration, des responsables de médiathèques locales ont découvert cette machine apte à télécharger des artistes souvent méconnus du grand public. Présentée et commercialisée par la société Pragmazic (émanation de l’association Musique libre), la borne est constituée d’un socle et d’un tableau de bord surmonté d’écouteurs. Un toucher du doigt sur la dalle ouvre des accès à des styles de musique, des noms de groupes, des choix de labels. Autre instrument proposé à la démonstration, un appareil de conception plus classique style ordinateur avec écran tactile.

Mais derrière les machines, aussi séduisantes soient-elles, il y a surtout des contenus et dans celui de Pragmazic, on trouve une collection d’œuvres culturelles forte de 4 000 heures de musique, 50 000 morceaux, 4 700 groupes, 320 labels. Face à ce maquis et afin de faciliter les recherches de l’utilisateur en lui évitant une navigation à la boussole, le bibliothécaire peut effectuer une sélection préalable par catégorie et débroussailler le terrain en réalisant des playlists.

Outre la possibilité d’écoute, de consultation ou de téléchargement, tout quidam à la fibre artistique pourra publier ses chansons et ses musiques sur le disque dur de la borne. Pas besoin d’être un as à ce jeu, même le chanteur de salle de bains pourra proposer son chef-d’œuvre à la critique… Plus rationnellement et en ce qui le concerne, Thierry Dupont rêve de promouvoir des groupes locaux, des écoles de musique, des talents en devenir, des artistes sans label. En outre, il se voit bien en train de mettre en place des animations spécifiques afin de faire vivre le concept.

En ce qui concerne le catalogue, il est alimenté par des artistes soit exclus des circuits commerciaux, soit adeptes de la libre diffusion sous licences ouvertes, soit hostiles à l’industrie musicale. Une obligation dans cette logique de partage ouvert s’impose à eux, ne pas être inscrit à la Sacem … Quant au consommateur, il ne rencontrera aucune restriction s’il s’agit de télécharger pour son propre usage et non dans un but d’exploitation mercantile.



Michel Barini
Rédacteur généraliste pour le secteur des Ponts de Cé et Murs Erigné. Collabore à la rédaction du... En savoir plus sur cet auteur

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