"Le Complot des Littérateurs" : une farce de combat


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Lundi 7 Avril 2014 à 15:53


Ce week end, le Champ de Bataille accueillait "Le Complot des Littérateurs". Une pièce sous forme de farce de la compagnie ATEtc. Seul en piste, un conférencier interroge la folie, la raison, les frontières poreuses les séparant. Entre deux éclats de rire, s'est dessiné un programme politique de combat : basher les préjugés. En un mot : pensez "autrement".



"Le Complot des Littérateurs" : une farce de combat
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Vendredi soir, au sortir du Champ de bataille où se donnait "Le Complot des Littérateurs" de Gilles Rosière, et pendant l'heure et quart que dura la chose, ce monstre de modernité, nos neurones googlisés et arborescents, sont devenus éruptifs. La critique culturelle est un sport de combat. Partant de là, tous les coups sont permis. Ainsi Skorecki ou Daney, peu importe, à l'époque des sitcoms d'AB Production, avait comparé, sacrilège, "Hélène et les garçons" à du Rohmer. C'était dans mon, notre "Libé". C'était il y a un siècle. C'était suicidaire, novateur et génial.

Ce vendredi 4 avril 2014, donc, toutes proportions gardées et gradées, dans les gradins puis dans la flânerie nocturne, à quoi avons-nous pensé, du Kylie Minogue dans les oreilles ? A B.B. blonde sixties, à François and the Atlas Mountain - "La Vérité" rapprochant ces deux-là -, à Mustang, leur "Ecran total" pour ne pas dire totalitaire. "On nous cache tout, on nous dit rien" pourrait apparaître sur l'affiche de ce "Complot" rigolo mais pas que. On s'est également et surtout remémoré Orelsan qui, en 2011, craignait dans "Plus rien ne m'étonne" que "les capacités de [son] cerveau diminuent". Ajoutant : "Docteur, ma planète est déréglée comme un oubli de pilule / J'suis plus assez naïf pour avoir un point de vue".

La comparaison entre le rappeur et la pièce de Rosière s'arrête là. Le personnage que le scénariste a engendré et qui pendant 75 minutes de bouillonnements pyrotechniques, pyromanes peut être perçu comme dingue, infréquentable, nocif. Mais lui a un point de vue, un avis, certes déviant, inverti, mais tout-à-fait respectable et audible car argumenté. Et surtout, il est empli d'espoirs.

D'entrée de jeu, le spectateur est averti : il est venu voir un conférencier fictif (un peu) maboul qui s'est mis en tête il y a belle lurette de ressusciter des figures intellectuelles mises au banc d'une société frileuse. Trop en avance sur leur époque. As usual. La preuve : aujourd'hui, ce syndrome perdure. Pour le tailler, il faut avoir le génie d'un JJ Abrams pour faire avaler au monde entier, pendant six ans, qu'un avion puisse comme ça disparaître. Et faire accepter que tout cela finalement est un énorme simulacre, un pur mensonge. Et oui, les cinq premières saisons de "Lost" n'ont jamais existé et Jack ne meurt pas, loin de là. Incontestablement, malgré les railleries, cette série, atypique, restera dans l'Histoire.

Le changement, c'est maintenant !

Parlerons-nous encore de ce "Complot des littérateurs" angevin en 2024 ? Espèrons-le. On est même prêt à mettre des cierges pour que cela advienne. Pourquoi ? Parce que c'est une pièce révolutionnaire où toutes les questions abordées amènent à la saine cogitation, à se repenser, à lutter contre soi-même, à douter et, une bonne fois pour toutes, à réenvisager la folie que même un Einstein, un Kant ou un Freud, êtres estimables s'il en est, avaient laissé germer en eux.

Grâce à Rosière, à son interprète volubile, on se prend des barres de rires mais surtout une bonne raclée. Une rasade de politique comme on n'en fait presque plus. Parce que tous ces hurluberlus listés dans ladite pièce (un Jean-Pierre Brisset, un Queneau, un avocat angevin et on en passe) ont a posteriori ouvert de nouvelles pistes, des voies qui pour certaines resteront. Ainsi qui nous dit que ce conférencier loufoque estimant que les multinationales de la téléphonie mobile, espionneuses, big brotherisées, qui en sus n'amènent aucune communication, ne sera pas entendu dans quelques décennies ?

Qui peut affirmer que cet esprit iconoclaste ne sera pas un jour évalué, loué lorsqu'il suggère un lien entre les humains sans technologies polluantes, à l'aide par exemple d'escargots, d'un Internet des gastéropodes ? Actu téléphonique hypra lucrative aidante, pure coïncidence ou complot, va savoir, on peut honnêtement se le demander.

Feydeau avait son fil à la patte. Rosière, lui, fait son Deleuze, se réappropriant un concept, l'amenant à son point d'absurdité le plus ultime. Avec lui, c'est bas les masques et hauts les cœurs ! Le changement, c'est maintenant ! Ou jamais.












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