La ville d'Angers demande l'expulsion des squatteurs d'Orgemont


Rédigé par Cédric SOULIÉ - Angers, le 18/12/2012 - 10:50 / modifié le 19/12/2012 - 00:27


Ce mardi matin, devant le tribunal d'instance, la ville d'Angers a demandé l'expulsion d'une quarantaine de squatteurs qui occupent quatre maisons, rue d'Orgement, proches du quartier de la Roseraie. A l'audience, les avocats de chaque partie se sont opposés sur les notions de droit au logement et le droit au logement social. Verdict, le 7 janvier.



Les occupants du "village" de la rue d'Orgemont à la sortie du tribunal d'instance, ce matin.
Les occupants du "village" de la rue d'Orgemont à la sortie du tribunal d'instance, ce matin.
Ils sont une quarantaine à occuper de façon illicite quatre maisons d'habitation, rue d'Orgement. Des demandeurs d'asile, des SDF, de nationalité française, roumaine ou encore somalienne.

Depuis la fin de l'été, ces squatteurs se sont organisés et vivent désormais en communauté. "Chaque maison a une cuisine, des toilettes sont installées, on se parle, on cohabite, explique Eddy, un des membres de ce "village". Nous n'avons pas d'autre choix aujourd'hui, les structures mobiles, temporaires, installées à la Baumette et proposées par la mairie, ne conviennent pas à ces familles. C'est très vétuste, et il s'agit là d'un hébergement de nuit".

Toutefois, les maisons occupées, rue d'Orgemont, appartiennent à la Ville. Et cette dernière compte y construire 80 logements sociaux. Elle a donc assigné les squatteurs au tribunal d'instance afin de demander leur expulsion pour entamer les travaux. Ce mardi matin, Me Boucher, avocat de la ville d'Angers, a plaidé pour un retour à ce droit au logement social, dénonçant par ailleurs la vétusté et la dangerosité des lieux. Il a ensuite ni plus ni moins demandé l'expulsion des squatteurs sans délai.

Face à lui, Me Seguin, son contradicteur et défenseur des sans-abris, a quant à lui, opposé à ce droit au logement social, le fondamental droit au logement. "Ces personnes réclament aussi un peu de considération et du dialogue, a-t-il plaidé face au juge des référés. On ne leur propose rien, aucune alternative à cette pure et simple expulsion". Il a réclamé un délai et le respect de la trêve hivernale. A l'issue d'une heure et demie d'audience, la présidente a renvoyé le délibéré au 7 janvier.

Dans la salle d'audience, membres du DAL, sympathisants ou simples Angevins étaient présents pour soutenir ces familles. Une jeune Roumaine, présente sur le territoire français depuis six ans, a répondu aux questions de la présidente. Sans emploi, ni toit, la jeune femme a tenté d'expliquer que ce "village" était depuis quatre mois son seul refuge.

Plutôt amers face à cette assignation en justice, les membres du collectif se sont rendus, non loin de là dans le quartier Saint-Léonard, là-même où, l'an dernier, dans une vaste demeure aux fenêtres désormais murées, un squat avait pris place. "On nous avait promis mont et merveille, cette maison devait être rénovée et destinée aux sans-abris et demandeurs d'asile, expliquait Stéphane Pasquier. Vous voyez que les promesses ont été tenues."


















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