La terre outragée : les ruines du bonheur…


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Mardi 24 Avril 2012 à 06:29


Un enfant plante son arbre, les femmes filent le coton, Piotr et Anya se marient, tout se passe pour le mieux dans un petit village d’Ukraine ensoleillé et paisible. Seuls les animaux semblent conscients du terrible présage que ramène le mauvais temps…



Le mariage d’Anya (Olga Kurylenko) et Piotr (Nikita Emshanov)
Le mariage d’Anya (Olga Kurylenko) et Piotr (Nikita Emshanov)
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1986, Anya a 26 ans et se marie aujourd’hui avec l’homme qu’elle aime. Tous les invités sont présents et font place à la bonne humeur malgré les intempéries. Pourtant, de petites choses inhabituelles prédisent un changement, les chiens aboient, la forêt meurt, la pluie est noire… Mais que se passe-t-il à Pripiat ? Anya l’ignore encore, mais une catastrophe va donner à son destin une toute autre tournure.

Un film d’une grande subtilité, qui évoque sans montrer. Ici, c’est au spectateur de comprendre, mais pas tout à fait au même titre que pour les personnages, car le film fait référence à un fait historique connu qu’eux ignorent encore : la catastrophe de Tchernobyl. Le film est doux, sans excès de dialogue qui risquerait de briser l’harmonie des plans.

Une remarque sur l’excellent jeu d’actrice d’Olga Kurylenko qui interprète le rôle d’Anya : un personnage qui, en un regard, en une chanson, nous fait chavirer, nous transporte dans son monde détruit. Des hommes touchants, et des moments plus touchants encore. On retient ses larmes à plusieurs reprises, on est encore moins fort que les personnages qui vivent un désastre dont l’homme est le seul coupable.

Comment refaire une vie alors que celle qu’on avait construite s’effondre en un instant ? C’est cette question que Michale Boganim pose. Certains refont quelque chose ailleurs, tentent de construire une nouvelle vie plus ou moins stable. Ceux qui ne restent pas reviendront de toute façon. Tous gardent en eux le souvenir d’un passé détruit.

Un film qui laisse une importante place à la nature, avec ses magnifiques plans sur l’immense ciel de nuages blancs puis gris. Les animaux jouent également leur rôle dans cette histoire, ils sont les premiers touchés par la catastrophe et les premiers à la sentir s’approcher. Cela permet d’annoncer la situation d’une façon atténuée pour le spectateur : on n’a jamais d’image directe du déroulement de la catastrophe.

De grands plans d’ensemble, très émouvants, sur la ville détruite, cette « terre outragée », tournés sur les lieux même de la catastrophe, sont très marquants. Les grands immeubles sont vides, il n’y a plus personne, tout semble enterré sous le silence de la neige.

Un film fort, à la hauteur d’un désastre historique dont tout le monde se souvient… « La terre outragée », c’est l’histoire de l’amertume de notre monde qui vient détruire les petites choses sucrées de la vie.

Chloé.












Angers Mag