Le complexe du castor : l'animal au secours de l'homme


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Samedi 4 Juin 2011 à 21:23


Un chef d'entreprise, aussi père de famille, est en dépression, et trouve une marionnette de castor. Il s'en sert pour remonter la pente de sa vie qui n'est pas brillante. Arrivera-t-il à s'en débarrasser au moment où il n'en n'aura plus besoin ?



Le castor, porte parole de Walter Black (Mel Gibson), renoue les liens père-fils avec Henry.
Le castor, porte parole de Walter Black (Mel Gibson), renoue les liens père-fils avec Henry.
la rédaction vous conseille
Contrairement à ce que l'on peut prévoir en regardant la bande annonce, le 3ème film de Jodie Foster en tant que réalisatrice est plus un drame qu'une comédie familiale.

Walter Black est le patron, par héritage, d'une grande entreprise de jouets en complet déclin financier. Il est en pleine dépression, il n'arrive plus à gérer ses obligations en tant que chef d'entreprise et en tant que père de famille. Il dort donc toute la journée pour ne pas affronter ses problèmes. En revanche, sa femme, Meredith (Jodie Foster) procède autrement pour ne pas faire face de ses difficultés, elle passe ses nuits en vidéo-conférence avec des clients japonais pour des plans de montagnes-russes. Mais il arrive un moment où tout bascule : lorsque le fils ainé ( Anton Yelchin), qui n'avait plus de contacts avec son père, arrive enfin à convaincre sa mère de mettre son mari à la porte. Là commence la véritable intrigue du film.

Après l'énonciation brève de cette situation initiale, sans perte de temps, la réalisatrice nous emmène dans la première partie de son film, la première étape de la vie de Walter dans sa guérison. Le personnage principal tente de mettre fin à ses jours, mais dans son élan, son instinct de survie lui a fait naitre une seconde personnalité, qu'il place dans la peluche du castor, représentant, dès lors, sa part d'ambition qu'il avait perdue.

Il place alors une distance entre lui et son environnement, qui ne le prend pas toujours au sérieux, mais cela fonctionne plutôt bien. Il reprend le contrôle de son entreprise et trouve une idée, grâce au castor, qui lui permet de se remettre sur le marché international. Il est davantage présent dans sa famille, il renoue le contact avec son jeune fils, proche du castor. Mais son fils ainé ne croit pas en ce nouveau Walter et le prend pour un fou, pour une personne dont on devrait être l'opposé, au point de noter tous les tics qu'ils ont en commun pour les éliminer. Ce père se rapproche de sa femme, redevient l'homme qu'elle a épousé. Mais voilà, le problème c'est que le castor a pris la place de Walter et l'empêche de revenir, de peur qu'il redevienne ce qu'il était avant et de détruire tout ce qu'il venait de réparer.

Jodie Foster réalise ici un film très psychologique : elle évoque les liens familiaux, qui sont parfois tellement mauvais qu'il s'en forme une maladie mentale influençant tout l'entourage. Il y est aussi question des liens père-fils : l'adolescent qui a grandi sans modèle masculin, sans présence paternelle, cherche encore qui il est, au point de s'effacer dans la société et de se faire passer pour n'importe qui, de prendre la personnalité d'autrui. Il y a très peu de personnages, mais cela est compensé par la recherche psychologique de chacun et des liens qui les unissent.

Ce film est aussi remarquable grâce à des acteurs dont la performance est époustouflante. Le jeu de Mel Gibson est tellement réaliste qu'il en est bluffant, tout comme celui de Jodie Foster qui pourtant avait aussi le rôle de réalisatrice, ce qui rend double sa performance. Au niveau de l'esthétique du film, il est classique, malgré une recherche dans les plans qui sont à la limite du hors cadre au début du film, puis qui se rapprochent progressivement des personnages. Cela peut être interprété comme étant une avancée vers l'intérieur des personnages, se rapprochant au plus près de leurs problèmes. Le film est rythmé en plusieurs parties, une à chaque stade du complexe du castor où l'on fait un arrêt dans l'histoire pour voir où il en est.

Le but de ce film n'est pas de montrer une fin heureuse, mais de prouver qu'elles ne peuvent exister, qu'il y a forcement un problème qui persiste. Ce film est là pour nous rappeler que lorsque l'on a des problèmes, on n'est pas obligé de les affronter seul, mais que, au contraire, il est plus facile de les surmonter à plusieurs.

Un film à faire pleurer les plus sensibles !

Valentin.












Angers Mag