Le blues des enseignants


Rédigé par - Angers, le 28/09/2011 - 10:26 / modifié le 28/09/2011 - 19:09


Ce n’est pas le titre d’une nouvelle chanson, mais un fait bien réel qui mérite qu’on y accorde une attention particulière. Quand nos enseignants ont des bleus à l’âme, ce sont nos enfants qui pourraient en souffrir. Alors quand ils descendent dans la rue, comme hier à Angers et sur tout le territoire français, pour manifester leur ras-le-bol c’est peut-être le signe avant-coureur d’une société qui part en morceaux.



Le blues des enseignants
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Tous les ans, à la même époque, après deux mois de vacances ils nous jouent la même musique celle du « blues des enseignants ». Et pourtant ce ne sont pas ceux qui souffrent le plus disait pas plus tard qu’hier le Président Sarkozy devant les employés d’une usine de carburants à Venette (Oise). « Mon devoir de chef de l'État c'est d'abord de penser aux ouvriers, aux salariés et aux cadres qui sont lancés dans la compétition internationale et qui ont besoin du soutien de l'État, plus que de penser à ceux qui ont un travail difficile, mais qui ont un statut qui les protège ». Choquant n’est-ce pas ?

Certes les enseignants ont des vacances, tous les deux mois, de moins en moins longues d’ailleurs, et pas de machines bruyantes à surveiller, mais plutôt une meute de bambins agités, pour certains, ou d’adolescents boutonneux, prêts à découdre pour d’autres. À cette difficulté s’ajoute celle de parents très occupés et qui se reposent sur des enseignants surchargés pour les suppléer, sans supplément, dans leur rôle de premier éducateur, et tout cela pour des salaires à peine supérieurs aux premiers ouvriers qualifiés.

Alors qui est le plus à plaindre, l’ouvrier ou l’enseignant ? Pas plus l’un que l’autre, chaque travail ayant ses avantages et ses inconvénients, mais supporter les cris de bambins toute la journée ce n’est certainement pas de tout repos, même si l’on considère (de moins en moins), que l’éducation des enfants est le plus beau métier du monde. Pas étonnant que certains craquent avant la fin de leur carrière et que la MGÉN (la mutuelle de l’Éducation Nationale) finance des maisons de repos et des centres psychiatriques.

Sans vouloir les défendre, après tout ils ont choisi ce joli métier, un peu plus de considération de la part de leur ministre permettrait peut-être de les guérir de ce mal qui les ronge depuis des décennies. Ce n’est pas tant le salaire que certains aimeraient tout de même voir revalorisé, qui les rend aussi amers, mais plus une prise en considération et un renforcement d’effectifs qui leur permettrait d’être plus sereins dans l’exercice de leur métier.

Au lieu d’une politique strictement comptable appliquée par des ministres successifs dont on se demande encore s’ils ont mis le pied dans une classe où s’entassent une quarantaine de têtes blondes, c’est plus à une appréciation qualitative de l’enseignement que devraient se livrer nos hommes politiques. Et c’est bien là que rien ne va plus.

Premier employeur, l’Éducation Nationale, doit, comme les autres services de l’État réduire de manière drastique ses dépenses, en passant par ce qui semble le plus facile, la masse salariale. Seule ombre au tableau (noir), cette réduction est réalisée au détriment de la qualité de l’enseignement, chaque éducateur ne pouvant plus effectuer l’apprentissage de nos enfants dans des conditions jugées comme normales. Et au bout du compte ce sont bien ces derniers qui en pâtissent.

Bien sûr nos chers ministres, dont les enfants fréquentent des établissements haut de gamme dans lesquels on compte autant d’éducateurs que d’élèves ne se sentent guère concernés pas ce malaise qui s’amplifie au fil des ans dans les écoles rurales et les zones urbaines, des lieux ou parfois l’éducation n’a plus que le nom et où l’on se demande encore si elle est vraiment nationale.

Non, Monsieur CHATEL, l’Éducation Nationale ce ne sont pas que des simples données chiffrées, mais bien au-delà des instituteurs et des professeurs, des enfants qui doivent apprendre à s’intégrer et trouver un travail dans une société comme la nôtre. Les enfants d’aujourd’hui sont la clé de voûte de notre société de demain, être capable de leur donner les bases d’une éducation c’est préparer l’avenir de notre pays. Mais quand on a été responsable marketing et DRH d’un grand groupe comme l’Oréal, avant d’être homme politique et ministre de l’Éducation Nationale, on est plus habitué à compter les hommes et à les déplacer comme de simples pions sur un damier, qu’à mettre en valeur leur travail, voire même vraiment s’y intéresser.




Yannick Sourisseau
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