Le Flamenco à l'honneur sur les bords de Loire


Rédigé par Esther PAOLINI - Angers, le Mardi 23 Juin 2015 à 06:50


Du 26 au 28 juin, le Flamenco Loire Festival prend place dans trois communes du Maine-et-Loire (Gennes, le Thoureil et Saint-Georges-des-Septs-Voies). Une première édition qui habille la Loire des couleurs de l'Andalousie, autour de trois vedettes : Rocio Marquez, Juan de Lerida et Cecilia Cappozzo. Rencontre avec Claire Bossé, membre de la compagnie Eoliharpe et l'une des bénévoles à l'origine de cette initiative, qui nous fait partager sa passion pour le flamenco.



Rocio Marquez
Rocio Marquez
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Comment est venue l'idée de créer un festival de flamenco sur les bords de Loire ?

Claire Bossé : "C’est un pari un peu fou d’une quinzaine de passionnés de musique du monde, appartenant à l’association Zic-à-Bessé et qui depuis quinze ans font une programmation dans une petite église du Thoureil. Après avoir fait une étude de terrain, nous avons vu qu’il n’y avait pas de festival dans tout l’Ouest, passé le nord de Bordeaux. L’événement est lié à la compagnie Eoliharpe regroupant des chanteurs, comédiens, plasticiens, proposant des évènements culturels en milieu rural, également passionnés de musiques du monde."

Comment expliquer cet attachement presque viscéral au Flamenco ?

"Trois ou quatres membres de la compagnie, dont moi, ont vécu à Grenade pendant 4 mois. Chaque fois qu’on sortait, nous entendions un son de guitare, dans un bar il y en avait en fond sonore ou quand on se baladait dans l’Albaicin (NDLR : quartier historique sur les hauteurs de Grenade). C’est une musique de l’âme, profonde et brute, rocailleuse, qui va chercher énormément d’énergie. Il n’y a pas le côté esthétique, on ne cherche pas à faire une belle musique mais une musique qui nous touche dans nos tripes. J’aime ça à travers les guitares, les palmas, à travers les voix qui sont comme des cris, qui peuvent déranger mais c’est ce que j’aime. Une musique profondément humaine car elle est pleine de souffrance, pleine d’amour. Une musique qui fait rejaillir nos appartenances à la terre, à ceux qui sont partis. Dans les paroles, il y a beaucoup de références aux grands-parents, à la mort, à l’amour, à des évidences humaines. Cela a été un tel choc émotionnel que maintenant nous sommes pétris de ça. Nous avions vraiment envie de le faire partager aux gens d’ici, qui ne connaissent pas, tout comme aux initiés."


La danseuse Cecilia Cappozzo donne notamment des cours à Tours. Pour Rocio Marquez et Juan de Lerida, comment s’est établi le contact ?

"Philippe Buron, grand spécialiste de flamenco est capable de faire des milliers de kilomètres pour en écouter. Il est donc allé écouter Rocio Marquez à Bordeaux, et a eu un coup de foudre. Aujourd’hui, elle est LA star du flamenco, nous avons une chance incroyable qu’elle accepte nos conditions qui sont beaucoup moins importantes que celle de Berlin ou de la Philharmonie de Paris. En plus c’est une femme qui humainement est assez exceptionnelle. Juan de Lerida est aussi un grand spécialiste de la guitare et habite à Châtellerault. Nous voulions vraiment qu’il y ait un niveau de musique de qualité, du vrai flamenco puro. L'équipe a une grande pression car nous avons envie que le public soit au rendez-vous et que les artistes soient bien accueillis et satisfaits, donc l’organisation est super professionnelle."
" Le Flamenco est un mode de vie et une manière de s'exprimer. Cela ne se limite pas seulement au moment où l'on monte sur la scène ou quand on étudie. 
C’est une manière pour le peuple de prendre la parole, c’est la culture même du peuple"
-Roc
ío Marquez

Pourquoi avoir choisi Gennes, Le Thoureil et Saint-Georges des Sept voies ?

"Nous voulions que les localités soient proches de la Loire, et qu’il y ai un côté mobile ; itinérant, un concept dynamique. Les membres de la compagnie Eoliarpe sont des grands voyageurs et n'aiment pas beaucoup les frontières. Nous voulions prouver que nous n'étions pas attachés uniquement à notre village, le Thoureil. Du coup, cela crée une relation entre les habitants de  différentes communes. Il a fallu faire un énorme travail de terrain, rencontrer tous les élus municipaux pour leur prouver que ça valait le coup, mais globalement ils ont adhéré... Même si ça n’était pas gagné !"

Le visuel des affiches est très moderne, pourquoi le jaune et le rose ?

"Bonnie Colin aidé par Alexandre Petrowsky, des gens qui habitent au Thoureil, de grands graphistes sont à l'origine de l'affiche.
Le flamenco ce n'est pas que du rouge. Il y a aussi du jaune, du rose dans les vêtements du toréador, les costumes traditionnels espagnols de la corrida. Utiliser ces couleurs nous identifiait comme un festival d'aujourd'hui, contemporain, pour ne pas tomber dans le côté trop traditionnel."

Réservation et détail du festival : flamencoenloire.fr
 

Le financement, ça se passe comment ?

​La Communauté de Communes du Gennois, les municipalités, le Conseil départemental, la Région ont participé au financement du festival. De l'argent public complété par l'apport de nombreux mécènes, tels que France fil International ou Bouvet Ladubay. Enfin, une campagne de financement participatif (ou crowdfunding) a été mise en place sur la plateforme Ulule, pour payer les artistes, la location du matériel, la communication.
Reste désormais à faire rentrer des recettes !
 












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