Le NTP hisse haut les couleurs du théâtre à Fontaine-Guérin


Rédigé par Tiphaine CREZE - Angers, le Lundi 15 Août 2016 à 08:00


Depuis 2009, le Nouveau Théâtre Populaire a élu domicile à Fontaine-Guérin. Chaque seconde moitié du mois d'août, il y donne son festival avec la convivialité et l'accessibilité comme mots d'ordre. On y ajoutera le talent.



Créé lors de l'édition passée, "Le Jour de gloire est arrivé" sera redonné cette année lors du festival du Nouveau Théâtre Populaire. (crédit photo : Roxane Kasperski)
Créé lors de l'édition passée, "Le Jour de gloire est arrivé" sera redonné cette année lors du festival du Nouveau Théâtre Populaire. (crédit photo : Roxane Kasperski)
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« Ici, on va construire une salle de répétition en dur. Là, un atelier de création de décors ». Léo Cohen-Paperman, comédien et metteur en scène au sein du Nouveau Théâtre Populaire (NTP), endosse pour l’occasion le rôle de maître d’œuvre. Avec un avantage certain sur d’autres constructeurs : les locataires qui jouxtent le chantier du NTP ne devraient pas être gênés par les travaux, puisqu’ils habitent le cimetière de Fontaine-Guérin. « La première étape a été la construction du plateau. Un vrai outil de travail qui a dû nous coûter 100 fois plus cher que notre premier », s’amuse Léo Cohen-Paperman. La structure, elle, ne plaisante pas : trouée de trappes, la scène joue le rôle de mezzanine vue des coulisses. Face à elle, les spectateurs n’y voient que du feu, du théâtre et le clocher tors de Fontaine-Guérin.

Si la troupe passe désormais ses mois d’août dans la commune – qu’il convient désormais d’appeler Les Bois d’Anjou, pour cause de réforme territoriale – c’est parce que la grand-mère de l’un d’entre eux y vivait et les a accueilli chez elle dès la naissance du NTP. A l’époque, tous ont plus ou moins 20 ans et sortent d’écoles nationales d’art dramatique. « Mais nous nous rendions compte qu’on ne pourrait jamais monter Roméo et Juliette avant une quinzaine d’années. » A Fontaine-Guérin, ils montent le Shakespeare dès la première année, en 2009. « On a eu 50 spectateurs, ce qui a été un encouragement ! »
 
« C’est ce qui est frustrant dans les carrières professionnelles : les institutions théâtrales mettent une barrière entre le public et les acteurs. »

En 2012, à la mort de la grand-mère, le NTP lance une souscription populaire pour racheter la bâtisse et réunissent 70 000 euros. Insuffisant. C’est finalement la communauté de communes qui met la main à la poche et signe avec le NTP une convention d’occupation des lieux qui court sur une douzaine d’années. « En contrepartie, nous devons nous charger de l’aménagement et assurer le festival.» Lorsqu’il n’est pas sur place, le NTP convie des artistes et des compagnies à venir en résidence.

Le NTP devant la maison à Fontaine-Guérin. (crédit photo : Roxane Kasperski)
Le NTP devant la maison à Fontaine-Guérin. (crédit photo : Roxane Kasperski)
Aujourd’hui, le nombre de spectateurs atteint les 7 500. « Enfin, disons que le nombre d’entrées atteint les 7 500 parce qu’en réalité, les gens viennent trois ou quatre fois voir les spectacles », rectifie Léo Cohen-Paperman. « On arrive à « fidéliser », car l’entrée est à 5 euros », renchérit Frédéric Jessua, comédien et metteur en scène de « La Tempête », qui se joue cette année. A applaudir un soir le comédien dans un premier rôle et le croiser le lendemain derrière la buvette, les frontières tombent également plus naturellement. « C’est ce qui est frustrant dans les carrières professionnelles : les institutions théâtrales mettent une barrière entre le public et les acteurs. »

Mais les « institutions », le NTP les fréquente également – la saison dernière au Quai avec « La Vie treshorrificque du grand Gargantua » ou « Falstafe » l’année précédente et bientôt au Théâtre du Champ de bataille – et, avec elle, un public différent qui, en échange, vient leur rendre visite lors du festival. « Le public s’est diversifié. Un jour, nous nous sommes aperçus que nous ne connaissions pas la moitié des visages. » L’autre moitié venait forcément des alentours : « En août, les trois quarts de l’équipe habitent chez des logeurs de la commune ; Pour les travaux, on essaie de faire travailler les artisans du coin. »

Ce jour-là, pluie oblige, la troupe s’est réfugiée dans un local prêté par la municipalité, à côté de l’épicerie de la commune. Vivement la salle de répétition en dur.

Le 8e festival du Nouveau Théâtre Populaire

« Nos spectacles sont tous différents les uns des autres. Mais leur point commun c’est qu’ils sont montés vite. Au NTP, on désacralise le metteur en scène, on n’en fait plus un Dieu », explique Léo Cohen-Paperman. « Cela donne des spectacles assez radicaux, avec parfois leur manque », ajoute Frédéric Jessua. Habituellement, il faut compter 6 à 8 semaines pour monter une pièce. A Fontaine-Guérin, on créé deux spectacles en 15 jours de répétition et une semaine de filage.

La 8e édition du festival se tiendra du 17 au 30 août. On pourra y voir « Richard III » (« Un Shakespeare à la Tim Burton ») ;  « Penthélisée » de Kleist (« On plonge dans un univers mental ») ; la reprise de la « comédie politique » « Le Jour de gloire est arrivé », mis en scène l’année dernière par Léo Cohen-Paperman, qui monte cette année la pièce jeune public « Blanche-Neige » (« Aujourd’hui, on est fasciné par la belle-mère. J’ai voulu reprendre le point de vue de l’enfant ») ; un Shakespeare et autre jeune public : « La Tempête », mise en scène par Frédéric Jessua ; « La Paix », d’Aristophane, « retraduite en langue d’aujourd’hui » fait l’objet d’une itinérance autour de Fontaine-Guérin jusqu’à fin août et sera joué pendant « La Tournée des vendanges » - deuxième du nom – ailleurs en Maine-et-Loire et à Blois.

Le programme complet de cette 8e édition est à retrouver ici.












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