"La réforme ? Un enrichissement personnel pour les enseignants"

Dossier : le casse-tête des rythmes scolaires (3/6)


Rédigé par - Angers, le 14/06/2014 - 10:09 / modifié le 18/08/2014 - 21:45


Un casse-tête, les rythmes scolaires ? Après la révélation des nouvelles organisations horaires choisies pour ses écoles publiques par la ville d'Angers, Angers-Mag fait le point sur ce dossier. En le remettant en perspective et en donnant la parole à certains de ses acteurs. Inspecteur chargé du 1er degré à l'Inspection académique de Maine-et-Loire, Vincent Larronde a observé depuis 18 mois la mise en place de la réforme des rythmes scolaires dans le département. Il nous livre son sentiment.



Vincent Larronde est l'inspecteur en charge du 1er degré à l'Inspection académique de Maine-et-Loire
Vincent Larronde est l'inspecteur en charge du 1er degré à l'Inspection académique de Maine-et-Loire
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Vincent Larronde, quels chiffres faut-il retenir pour mieux appréhender la réforme des rythmes scolaires ?

"Le Maine-et-Loire compte 262 communes avec au moins une école publique. 10 communes ont adopté la réforme des rythmes scolaires à la rentrée de septembre 2013. Fin mai 2014, 100 % des communes avec au moins une école publique ont déposé auprès de l’Inspection académique (IA) leur projet d’organisation de la semaine scolaire. A la marge, après un courrier injonctif de l’IA au 15 mai, trois d’entre elles se sont vu imposer une organisation par les services académiques. C’est maintenant au Conseil départemental de l’Education nationale à statuer de la faisabilité du projet. Il se tient avant la fin de l’année scolaire, début juillet. Le 1er septembre 2014, la nouvelle organisation de la semaine scolaire se met en place officiellement, sans report possible."

Pouvez-vous nous expliquer ce que le décret Hamon change à la réforme initiée par son prédécesseur Vincent Peillon ?

"Le décret Hamon est sorti le 7 mai, mais ne remet absolument pas en cause le décret Peillon. il permet d’expérimenter une organisation de la semaine scolaire qui n’était pas prévue dans le décret Peillon, mais le principe des 5 demi-journées en matinée reste la règle."

Les dernières élections municipales ont-elle remis en cause le travail effectuée auparavant par les équipes précédemment élues ?

"Même si la question des rythmes scolaires a été largement évoquée lors des élections municipales, un peu partout dans le département, très peu de municipalités sont revenues, pour le moment, sur le projet déposé en début d’année auprès de l’Inspection académique. Ils n’ont pas voulu remettre en question ce sur quoi ils avaient planché depuis des mois. Outre le bien fondé de la réforme pour le rythme de l’enfant, l’un des ses aspects intéressants est que, sur les territoires, l’ensemble des acteurs qui concourent à l’éducation se sont rencontrés et ont pu établir un projet commun. De notre côté, nous avons beaucoup œuvré pour que la réflexion, en milieu rural, soit mené à l’échelle intercommunale. La grosse satisfaction, c’est que plus de la moitié des communes ont mis en place un Projet éducatif territorial."

Mettre de la cohérence entre les temps

Il y a tout de même eu de nombreuses réserves, notamment financières, exprimées par les communes ?

"Ca peut être difficile pour certaines, mais la réforme porte une réelle ambition : il y a un enjeu sur le fait de concourir à l’éducation des enfants. Les communes, à un moment où il faut faire des choix, peuvent faire le pari de l’éducation. Maintenant, si on pense qu’au 1er septembre à 15 h, la perfection sera présente dans la minute qui suit, on se leurre complètement. Mais je n’ai jamais cru à l’argument qui dit : « comme ça ne peut pas être parfait, nous ne le ferons pas ». « Il y a un vrai enjeu, pour les élus, de vivifier leur territoire, en recrutant des intervenants pour animer les TAP. Il s’agit aussi d’accompagner ces individus dans une formation, même si, effectivement, l’Etat n’a pas transféré l’équivalent de ce coût aux collectivités."

Qui décide, au final, de l’organisation des temps scolaires dans les communes et du projet éducatif territorial ?

"La validation revient à l’Education nationale. La dimension TAP est du ressort de la Direction départementale de la cohésion sociale. S’il n’y a pas de projet de territoire, ni de validation, il n’y a pas de financement..."

Le fait que la Ville d'Angers a décidé, dès 2013, de s'engager dans cette réforme, a-t-il été un élément fondamental pour l'Inspection académique ?

"Il est indéniable que la décision politique prise par la Ville de mettre en place la réforme à la rentrée 2013, a défriché considérablement le terrain au niveau départemental."

Qu'avez-vous envie de dire aux enseignants du département, aujourd'hui ?

"Que la réforme constitue un enrichissement professionnel, même si elle a pu bouleverser les repères. Il faut accepter que, sur le lieu de l’école, le temps périscolaire augmente. Depuis 18 mois, nous sommes dans l’organisationnel. L’enjeu, maintenant, c’est d’améliorer le contenu et de mettre de la cohérence entre les temps. Le deuxième chantier de l’Education nationale, c’est comment accompagner les enseignants pour accentuer la dimension pédagogique de cette réforme."

Pourquoi ne pas l’avoir fait avant ?

"Parce que nous n’avons que deux bras ! Dans le Maine-et-Loire, il n’y a que 15 inspecteurs de l’Education nationale, pour 262 communes."

Avez-vous un regret sur les 18 derniers mois ?

"On a beaucoup entendu les arguments qui rendent impossibles les choses…"




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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