Le début de la fin : quand la routine s’installe dans le couple

Festival d'Anjou 2012


Rédigé par - Angers, le 16/06/2012 - 10:31 / modifié le 16/06/2012 - 11:00


Il est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre, celui où s’installe dans les couples quarantenaires une certaine habitude au point de perdre toute attirance envers celui ou celle que l’on a tant aimé quelques décennies plus tôt. Dans « le début de la fin », l’acteur-dramaturge Sébastien Thiéry nous a servi cette tranche de vie de manière désopilante, soutenue par un excellent Richard Berry, hier soir, au Plessis-Macé (Angers) dans le cadre du Festival d'Anjou



Nathalie, version vieillissante  (Françoise Brion) tentant de séduire Alina Bauman (Richard Berry)
Nathalie, version vieillissante (Françoise Brion) tentant de séduire Alina Bauman (Richard Berry)
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Malgré la pluie qui menaçait hier soir sur la région d’Angers, le public n’aurait raté pour rien au monde la venue du séduisant Richard Berry sur la scène du Plessis-Macé ce vendredi. Après « Qui est Monsieur Schmitt ? » présenté sur la même scène en 2010, Richard Berry qui aime se payer une vraie tranche vie, où la personnalité se dédouble (Monsieur Schmitt), où quand, comme c’est le cas dans « le début de la fin », les hommes ne se voient pas vieillir.

Bien sûr le trait est exagéré, nous sommes au théâtre, mais celui-ci n’est-il pas le reflet de notre vie quotidienne ? Sébastien Thiéry plonge avec délectation dans cette vie où les vieux couples se croisent, mais ne se regardent plus au point de ne plus avoir d’attirance sexuelle l’un pour l’autre.

Dans la pièce présentée hier soir, Alain Bauman (Richard BERRY), directeur d’une société de grande distribution, est persuadé que sa femme Nathalie, la trentaine, plutôt ravissante (Pascale LOUANGE), vieillit sept fois plus vite que lui. Quand il regarde sa femme, il en voit une autre, d’un âge avancé (François BRION), cheveux gris, pas du tout celle qu’elle est vraiment, au point de refuser ses avances sexuelles.

Mais est-ce Nathalie qui a vraiment changé ou le regard qu'il porte sur cette jeune femme avec laquelle il vit depuis plusieurs années. Lui proposant d’aller dans une maison de retraite de standing, ce qu’elle refuse, il se tourne alors vers l’un de ses livreurs qu’il fait passer pour son neveu (Jonathan LAMBERT). Ce dernier censé venir de la Bretagne profonde, un peu sauvage, doit servir d’aide à domicile à Nathalie pendant que Alain Bauman ira rejoindra sa maitresse.

Mais le jeune breton ne voit que la vraie Nathalie laquelle trouve dans ce dernier un confident, plus attentionné que son mari. Ils tombent amoureux au point de vouloir faire leur vie ensemble. Mais fort heureusement, Alain Bauman qui avait rejoint une vieille dame, retrouve soudain la raison et un intérêt certain pour sa vraie femme, on le serait à moins, le faux neveu lui ayant ouvert les yeux.

Si les philosophes se posent des questions existentielles sur la condition humaine et notamment sur les rapports entre les hommes et les femmes, Sébastien Thiéry, reprend le sujet de façon drôle avec des dialogues parfois très crus, mais tellement proches de la réalité. Quel quarantenaire, qui voit chaque jour son épouse s’étioler, sans voir qu’il vieillit lui-même, n’a pas lorgné sur les croupes saillantes des jeunes filles qui ondulent fièrement dans la rue ? Que celui-là me jette la première pierre !

Sébastien Thiéry a très bien compris ce sujet difficile, qu’il aborde avec un certain humour. Tant mieux, car dans les faits ce n’est pas très amusant pour ceux qui le vivent. Les plus jeunes rient de la situation, les plus vieux sont un peu dérangés de se regarder soudain dans le miroir du théâtre.

Quant à Richard Berry qui a la chance malgré ses 61 ans de rester un éternel jeune premier, il campe merveilleusement bien ce rustre qui veut envoyer son épouse que d’aucuns aimeraient avoir dans leurs bras, dans une maison de retraite. L’histoire finit bien et Alain Bauman voit enfin sa belle sous un autre angle, le vrai. Et tout le public, amoureux de Richard Berry, applaudit, se levant même pour saluer celui qui visiblement prend plaisir à jouer sur les planches du Festival d’Anjou.




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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