Le Syndrome du Titanic : droit dans le mur ?


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Vendredi 16 Octobre 2009 à 18:11


« I have a dream », c'est la voix de Martin Luther King qui résonne dans la salle. Son rêve, Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre le font encore, 50 ans après son discours sur les marches du Lincoln Memorial aux États-Unis, le rêve d'un monde où les hommes pourraient s'aimer et se soutenir sans compter, sans calculer.



Tokyo : des chiens se relaxent dans des caissons à oxygène / Hong-Kong : un homme cage
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C'est un poème, un très beau et triste poème que nous énonce Nicolas Hulot tout au long de ce documentaire passionnant. Un poème où nous sommes les personnages principaux de notre propre histoire. Pas d'acteurs, pas de fiction, pas de décors studio ou de make-up, à quoi bon ? Il suffit de poser sa caméra aux quatre coins du monde, de faire une pause dans cette course infernale, pour fermer les yeux sur l'idéal tant recherché, et les ouvrir sur la réalité.

Nous traçons des lignes, nous créons des cases, nos propres murs, notre propre prison. Et pour s'échapper de cette prison, nous ornons nos toits d'antennes paraboliques pour capter l'irréel. Elles se succèdent, ces colonnes verticales qui hérissent la surface du globe, « Ces villes si loin du sol, de la Terre, de l'humus », ils se superposent, les tracés rectilignes des avions, des bateaux, des routes, des ponts, des cimetières humains et technologiques « victimes du progrès » qui strient et découpent Ciel et Terre, nuit et jour. Quel est ce monde dans lequel on vit, où tout est superposition d'hommes, de cultures artificielles, de voitures, où la nature n'est plus que sur papier glacé, placardée sur du béton, exposée comme un objet rare, où «le superflu des uns est sans limites alors que l'essentiel des autres n'est même pas satisfait » ?

Un montage expressif et rythmé signé Vincent Delorme et Cécile Husson, fondant l'image de synthèse à la réalité indéniable, avec une fantastique dextérité, comparant les « homme-cages » aux chiens de race en pension, les lumières de la ville à la voie lactée, n'hésitant pas à accélérer ou ralentir le rythme de la vie, choisissant de faire défiler une journée à toute allure, ou de ralentir la chute de l'eau dans le précipice d'une cascade. Un montage renforcé par une bande son signée Alexandre Hernandez qui peut se faire tonitruante comme incroyablement paisible, indéniablement réaliste comme magnifiquement ironique. Le tout guidé par la voix de Nicolas Hulot.

« Le paquebot sur lequel nous sommes c'est la planète Terre, et nous n'en avons qu'une. »

Emeline.











Angers Mag