Le Jardin de Cocagne sort la tête du panier


Rédigé par - Angers, le 11/03/2016 - 08:23 / modifié le 04/04/2016 - 17:07


En difficultés financières depuis trois ans, Le Jardin de Cocagne reprend des couleurs. Son plan de redressement validé par la justice, l'association angevine d'insertion peut repenser plus sereinement développement et innovation. Sans oublier les plus démunis des démunis auxquels, par la force des choses, elle a du fermer l'accès.



Le Jardin de Cocagne sort la tête du panier
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En décembre dernier, dans le long entretien  qu'il nous avait accordé, Jean-François Fribault, son président, nous avait résumé les enjeux du moment pour Le Jardin de Cocagne : "Soit nous arrivons à obtenir un étalement de la dette suffisant pour arriver à l'éponger, soit une petite réfaction de cette dette. Sinon, on va dans le mur."  

Trois mois plus tard, le mur s'est éloigné pour l'association d'insertion angevine qui vient de sortir du redressement judiciaire auquel elle était soumis depuis août 2014. A l'origine de ce redressement, une conjonction de difficultés dont, en premier lieu, les conséquences de l'arrêt du financement des mesures d'accompagnement social renforcé et une baisse sensible des ventes des paniers de légumes (de 550 à 350 en moyenne chaque mois), le socle économique de l'association, basée à Saint-Barthélémy-d'Anjou, sur le site de la Bouvarderie.

Des subventions en moins, des ressources propres en baisse et au final, une dette accumulée jusqu'à 340 000€. De quoi faire vaciller l'édifice associatif (49 jardiniers en insertion, 11 CDI et des emplois aidés) qui s'est astreint à une vraie cure financière, sous la surveillance d'un mandataire judiciaire. "En 2013 déjà, nous n'avions pas renouvelé 2 postes 3/4 et l'an passé un nouveau poste a été supprimé, rappelle Jean-Luc Pineau, son directeur, Les boulons ont été serrés à tous les niveaux." 

Parallèlement, l'association a accédé au souhait de ses partenaires financiers de ne plus consacrer autant de temps aux publics les plus en difficulté. "En dépit de l'arrêt des financements ad hoc en 2010, nous avions continué à accueillir ces publics qui nécessitent plus de temps. Mais on est revenu sur cette décision par la force des choses" confirme Jean-François Fribault. Moralement, perturbant au regard des valeurs de l'association. Financièrement, efficace : grâce au redéploiement des "ressources humaines" et aux efforts de réduction de charges, le Jardin de Cocagne présentera pour 2015 un compte de résultat de nouveau positif, "d'environ 12 000€", indique son président. 
 
Marché bio, nouveau point de vente et plan d'investissement

De quoi rendre crédible le projet d'apurement de la dette - la plan de redressement a été validé le 9 février par le Tribunal de Grande Instance d'Angers - et redonner confiance au sein de l'association comme autour, à ses financeurs et à ses clients. "Dans cette période difficile, on a senti combien ils étaient attachés à l'association et à sa vocation, insiste Jean-François Fribault, Ca nous permet aujourd'hui de nous tourner vers l'avenir."

Pour sécuriser son activité, Le Jardin de Cocagne s'est donné un nouveau plan de cultures, qui donne la priorité aux légumes de base les plus demandés par ses clients. Il accueille chaque vendredi de 11h à 18h sur son site, un marché bio d'une douzaine de producteurs (viande de mouton, charcuteries, oeufs, pain, farine, confiture....) et a lancé une deuxième vente de légumes sur le parking de la Ressourcerie des Biscottes aux Ponts-de-Cé, tous les deuxièmes samedis du mois. "On souhaite aussi pouvoir toucher les étudiants et les comités d'entreprise. Il nous faut diversifier nos publics" admet Jean-Luc Piineau.

Un plan d'investissement est aussi en cours d'élaboration pour remplacer la matériel obsolète de l'association, aux jardins comme dans les bureaux, et la location d'un nouveau bâtiment est envisagée à la Bouvarderie. "Ce nouveau contexte redonne la pêche à tout le monde. Il nous oblige à repenser le projet de l'association, prolonge le directeur du Jardin de Cocagne, Mais nous n'oublions pas nos objectifs initiaux qui étaient d'accompagner les personnes les plus éloignées de l'emploi. Il nous faut trouver de nouvelles idées pour toucher ce public."

Lire aussi sur le sujet :
"Aux Jardins de Cocagne, l'insertion en question..."  (25/09/2015)




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur








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