Le Street art doit rester dans la rue


Rédigé par - Angers, le 18/05/2012 - 19:43 / modifié le 18/05/2012 - 19:55


Si les organisateur du festival Artaq, dont la troisième édition vient de fermer ses portes, affirment que désormais le Street Art s’installe dans les galeries, force est de constater que les artistes qui s’expriment librement sur les murs de la ville ne sont pas du même avis si l’on en juge par un article publié sur le média indépendant Indymedia.



Art urbain sur une palissade de chantier à Angers. Détérioration ou oeuvre d'art ? A vous de choisir
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Publié en 2010, lors de la première édition d’Artaq, le sujet d’Indymedia Nantes que des artistes de rue angevins se sont empressés de nous faire parvenir récemment est toujours, selon eux, d’actualité. Ces derniers dénoncent le fait que la ville d’Angers, qui accueille depuis trois ans le festival Artaq, collabore avec des galeristes parisiens et des entreprises afin de se réapproprier ce moyen d’expression et cette culture urbaine et spontanée.

Yves Suty, le Directeur du Festival Artaq, mais aussi galeristes que nous avons rencontré lors de cette troisième édition est suffisamment clair. « La rue est souvent un moyen pour des artistes débutants de s’exprimer facilement et de se faire connaître. Ensuite les meilleurs travaillent sur d’autres supports, exposables en galerie, en utilisant les mêmes techniques ». Il ne rejette pas ceux qui s'expriment sur les murs, mais pour lui c’est un autre univers.

Les artistes de rue, les vrais, les purs, constitués en collectif rappellent au passage pour ceux qui le sauraient pas que le A cerclé d’une étoile à cinq branches du logo Artaq est en fait une réunion des logos de l’anarchisme et du communisme. Plutôt amusant, n’est-ce pas ? « On le voit partout, sur les panneaux publicitaires, dans les journaux, et même en gros sur le site internet de la mairie », précisent-ils non sans une certaine ironie transformant au passage le sigle Artaq en « Arnaq ».

« L’Arnaq c’est le festival de ceux qui s’empressent d’effacer chaque trace de tag, slogan ou collage. Après avoir tout effacé, il ne reste que le blanc des murs surveillés par les caméras de vidéo-surveillance. Il ne reste qu’une ville aseptisée vendue aux touristes et bourgeois », commentent les auteurs de la publication.

En 2010 ces derniers n’avaient pas envie d’y participer directement, préférant se réapproprier « l’Arnaq » pour participer à leur façon, en réalisant un pochoir du logo Artaq pour taguer les principaux établissements municipaux. « Quand la brigade anti-tag effacera « Angers capitale du tag » sur la mairie ce sera la performance la plus sincère du festival », avait alors déclaré le collectif d’artistes.

S’adressant au maire de l’époque, Jean Claude Antonini qui affirmait dans l’édito du festival que le « street art c’est de la création et non pas de la détérioration », ils dénonçaient l’aseptisation de cette forme d’expression qui doit rester libre de toute entrave et que l’on ne peut pas enfermer dans des galeries sous peine de lui faire perdre son âme.

Braver les interdits tout en respectant les autres

« Prendre une bombe de peinture et sillonner les rues la nuit pour inscrire ce qui nous tient aux tripes, pour délivrer notre vision du monde », c’est ainsi que ces militants décrivent leur art, en souhaitant qu’au travers de celui-ci puisse continuer à souffler le vent de la liberté qui leur est cher. Pour eux le message est clair, l’art de la rue dont le jeu consiste souvent à braver les interdits doit rester libre et spontané. Il ne peut pas se faire enfermer dans une galerie et encore moins faire l’objet d’un quelconque commerce.

Aux dernières nouvelles, la brigade anti-graffiti de la ville d’Angers aurait reçu une directive pour que les expressions murales pouvant être considérées comme une véritable œuvre d’art ( ?), soient examinées par le service culturel de la Ville d’Angers avant éventuelle destruction.

Reste peut-être aux artistes de rue, à s’exprimer avec des moyens qui respectent aussi la propriété d’autrui comme le fait un artiste angevin qui colle au préalable un support papier avant de s’exprimer, même sur les palissades de chantier. Mais ça ne l’empêche pas de voir ses œuvres détruites par les services de la ville d’Angers.

Sans apparaître comme un moraliste, si l’art de rue est spontané et éphémère, il faut peut-être que les artistes urbains comprennent que la liberté des uns ne doit pas s’arrêter là où commence celles des autres, le respect n’est pas à sens unique, pour pouvoir prétendre à être respecter il ne faut pas oublier de respecter les autres.

A lire, l’article complet publié sur Indymedia Nantes




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Anthony le 21/05/2012 10:07 | Alerter
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Si l'on veut que les tags désertent les murs de nos villes, donnons la possibilité aux artistes graphistes de s'exprimer sur des bâtiments publics et des fresques. Quand je vois l'ignoble palissade du stade Jean Bouin, je me dis qu'il y a matière à faire des heureux dans tous les sens du terme, et les exemples d'endroits comme cela sont légion en ville.

Pour le reste, comme tout ce qui se passe à Angers, ce festival n'est connu que par les artistes présents et les Angevins, mais qui en parle d...

2.Posté par AL1 le 27/05/2012 12:29 | Alerter
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Bravo pour l'article, les choses avancent, les esprits évoluent. Merci Yannick!








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