Le cœur d'Angers bat pour Alep


Rédigé par Vincent FAURE - Angers, le 19/12/2016 - 08:08 / modifié le 20/12/2016 - 09:04


Les Angevins sont venus en nombre cale de la Savatte, dimanche après-midi, pour participer au rassemblement pacifique en soutien aux victimes de la bataille la plus meurtrière de la guerre civile syrienne.



Le cœur d'Angers bat pour Alep
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Des familles convergent vers l'esplanade du théâtre du Quai, les bras chargés de sacs de jouets. Malgré le froid et l'épais manteau de brume qui recouvre le château de l'autre côté de la Maine, ce dimanche 18 décembre après-midi, les Angevins sont nombreux cale de la Savatte. Trois-cents, quatre-cents peut-être, ils ont répondu présent à l'appel du collectif #TousUnisPourAlep.

Associé à l'ONG franco-syrienne Syria Charity, cet élan de sympathie envers les victimes civiles du conflit syrien est né sur Facebook le 5 décembre dernier. Il est déjà parvenu à agréger plus de 1500 membres. Bien au-delà des espérances de son initiateur, le journaliste angevin Yannick Sourisseau.  « C'est toujours comme ça, les gens se sentent impuissants, seuls dans leur coin, mais il suffit que quelqu'un allume la mèche. Aujourd'hui on a froid aux pieds, mais chaud au coeur », vibre Jacqueline, ancienne psychologue en milieu scolaire de 71 ans, l'une des bénévoles du collectif. Revêtue comme d'autres d'une chasuble jaune, elle empile les boîtes de lait infantile, les peluches et autres coussins apportés par les participants au rassemblement. Fournitures qui doivent être expédiées cette semaine dans un container de Syria Charity, direction Alep.

​Hommage aux Amis du peuple syrien

Touchés dans leur chair mais dignes, des Syriens d'Angers ont brandi des photos pour dénoncer les horreurs de la guerre qui mine leur pays (photo Mario Fournier).
Touchés dans leur chair mais dignes, des Syriens d'Angers ont brandi des photos pour dénoncer les horreurs de la guerre qui mine leur pays (photo Mario Fournier).
Sur l'esplanade, certains ne font pas mystère de leur opposition à Bachar Al-Assad. Dont ceux qui ont éprouvé dans leur chair l'arbitraire de la dictature, à l'instar des réfugiés politiques de l'association des Amis du peuple syrien à Angers. Ils ont dû fuir leur pays dans les premiers mois de la guerre civile, craignant pour leur vie et celle de leurs proches. Ils arborent aujourd'hui des écharpes et bandeaux aux couleurs de la révolution syrienne.

Yannick Sourisseau leur rend hommage dans son discours, lit un communiqué qu'ils ont Eux-même rédigé, dans lequel ils n'ont pas de mots assez durs pour fustiger un régime à leur yeux coupable de « crimes contre l'humanité » à Alep. Pourtant, ce dimanche, ils auraient voulu aller plus loin. Monter à la tribune pour brandir des photos de civils brutalisés par les soldats de Bachar. Dire à quel point Poutine est son « complice », selon le mot de Mustapha, avocat alepin de 30 ans installé à Angers depuis septembre 2014.

Mais dans le cadre d'un rassemblement pacifique assorti d'une collecte de dons, Yannick Sourisseau ne souhaitait pas politiser outre mesure les prises de parole. « Débattre, solliciter des experts, pointer des responsabilités, ce sera la seconde phase de notre action à #TousUnisPourAlep », se defend t-il. Maxime, archéologue angevin de 51 ans aux manières pondérées, comprend le point de vue des Amis du peuple syrien à Angers : « L'inertie de l'ONU et l'isolationnisme américain laissent le champ libre à la force brute de Bachar Al-Assad, soutenu par les Russes et les Iraniens ».

​Lutter contre l'indifférence

Les Angevins ont joint le geste à la parole en apportant en masse jouets, couvertures, habits et du lait pour les victimes du conflit (photo Mario Fournier).
Les Angevins ont joint le geste à la parole en apportant en masse jouets, couvertures, habits et du lait pour les victimes du conflit (photo Mario Fournier).
La géopolitique n'est pas dans toutes les têtes. Pour beaucoup, l'horreur des images du siège d'Alep, déversées sur les chaînes de télévision et les médias en ligne, a suscité « l'envie d'aider, de se montrer solidaire ». « La situation des gens là-bas empire de jour en jour. La guerre, la mort violente d'un être cher, on ne souhaite cela à personne », compatit la trentenaire Alima en couvant du regard Nisrine, sa fillette de 10 ans. Elles sont venues avec des couches et des couvertures pour les enfants alepins.

Afin d'immortaliser ce « grand moment de lutte contre l'indifférence », Yannick Sourisseau demande aux volontaires de se regrouper devant l'entrée du théâtre du Quai pour former le logo de #TousUnisPourAlep : les quatre lettres du nom de la cité martyre, surmontées d'un cœur. Depuis la terrasse de l'édifice culturel, le symbole apparaît dans toute sa simplicité et sa solennité. Dimanche 18 décembre, après d'autres villes de France, Angers s'est dressée. Des femmes et des hommes de tous âges et de toutes origines ont choisi d'agir ensemble contre la barbarie qui se déchaîne de l'autre côté de la Méditerranée.

Merci à Mario Fournier pour ses images. Plus de photos sur sa page facebook.com/fournier.mario.









1.Posté par ironie le 19/12/2016 11:13 | Alerter
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le problème en Syrie, c'est que les "gentils "veulent prendre la place des "méchants" pour devenir méchants à leur tour...

2.Posté par Koko le 19/12/2016 12:17 (depuis mobile) | Alerter
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Super. Merci pour cette initiative. Toutefois une petite précision tres IMPORTANT: les échanpes et les bandeaux ne portent les couleurs des syriens libres opposés au regime syrien ce sont les couleurs du soulèvement pacifique contre la dictature.

3.Posté par Koko le 19/12/2016 13:31 (depuis mobile) | Alerter
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Je voulais dire que les écharpe et les bandeaux portent les couleurs de la Syrie libre de toute sorte de dictature, ils incarnent le soulèvement pacifique. Ils ont rien à avoir avec l'armée libre !!!








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