La télé locale d’Angers fait toujours débat


Rédigé par - Angers, le 15/11/2012 - 12:32 / modifié le 15/11/2012 - 12:52


Le 20 novembre prochain le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel auditionnera le seul candidat à l’édition d’une chaine locale de télévision pour Angers. Pour en parler, l’association « Graines d’Angers organisait hier soir, en centre-ville, une soirée débat sur le thème : « Une télévision, pour quoi, pour qui ? ».



Les intervenants du débat organisé par Graines d'Angers, Alain Machefer au centre et Pascal Brulon à droite
Les intervenants du débat organisé par Graines d'Angers, Alain Machefer au centre et Pascal Brulon à droite
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A moins d’une semaine de l’audition des candidats par le CSA, la nouvelle télévision locale d’Angers, portée par la Société d’Economie Mixte « Angers Loire Télévision », fait déjà recette. Pour l’occasion, c’est l’association « Graines d’Angers » qui était hier soir aux manettes, devant une centaine de personnes massée dans la salle du Grand Café de France, place du Ralliement, à Angers.

Créée en 2008 par des personnes ayant soutenu activement la candidature de Christophe Béchu aux dernières élections municipales « Graine d’Angers se positionne comme une association citoyenne dont le but est de « semer le débat pour que germent les bonnes idées de demain, pour Angers ». Celle-ci clame haut et fort son indépendance, même si la plupart de ses membres et ceux qui la soutiennent ont le cœur à droite à quelques exceptions près.

Mais le débat est ouvert à toutes les sensibilités, puisque « le Maire était convié » rappelait l’animateur de la soirée, « mais il a décliné l’invitation préférant attendre la réponse du CSA ». Si l’audition est prévue le 20 novembre prochain, et Angers Loire Télévision le seul candidat recevable, l’association posait surtout la question de la place et de l’avenir de ce média dans le contexte économique plutôt incertain que chacun connait.

« A Angers le vide (télévisuel) est constaté par beaucoup de monde. On en parle dans les quartiers, une télévision peut créer du lien social», déclarait Alain Machefer, journaliste et ancien directeur départemental du quotidien Ouest-France, invité à donner son avis. Faisant le constat des 30 ans passés et la difficulté des politiques (opposés) à se mettre autour de la table pour accueillir des médias décentralisés en région, il a précisé qu’au Mans, mairie et conseil général (également opposés politiquement) sont allés ensemble frapper à la porte de France Bleu. « Je me demande quand ce sera possible à Angers ».

"Si c’est la télé du maire elle ne fera pas d’audience"

Second invité, Pascal Brulon, président de la télévision sarthoise LMTV (Le Mans TV) et du GIE (Groupement d'intérêt économique) des télévisions locales du Grand Ouest, expert sur le sujet, confirmait les propos d’Alain Machefer. La télévision locale et généraliste qu’il dirige, vue par 81 000 fidèles chaque jour et plus du double occasionnellement, est actuellement portée par une société privée, après l’avoir été par une SEM à ses débuts. « Actuellement les collectivités se sont mises d’accord pour financer un peu moins de 50%, mais nous voulons tendre vers 35%. C’est indispensable pour l’indépendance de la rédaction ».

A un an des élections, la question de l’installation d’une télévision par le maire en place, candidat à sa succession en 2014, était posée. « Ce fut la même chose au Mans lors du lancement de LMTV . Ce qu’il faut c’est intégrer rapidement un maximum d’acteurs économiques locaux et éviter d’en faire la TV du Maire, car elle ne fera pas d’audience », poursuivait Pascal Brulon. « Il ne faut pas donner un carcan à la TV, ni avoir une équipe a sa main, c’est la meilleure façon de la tuer ».

Pour le président de LMTV, il est indispensable que la télévision diffuse des programmes purement locaux et fasse de l’audience. « Nous sommes dans un cercle vertueux où l’audience permet de faire des recettes publicitaires » , 35% au Mans sur un budget d’un peu plus d’un million d’euros. « Nous vendons nos pubs 350 euros pour certaines, c’est peu, mais nous en avons beaucoup. Il faut être en phase avec l’économie locale. Mais ça reste dans tous les cas un média très fragile ».

