Le design inutile pour soutenir la biodiversité


Rédigé par - Angers, le Lundi 4 Juillet 2011 à 23:54


Philippe CAILLAUD est un artiste miniaturiste qui marie avec talent l’art contemporain et la nature. Certes ce qu’il réalise est complètement inutile comme il aime à le dire, mais pas autant qu’on croit, ses œuvres permettant d’interpeller nos contemporains sur l’intérêt de protéger la biodiversité.



Philippe CAILLAUD et ses lepidohomes dans le jardin de l'Arboretum
Philippe CAILLAUD et ses lepidohomes dans le jardin de l'Arboretum
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Construire des séries de « Lépidohomes », c’est à dire des petites maisons pour héberger des « Lépidoptères », nom savant des papillons adultes, quelle idée saugrenue. Surtout quand on sait qu’un papillon qui virevolte sans cesse n’a pas pour habitude de s’installer dans un abri. Tout au mieux, une fleur ou une branche d’arbre, lui convient très bien.

Mais Philippe CAILLAUD qui se définit comme un artiste zen spécialiste du design inutile est parti d’un constat simple : « J’ai voulu réparer une injustice. Les oiseaux ces prédateurs emplumés d’insectes sont logés dans des nichoirs et même nourris. Certains jardins font donc hôtel-restaurant pour les oiseaux, pas pour les papillons ».

D’où l’idée de construire des nichoirs pour papillons, lesquels devraient compte tenu de leur forme, leur couleur et les matériaux utilisés, contenter et séduire les papillons de jour. « J’ai travaillé comme un designer, mais je ne me suis jamais fait d’illusion quant à la fonctionnalité de ces maisons, les papillons n’étant pas des animaux d’intérieur. Il y a peu de chance qu’il s’installe dans ce genre d’habitant et encore moins qu’une chenille grimpe le long du mât sur le haut duquel est installée la maison, pour effectuer sa métamorphose ».

Pour Philippe CAILLAUD c’est là qu’est apparue la notion de concept inutile. « Le design inutile consiste à travailler rationnellement pour créer quelque chose d’utopique, voire absurde ». Mais pour l’artiste, tenter de vouloir abriter les papillons est une tentative de protection de la biodiversité. « Ça part d’un bon sentiment, mais il faut l’avouer on certainement vu plus efficace ».

Mais « Abriter les papillons », l’œuvre installée dans les jardins de l’Arboretum à Angers est avant tout une intégration du discours artistique au paysage environnant. De couleur bleu outremer et or, ses lépidohomes travaillent sur le rayonnement de la lumière, faisant penser à un essaim suspendu au dessus de végétaux, créant ainsi une œuvre poétique qui entre en résonnance avec la beauté verdoyante et riches de couleurs des lieux.

Si elles n’ont pas l’utilité que toute personne rationnelle aimerait à leur donner, en dehors d’être des œuvres d’art, les installations in situ de Philippe CAILLAUD sont là pour attirer l’œil du visiteur et lui faire comprendre que les insectes, comme les autres animaux constituent un ensemble, la biodiversité, que l’humain se doit de protéger et entretenir, même au cœur des villes. Quant aux papillons, à défaut d’y résider, attirés par la couleur ils s’en serviront pour se reposer de longs vols dans l’espace.

« Abriter les papillons » installation in situ improbable de Philippe CAILLAUD, est installée dans le jardin de l’Arboretum, 7 rue du Château d’Orgemont à Angers, du 1er juillet au 20 septembre.

Cette installation est initiée par le Muséum des sciences naturelles d’Angers, lequel consacre son année culturelle 2011 à la nature en ville.




Yannick Sourisseau
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