Le Grand-Pigeon : comment repenser la ville


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 16/05/2011 - 09:37 / modifié le 18/05/2011 - 21:31


Ceux qui ont habité jadis le Grand-Pigeon, au sud-est d’Angers ne le reconnaitrait pas aujourd’hui. Réputé pour être l’un des quartiers les moins fréquentables de la ville, il est devenu grâce à la volonté de la municipalité angevine, un véritable lieu de vie où se mélangent sans complexe, plusieurs catégories sociales et tranches d’âge.



Le petit centre commercial du Daguenet
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C’est en 2004 que la municipalité d’Angers se lance avec les partenaires sociaux et les habitants dans un ambitieux programme de rénovation urbaine des quartiers les plus sensibles de son territoire. Construits entre la seconde guerre mondiale et les années soixante, les bâtiments installés dans ces quartiers périphériques répondaient aux préoccupations du moment, à savoir : loger les classes sociales les plus défavorisées, celles qui n’avaient pas accès au logements luxueux des centres ville, constituant en une décennie de véritables ghettos.

Comme ceux de Belle-Beille, la Roseraie, Monplaisir et Verneau, le Grand-Pigeon faisait partie de ces quartiers méritant, même si la situation sociale de ses habitants n’avaient guère évoluée en un quart de siècle, qu’on les inscrive dans un projet global d’agglomération. Plus qu’un simple nettoyage des façades, c’est dans un véritable programme de réhabilitation et de revitalisation que s’est lancée la Ville d’Angers, avec le concours des bailleurs sociaux, mais aussi et surtout les habitants et le soutien appuyé de l’ANRU (Agence Nationale de la Rénovation Urbaine). Le coût global de l’opération s’élevait à 384 M€ dont 100€ pour la Ville d’Angers.

Pour le Maire, Jean Claude Antonini et son conseil municipal, il s’agissait surtout de « réunir la ville en pérennisant sa cohésion sociale et économique, dans une démarche de développement durable ». Et pour ce qui concerne le Grand Pigeon, dont l’îlot du Daguenet a été inauguré la semaine dernière, il semble bien que le pari soit réussi.

En lieu et place des tours pour le moins hideuses, lorsqu’elle ne furent pas réhabilitées, comme ce fut le cas de la Tour Chaptal, laquelle constitue désormais un phare pour la cité, elles furent tout simplement rasées pour laisser place à de petits collectifs, ressemblant plus à des pavillons juxtaposées qu’aux grandes barres d’origine. Un espace commercial complètement repensé, des espaces verts et des patios, ilots de calme, entre les différentes constructions, complètent l’aménagement.

Favoriser le lien social et intergénérationnel

l'un des programme d'habitation du quartier du Grand Pigeon
l'un des programme d'habitation du quartier du Grand Pigeon
« Il nous faut repenser la ville, la réinventer, à la fois pour répondre à la forte demande de logements par une offre adaptée et diversifiée et pour éviter un étalement urbain consommateur d’espaces naturels et générateur de déplacements », déclarait le Maire en présentant ce programme de rénovation urbaine.

L’ilot du Daguenet, situé entre les rues Gillier, Daguenet et le boulevard des Deux-Croix est devenu la réalisation emblématique du quartier. Cet espace qui accueillait autrefois une école et un gymnase, lesquels sont désormais installés dans la cité éducative Annie Fratellini, a vu naître plus de 80 logements , dont la plupart sont des logements sociaux d’Angers Habitat, construits en BBC (Bâtiment Basse Consommation), une première pour la bailleur social angevin. 53 logements en accession à la propriété restent à construire.

La place Camille Claudel située au milieu du quartier, en devient le centre dynamique en accueillant 7 commerces de proximité (alimentation, pharmacie, coiffeur, bar, presse, guichet automatique de banque, …) avec un parking et même un marché le dimanche matin. Des animations (spectacles, vide greniers, etc) permettant de développer la vie sociale de ce quartier seront organisées tout au long de l’année. Autre facteur de lien social, le jardin du Saule, a été déplacé au centre du quartier constituant ainsi un lieu de relations intergénérationnelles et d’amélioration de l’offre de jeux pour enfants.

Pour la Ville et ses partenaires il s’agissait surtout d’un projet urbain qui s’articule avec les politiques sociales, intégrant le relogement des habitants du quartier, une clause d’insertion par l’économique pour les entreprises et structures travaillant sur le site, ainsi qu’une allocation municipale individualisée permettant d’absorber l’inévitable hausse des loyers pour les familles les plus modestes.




Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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