La volonté de dynamiser le territoire

Présente dans l'auditoire, Michelle Moreau, actuelle élue de la minorité et cheville ouvrière de TV10, sous Jean Monnier dont elle fut la première adjointe, a expliqué qu’elle défend le principe d’une SEM, « mais ce doit être une étape ». Et de poursuivre, « une télévision locale doit surtout instruire et être un outil d’intégration. Elle doit informer pour inciter les gens à sortir de chez-eux et pas le contraire». C’est ce qu’elle avait tenté avec TV10 dont le slogan était « TV10, la télé qui vous regarde ».

Si le risque de gouffre financier a été évoqué au cours du débat, c’est surtout le modèle économique qui a été soulevé. « Ce qui me semble manquer à ce projet c’est sa dimension entrepreneuriale et une volonté de valoriser le territoire » a souligné Pascal Brulon, appuyé en fin de débat par Gérard Pilet, adjoint à la culture à l’époque de TV10. « Ce qui est plus inquiétant c’est que nous repartons avec la même équipe et les mêmes modes de fonctionnement que les précédentes », reprenait Michelle Moreau.

Et pourquoi LMTV qui couvre une bonne partie du Maine et Loire par l’intermédiaire de l’émetteur de Mayet (Sarthe) ne s’est-elle pas portée candidate ? « J'ai l'habitude de travailler avec des gens qui ont envie de travailler avec moi , a répondu Pascal Brulon. Mais ça viendra peut-être demain… On pourrait mutualiser des moyens et des programmes ».




Yannick Sourisseau
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8.Posté par Florence le 05/12/2012 14:29 | Alerter
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Vous reprenez les propos de Mme MOREAU (cf. photo) : "Ce qui est plus inquiétant c’est que nous repartons avec la même équipe et les mêmes modes de fonctionnement que les précédentes ». Mais n'était ce pas elle qui avait en charge ce dossier à l'époque? Ne chercherait elle pas à le faire oublier ?

7.Posté par barreau le 18/11/2012 11:16 | Alerter
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Si on avait une locale France Bleu et France 3 comme les autres villes de notre taille nous n'aurions sans doute pas à se poser la question de la création d'une télé municipale.
Et effectivement on revient toujours au même problème: pourquoi nos élus ne font rien pour obtenir ces médias de service public qui nous manque ? Demandez à monsieur Machefer il connait la réponse.
www.dailymotion.com/video/xd3wj0_prise-d-antenne_news#.UKiz1YaGCaM (aller à 1h 44)

6.Posté par Anthony le 17/11/2012 21:08 | Alerter
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Après avoir eu vent de ce qui se préparait en coulisses et fasse à la politique avec oeillères de nos élus, je fini par rejoindre la bande des hostiles, lesquels prônent une Web Télé plus qu'une télévision locale avec studios, et puis pourquoi recommencer ce qu'on a détruit ? Ça n'a aucun sens.

A l'heure ou il nous faut compter nos sous, il nous faut également comprendre les habitudes du public et même si la télévision demeure un média majeur, internet est de loin le meilleur support pour l'in...

5.Posté par barreau le 17/11/2012 20:30 | Alerter
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Vous demandiez sur quelle étude se basait LMTV pour affirmer ce taux d'audience, je vous ai fourni CSA.
Que cela vous convienne ou pas je n'y peux rien, je ne travaille pas chez LMTV donc je vous conseille de les interroger directement, ils vous répondront mieux que moi mais ne restez pas sur vos affirmations qui ne démontrent rien, on croirait entendre parler un politique .

Par ailleurs, en quoi la fréquentation du site web donne une indication d'audience plus fiable qu'un éventuel déclaratif...

4.Posté par Bernard le 16/11/2012 12:40 | Alerter
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Pas de trace de ce sondage chez CSA (à ne pas confondre avec le CSA)
Ca doit être une légende destinée à enfumer les annonceurs.
Par contre la fréquentation du site web donne une indication d'audience plus fiable qu'un éventuel déclaratif par téléphone sur un échantillon réduit...

Les ediles ne sont pas responsables de ces échecs ....
Angers n'est tout simplement pas dans le plan de développement de ces réseaux qui ont vocation à couvrir le territoire sans pour autant multiplier indéfiniment le...

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