Le concert: musique, maestro !


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Samedi 28 Novembre 2009 à 11:31


Le réalisateur de "Va, vis et deviens", Radu Mihaileanu, signe une fois de plus un film touchant, magique et d’une énergie impressionnante, où la beauté des plans et de la musique nous font ressortir de la salle le baume au cœur, tandis que les plus délicieuses octaves de Tchaïkovski nous trottent encore dans la tête…



Andrei Filipov (Aleskei Guskov), le Maestro, et Anne-Marie Jacquet (Mélanie Laurent)
Andrei Filipov (Aleskei Guskov), le Maestro, et Anne-Marie Jacquet (Mélanie Laurent)
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À l’époque de Léonid Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d’orchestre de l’Union Soviétique et dirigeait l’orchestre du Bolchoï : il était le Maestro. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, il est licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais en tant… qu’homme de ménage. Un soir, astiquant le bureau du directeur, il tombe sur un fax du Théâtre du Châtelet de Paris. Ce dernier convie l’orchestre du Bolchoï à venir jouer en France. Andrei Filipov décide alors de prendre sa revanche et de reformer, en cachette, son ancien orchestre en y intégrant Anne-Marie Jacquet, une célèbre violoniste.

À l’origine du Concert, il y a l’évocation du souvenir douloureux de l’U.R.S.S. de Brejnev. De cette Russie qui a été humiliée et mise à terre, où ces artistes, écrivains, scientifiques, peintres, acteurs, etc. ont été brimés et asphyxiés, mais qui, aujourd’hui, sont bien décidés à se relever et se venger. Un désir incarné par cette envie désespérée qui anime Andrei de se rendre à Paris pour jouer Tchaïkovski au Théâtre du Châtelet accompagné de son « orchestre » de clochards magnifiques. Une galerie de portraits hilarante, jamais loin de la grosse caricature à l’humour slave (ici le ton n’est pas toujours léger) où Mihaileanu sort la grosse caisse pour les gags, mais les violons pour les remarquables scènes d’émotion.

Malgré un démarrage un peu poussif, le spectacle prend majestueusement son envol. La première partie en Russie débute comme une fantaisie à la Kusturica, et la deuxième partie où Le Concert trouve une nouvelle énergie lorsque l’orchestre débarque dans la capitale française. Deux civilisations s’opposent alors, l’une « barbare » envahissant l’autre « civilisée », qui pourtant en s’accordant trouvent l’ultime harmonie. L’ultime harmonie, ce rêve absolue, cette aspiration individuelle à laquelle seul le collectif saura parvenir. L’idée prend tout son sens au point d’orgue final du film, mis en scène avec une incroyable virtuosité semée de flash-back et flash-foward, qui nous tient en haleine jusqu’à la fin. Un face à face saisissant entre la soliste et l’orchestre où chacun devra comprendre les dissonances de l’autre pour parvenir à jouer à l’unisson.

Jamais un concert ne vous fera autant pleurer…

Morgane.











Angers Mag