La terre outragée : l’impossible nouvelle vie de Tchernobyl

Festival Premiers Plans Angers 2012


Rédigé par - Angers, le 22/01/2012 - 15:35 / modifié le 22/01/2012 - 15:53


Pour son premier long métrage, la réalisatrice franco-israélienne Michale Boganim signe un film puissant et touchant qui n’a pas laissé insensible le public du festival Premiers Plans. Même s’il est encore tôt pour faire des pronostics, ce film devrait retenir l’attention.



Michale Boganim, la réalisatrice de la terre outragée
Michale Boganim, la réalisatrice de la terre outragée
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La terre outragée relate, sous forme d’une fiction, proche de la réalité, l’histoire de plusieurs familles résidentes de la ville de Pripiat, non loin de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine). Alors que chacun vaque à se occupations quotidiennes, ont entend au loin un bruit de sinistre mémoire. Un accident vient de produire à la centrale nucléaire. Et soudain c’est le silence, le néant. La radioactivité transforme la nature et la population est évacuée.

Mais certains habitants ne peuvent se résoudre à quitter leur ville. Ils se cachent en attendant des jours meilleurs qui ne viendront jamais. Aujourd’hui Pripiat est devenue une ville fantôme dans laquelle errent quelques âmes, à la recherche de leur passé.

Anya l’un des personnages du film, laquelle se mariait le jour de la catastrophe à un pompier volontaire emporté dans l’incendie de la centrale, revient désormais pour faire visiter le site, pendant que d’autres reviennent cultiver leur jardin empoisonné, au risque de mourir eux aussi. Mais rien ne peut les séparer de cette terre qui les a vus naitre.

« Tchernobyl est un événement qui m’a beaucoup marqué quand j’étais jeune. De plus je connais bien l’Ukraine », déclare la réalisatrice Michale Boganim. « J’avais envie de faire un film sur Pripiat qui est pour moi un lieu incroyable, devenu un lieu touristique, ce qui est encore plus incroyable. C’était important de pouvoir tourner dans cette zone interdite ».

Pour cela l’équipe de tournage a obtenu toutes les autorisations administratives, « très compliquée » souligne la réalisatrice, car le lieu est encore radioactif. « Nous étions très surveillés, car ce n’était pas bien vu que l’on aille tourner dans cette zone et en plus il faisait très froid (-20°) ».

Si le message politique est inévitable, la catastrophe de Tchernobyl étant le résultat de la déliquescence de l’empire soviétique, la réalisatrice s’est surtout intéressée au côté humain. « Les risques sont invisibles et pourtant bien réels et malgré tout certains ne veulent pas partir, c’est qui m’a donné envie de faire ce film ».

Même si le film se base sur des faits réels, dans un univers hostile, la réalisatrice a voulu amener une touche de poésie, ce qui sépare le film d’un simple documentaire. Elle fait des pauses sonores pour mieux traduire le silence de cette partie du monde, toujours interdite. « Ce qui est le plus impressionnant sur place, c’est le silence. Tout semble figé, même la nature. C’est très impressionnant ». Malgré tout, elle redonne de la vie dans cette zone sinistre, comme la première fleur qui repousse après la tempête.

Même s’il s’agit d’une fiction, que l’on imagine aisément très proche de la réalité, le public est sorti bouleversé : « l’histoire, le lieu, les personnages, on sent une atmosphère à la fois pesante et joyeuse dans ce film. J’ai beaucoup aimé, mais j’étais un peu angoissé ».




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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