La petite entreprise de Jacques Gamblin

Premiers Plans Angers 2012


Rédigé par Coralie Ganivet - Le Samedi 28 Janvier 2012 à 11:06


Artiste de renom qu’on ne présente plus, Jacques Gamblin est à l’honneur en cette 24e édition du festival Premiers Plans d'Angers. Un festival qu’il connait bien, pour y être déjà venu en 2006, et qu’il affectionne pour la chance qu’il donne aux jeunes talents de se faire un nom.



Jacques Gamblin: "Mes créations, c'est ma petite entreprise"
Jacques Gamblin: "Mes créations, c'est ma petite entreprise"
Jacques Gamblin manie les mots comme un musicien les notes. Dans les rôles qu’il interprète pour le cinéma, il les fait danser au rythme de l’intonation de sa voix. Dans ses créations, pour le théâtre ou les romans, il les choisit scrupuleusement, se refusant à l’à-peu-près. Alors quand il s’agit de se prêter au jeu des interviews, où l’emprise sur les mots se fait plus difficile, le comédien n’est pas à son aise. « S’il y a bien un domaine où rien n’est huilé, c’est l’aspect médiatique du métier. Ce n’est protégé par rien sinon par le film ou le spectacle que je prépare et que j’aime. Pour le reste, on est à poil ! » confie-t-il non sans humour.

S’il est au centre de l’attention aujourd’hui, dans le salon du festival où la presse s’est massée pour le rencontrer, il règne un silence de cathédrale. Jacques Gamblin en impose par sa prestance et sa belle gueule. Amusé, il n’hésite pas à autoriser l’assemblée à parler. « Je ne suis pas bête. Je ne pense pas que je suis plus intéressant qu’un autre. J’ai juste la chance de faire un métier qui brille. C’est sans doute une escroquerie d’ailleurs, car l’on prend la place d’évènements bien plus importants ». Qu’importe. La demi-heure qui suit lui est réservée, sans scrupule aucun.

L’envie de créer

Artiste accompli, Jacques Gamblin aime jongler avec les genres. « Le cinéma c’est super. Mais c’est trop incomplet par rapport à tout ce que je bricole à côte ». Ce qu’il « bricole à côté », ce sont ses spectacles, dont le dernier en date, « Gamblin Jazze Wilde Sextete », qui mêle le jazz à la poésie et l’improvisation, connait un succès inespéré. « On a fait ce spectacle avec Laurent de Wilde pour l’ouverture de la trentième édition du festival Jazz les Pommiers de Coutances. Ça devait s’arrêter là et finalement on part en tournée ». Un succès d’autant plus grisant qu’il n’aurait pu jamais exister. La rencontre entre les deux hommes était plutôt improbable. « Je n’aime pas le piano et lui est pianiste alors je lui ai dit ce que je pensais : « Il y a trop de notes ». Il m’a répondu qu’il était d’accord ». C’est de cet échange singulier, mais empli de sens qu’est née leur complicité.

Deuxièmes Plans ?

Devant l’hommage que Premiers Plans lui consacre cette année, le comédien reste distant. « Depuis qu’on m’en a parlé, je n’ai pas eu le temps d’y penser. J’étais constamment sur la route et je ne suis pas quelqu’un qui fait des additions », explique-t-il. Il s’enchante tout de même que certains de ses films, qui n’ont pas reçu l’accueil qu’ils méritaient à leur sortie, aient une nouvelle chance de capter leur public. « Un film magnifique comme « Laissez-passer » n’a pas rencontré son public à sa sortie alors ça me fait vraiment plaisir qu’il soit diffusé ici ». D’autant plus que l’artiste apprécie grandement le festival. « Premiers Plans, c’est l’émergence de gens nouveaux donc c’est essentiel. Mais c’est aussi essentiel de pouvoir continuer ». Alors, non sans humour, Jacques Gamblin s’interroge : « Il n’existe pas de deuxièmes plans ? »




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