La paix, une utopie indispensable


Rédigé par - Le 21/09/2012 - 07:23 / modifié le 22/09/2012 - 07:18


A l’occasion de la journée internationale de la paix, le regard citoyen que nous portons se tourne vers les zones de conflits de la scène internationale. C’est précisément l’angle éditorial qu’a choisi la presse du jour. Pour autant, les conflits qui troublent l’ordre et l’apaisement trop souvent rêvés ne concernent-ils que les Etats ? Et viennent-ils tous d’ailleurs ? Ne détenons-nous pas une clé pour agir de là où nous sommes.
Est-il plus grande utopie que l’idée de paix ?



La paix, une utopie indispensable
La paix est sans aucun doute la plus prestigieuse des valeurs tant elle incarne l’idéal et cultive l’espoir d’un vivre ensemble possible. C’est surtout une cause indispensable à défendre au service de la cohésion sociale. Elle est le fondement du respect des peuples et de toute vie en société. La paix reste néanmoins l’un des plus grands chantiers pour notre humanité. Si l’on en croit René GIRARD, au commencement de toute société, il y a violence. Une violence alimentée par un « désir mimétique » où chacun désire ce que l’autre désire. En se tenant à cette analyse comment serait-il possible alors d’apaiser les relations conflictuelles ? L’idée de paix nous condamne-t-elle à osciller sans cesse entre idéal et résignation ?

[Si son contraire se manifeste par l’état de guerre, la paix ne se définie pas par l’absence de conflit. Elle incarne la clé dans la gestion de celui-ci.]

En dépit des apparences, la paix n’est pas un sujet consensuel. Sur les chemins pour y parvenir, différents points de vue s’opposent. On l’observe aujourd’hui en Syrie comme hier en Libye. Même si dans ces deux cas, comparaison ne vaut pas raison. Notamment l’objectif du recours à la guerre.

Dans un conflit, qu’il s’agisse d’un divorce, d’un licenciement abusif, d’un régime totalitaire, la guerre est l’ultime recours d’une opposition poussée à son paroxysme. Cette perspective le plus souvent tragique – chaque partie y laisse des plumes – intervient alors qu’aucune conciliation n’a pu aboutir. En ce sens, la guerre marque une situation d’échec.

Indéniablement, la guerre est hémophile. Le conflit se métamorphose comme le virus d’une maladie chronique. La guerre n’offre aucune porte de sortie mais ouvre le chemin d’un itinéraire belliqueux enfermant et stérile.

[Même s’il revêt un parfum d’utopie, l’objectif de paix comme moyen est un plus grand moteur pour le développement d’une société que le recours à la guerre tant cette dernière marque l’échec des relations sociales. Il n’existe pas de guerre à visage humain. Il n’existe pas de conflit à ce point légitime.]

La paix ne se décrète pas, elle se construit voire se négocie. Elle est le plus fréquemment le fruit d’un consensus entre deux parties adverses. Plus rarement l’aveu d’échec d’une des deux. En ce sens, la paix est l’idéal qui porte toute vie en société. Dans toutes les démocraties dignes de ce nom, l’état de paix n’empêche pas les conflits, bien au contraire, les règles ainsi fondées assurent leur libre expression dans le respect mutuel. La paix entre les états qui la composent n’est ce pas la haute idée qui fonde l’Europe.

Dans son acception la plus complète, la paix est une valeur qui commande les comportements tant de l’individu que celui de la société ; de notre engagement individuel comme de la puissance publique. Nous sommes responsables jusqu’au bout.



François-Xavier Helbert
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