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Sciences

Le froid extrême pour conserver la biodiversité végétale


Rédigé par Yannick Sourisseau - Le Mercredi 9 Février 2011 à 12:50


C’est le thème d’un colloque organisé cette semaine à Agrocampus Ouest à Angers Belle-Beille. Une soixantaine de chercheurs venus de 23 pays européens échangent du 8 au 11 Février sur la conservation par le froid intense des ressources génétiques des plantes cultivées. Ils se sont retrouvés hier soir pour une visite du Musée Jean Lurçat d’Angers.



Les scientifiques pendant la présentation du musée Jean Lurçat par Olivia Tambou
Les scientifiques pendant la présentation du musée Jean Lurçat par Olivia Tambou
Que se passerait-il si une tempête balayait tout ou partie de la surface du globe, détruisant sur son passage toutes les zones cultivées ? Il faudrait, si l’on veut continuer à vivre, reconstituer le patrimoine végétal. « On peut utiliser des graines ou des boutures pour reconstituer la biodiversité végétale. Mais certaines plantes ne se conservent pas ou peu sous ces formes. D’où l’idée de faire appel au froid extrême, de l’azote liquide à -196° pour constituer une banque de ressources génétiques, comme on le fait déjà pour le sperme », explique Agnès GRAPIN, Maître de Conférence à Agrocampus Ouest et organisatrice du colloque organisé du 8 au 11 Février sur le thème de la « cryoconservation des ressources génétiques des plantes cultivées».

« Ce colloque qui réunit des chercheurs de l’Action COST (European Cooperation in science et technology) a pour objectif d’échanger sur l’amélioration et la diffusion des connaissances sur cette technique de conservation à long terme des ressources génétiques des plantes cultivées », poursuit Agnès Grapin. « Il s’agit de favoriser les relations entre chercheurs, de mutualiser nos actions de recherche et de créer des collaborations efficaces ».

La banque de semences, ainsi constituée, moins encombrante que les graines et les boutures, est à la disposition des scientifiques, mais aussi des entreprises, lesquelles peuvent s’en servir pour reconstituer ou dupliquer une collection végétale. « Elle ne remplace pas les techniques habituelles, elle est complémentaire », certaines espèces étant récalcitrantes à cette technique.

Pour les enseignants chercheurs d’Agrocampus Ouest, il s’agit d’une technique prometteuse permettant de minimiser les risques et les coûts d’une conservation à long terme des ces ressources. De nouveaux protocoles permettent d’adopter la cryoconservation à un nombre de plus en plus important d’espèces, à l’exemple d’une collection de « Pelargonium » gérée par les chercheurs angevins.

Toutefois, pour ces chercheurs il s’agit tout d’abord de mieux comprendre les mécanismes cellulaires mis en jeu et évaluer les conséquences des très basses températures sur la qualité et la diversité des plantes régénérée, avant d’utiliser régulièrement cette technique. C’est l’un des enjeux de ce colloque.

Si les trois premières journées de ces rencontres sont consacrées à des exposés scientifiques et à l’état des lieux de la cryoconservation dans les pays participants, la dernière journée permettra de découvrir les spécificités de l’Anjou et surtout son pôle végétal.

Hier soir les scientifiques étaient reçus au musée Jean Lurçat par Olivia TAMBOU, adjoint au Maire d’Angers, chargée des relations internationales, laquelle a présenté, en anglais, le Chant du Monde. « Le colloque n’est pas terminé, ce soir les participants font une pause culturelle. Je leur fait découvrir le patrimoine culturel angevin », déclarait l’élue locale en accueillant ses invités.



Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
Responsable de publication et rédacteur en chef, assure le suivi technique du journal et son... En savoir plus sur cet auteur

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