Le 49.3, dernière chance pour les opposants angevins à la Loi Travail ?


Rédigé par Yves BOITEAU et Sébastien ROCHARD - Angers, le 12/05/2016 - 18:15 / modifié le 12/05/2016 - 19:55


Pour imposer sa Loi Travail, le gouvernement de Manuel Valls a décidé de recourir à l'article 49.3 de la Constitution. Une décision qui pourrait paradoxalement redonner un brin de dynamisme à une mobilisation citoyenne qui s'essouffle, malgré les quelque 300 manifestants présents jeudi matin devant les grilles de la préfecture, à Angers. Eléments d'analyse.



De la place Michel-Debré à la Place du Ralliement, quelques dizaines de lycéens et d'étudiants ont poursuivi leur action de protestation, en taguant leur désaccord avec la Loi Travail et le 49.3 dégainé par le gouvernement.
De la place Michel-Debré à la Place du Ralliement, quelques dizaines de lycéens et d'étudiants ont poursuivi leur action de protestation, en taguant leur désaccord avec la Loi Travail et le 49.3 dégainé par le gouvernement.
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Ils ne voulaient pas en rester là. L'unique allocution livrée quelque minutes plus tôt, au nom de l'intersyndicale (FO, CGT, FSU, Solidaires, Unef et UNL), par Christophe Hélou (FSU), devant la préfecture de Maine-et-Loire, ne leur a pas suffi. Deux jours après que le gouvernement de Manuel Valls a brandi son 49.3  (le dernier en date remontait à la loi Macron, le 18 juin 2015, NDLR) pour imposer la Loi Travail portée par Myriam El Khomri, plusieurs dizaines de jeunes, drapeaux aux poings, ont donc prolongé la manifestation de jeudi matin sur la place du Raillement.

Sur le pavé angevin, avec force slogans floqués sur des draps blancs, ils ont exprimé une énième fois depuis la manifestation "mère" du 9 mars dernier, leur opposition à la Loi Travail et son corollaire de "précarité." Mieux, ils ont sorti les bombes, taguant de rouge et de jaune un film plastique tendu entre deux poteaux, près de l'arrêt de tram Ralliement. Sur le cellophane, un grand "49.3" pris dans une toile d'araignée, un livre ouvert représentant le Code du Travail et cette phrase : "C'est dans la rue que ça se passe".

Pour les étudiants et lycéens, la période d'examen approche sérieusement, si elle n'est pas déjà là. Et le combat engagé il y a deux mois contre le projet de Loi Travail en pâtit de fait. "C'est vrai que ça n'est pas facile. Il y a moins de jeunes que lors des premières mobilisations, mais nous sommes encore là. Et nous cherchons tous les moyens de faire perdurer le mouvement, sous des formes différentes", explique Steven, de l'Unef. Les actions spontanées et pacifiques comme celles de ce jeudi matin en sont un exemple, qui ne masque guère l'essoufflement progressif de la mobilisation citoyenne. "Ça ne mord pas", concède un syndicaliste de longue date, en marge de la manifestation. "Mais il faut rester positif"
"Nous cherchons tous les moyens de faire perdurer le mouvement, sous des formes différentes"

En Anjou comme ailleurs, c'est le manque de convergences des luttes qui semble limiter l'impact de la gronde. Il y a objectivement peu en commun -hormis un ras-le-bol général- entre les mobilisations syndicales et les rassemblements Nuit Debout. L'un des ses fervents participants était pourtant présent jeudi matin, parmi les quelque 300 manifestants réunis devant les grilles de la préfecture. Sans drapeau, ni couleur, sa dérision en bandoulière : "Je suis pour la retraite à 120 ans, Manuel Valls Président et un salaire à 0 € !" Un raisonnement par l'absurde peu goûté par les responsables de l'intersyndicale... preuve du fossé qui existe entre les fondements de chacun des engagements.

Le rassemblement devant la préfecture de Maine-et-Loire a mobilisé quelque 300 personnes.
Le rassemblement devant la préfecture de Maine-et-Loire a mobilisé quelque 300 personnes.
Pour les syndicats, ce rassemblement, comme celui organisé dans l'urgence mardi en fin d'après-midi place du Ralliement, avait valeur de "mise en jambe", avant les deux journées de grève programmées mardi 17 et jeudi 19 mai. Ils misent en partie sur le recours "choquant" au 49.3 pour maintenir la pression. "C'est un déni de démocratie", s'insurge Isabelle, une manifestante de la fonction publique hospitalière- .

"Ce passage en force légitime notre combat. Nous, on reste droit dans nos bottes", assure Gérard, syndicaliste dans l'industrie énergétique. La colère est là et, dans son "adresse" intersyndicale, Christophe Hélou prévient : "Le gouvernement et les parlementaires que sont les députés du Maine-et-Loire Luc Belot, Marc Goua ou Serge Bardy  (tous au Parti socialiste, NDLR) ont pris la lourde responsabilité d'un durcissement des relations sociales et des suites du mouvement (...) L'intersyndicale fera tout pour obtenir maintenant l'abrogation de cette loi comme cela avait été fait en 2006 pour le CPE, lutte que les actuels députés soutenaient d'ailleurs."

Des élus renvoyés devant leur responsabilité, donc, et qui suivront sans doute avec intérêt le succès ou non des journées d'action de la semaine prochaine...



















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