La ville d’Angers déclare la guerre … aux étourneaux


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 11/02/2011 - 07:22 / modifié le 11/02/2011 - 22:13


Voici un oiseau dont il n’est pas facile de se débarrasser. La ville d’Angers et notamment le cimetière de l’Est en font actuellement les frais. L’étourneau ou sansonnet, cet oiseau opportuniste qui se nourrit de baies ou d’insectes et se déplace en nuées de plusieurs milliers d’individus, est peu apprécié des agriculteurs mais aussi des urbains, l’espèce s’adaptant désormais aux grandes villes.



Le cimetière de l'Est à Angers
Le cimetière de l'Est à Angers
Quand une nuée d’étourneaux a trouvé des arbres pour y passer la nuit, pas facile de les déloger. Allez demander à la Direction des Parcs et Jardins de la ville d’Angers qui ne sait plus à quel saint se vouer pour faire fuir les milliers d’oiseau qui ont envahis les arbres du cimetière de l’Est, déversant au passage quelques kilos de fientes sur les pierres tombales voisines.

Depuis fin novembre des campagnes d’effarouchement à l’aide de cartouches détonantes, ont été menées par les agents des Parcs et Jardins, chargés entre autres de l’entretien des cimetières. Pratiquées à certaines heures de la journée, surtout au moment où les oiseaux reviennent sur leurs branches pour la nuit, elles peuvent se révéler efficaces, mais leur durée est limitée. « Il suffit de deux jours sans bruits pour que les oiseaux reviennent », déclare la Direction des Parcs et Jardins, laquelle a déjà dépensé 1 400 € de cartouches et réglé 80 heures supplémentaires d’intervention à ses agents. Et les satanés oiseaux sont toujours là.

Ce qui préoccupe la Ville d’Angers ce sont les déjections des étourneaux sur les pierres tombales. « Avec la température, l’odeur est insoutenable. Nous sommes à la limite de devoir fermer le cimetière pour raison sanitaire », poursuivent les Parcs et Jardins, lesquels ont déjà balisé plusieurs zones pour procéder au nettoyage. Mais l’effet est de courte durée et les services municipaux craignent qu’en plus des fientes, les plaintes d’usagers excédés, pleuvent. D’autant que ces derniers ne comprennent pas que la Ville ne trouve pas de solution.

Les services municipaux qui tentent désormais d’arroser les arbres avec de l’eau vinaigrée, pour dissuader les oiseaux de regagner leur perchoir, envisagent de reprendre les tirs lundi prochain, mais sans conviction. Dans tous les cas, et malgré le manque d’agent, ils continueront le nettoyage des tombes, ne souhaitant pas, compte tenu du risque sanitaire, le confier aux usagers.

Avec le rat, le pigeon, et le merle, l’étourneau est l'une des rares espèces qui s'est récemment et très bien adaptée aux grandes villes. L’environnement urbain, plus chaud et surtout l’éclairage nocturne ont modifié son comportement. L’étourneau est un animal diurne qui possède une mauvais vision nocturne. La pollution lumineuse des villes le rendrait plus actif et plus nerveux. Il se déplacerait à n’importe quelle heure de la nuit alors que d’ordinaire, sans éclairage il est plutôt calme et silencieux.

Alors que faire, surtout que l’étourneau ayant une grande capacité d'adaptation, les méthodes d'effarouchement doivent donc être changées régulièrement. Bon à savoir : cet oiseau dont on peut tuer de grandes quantités en tirant dans la nuée, permet de faire un pâté très apprécié de certains chasseurs…



Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















Angers Mag