Le galant homme n’a pas tout à fait réchauffé les cœurs

Festival d'Anjou 2012


Rédigé par - Le Mercredi 13 Juin 2012 à 11:39


La soirée d’ouverture du 63ème Festival d’Anjou qui avait lieu au Plessis-Macé (Angers) a échappé à la pluie de ces derniers jours, mais pas au vent glacial digne d’un mois de novembre. Il faisait froid dans les gradins et la production du Théâtre Régional des Pays de la Loire, « Homme et Galant Homme », n’a pas suffit à faire remonter la température.



Homme et Galant Homme - Alberto simulant la folie
Homme et Galant Homme - Alberto simulant la folie
Hier soir, pour la première de la 63ème Nicolas BRIANÇON, le directeur artistique du Festival d’Anjou a, fidèle à son habitude, jeté une rose blanche devant la scène, à la manière d’Albert Camus, afin de repousser les éventuelles averses. Pas de pluie pour cette soirée d’ouverture, contrairement aux jours précédents, mais un froid de canard qui paralysait les membres et peut-être même le cerveau.

Contrairement aux années précédentes, ce n’est pas une création du Festival que le public venait applaudir, mais une création tout de même, à peine aboutie, celle du Théâtre Régional des Pays de la Loire, « Homme et Galant Homme », d’Éduardo De Filippo, mise en scène de Patrick Pelloquet.

D’emblée Nicolas BRIANÇON, qui dirige cette année son neuvième festival avait donné le ton : « Compte tenu des conditions dantesques d’hier la troupe n’a pas pu répéter comme elle le souhaitait. Ce soir vous n’allez donc pas assister à une première, mais à ce qu’on appelle une répétition générale, c'est-à-dire le moment où le théâtre commence à se faire, à exister ».

Une répétition, c’est ce que les spectateurs auront pu vérifier tout au long de la soirée, les situations, les gestes, les voix et les textes étant encore mal assurés. Bien sûr on peut aisément imaginer que les comédiens ont dû lutter, comme les spectateurs, contre le froid, surtout lorsque l’histoire est censée se dérouler sous le soleil napolitain et que les costumes sont de circonstance. Mais cela n’excuse certainement pas tout, et la soirée d’ouverture aurait peut-être mérité une création d’un plus haut niveau comme le festival nous a habitué ces dernières années.

Une histoire simple et parfois trop caricaturale

Inscrite dans la pure tradition du théâtre populaire italien, l’œuvre d’Éduardo De Filippo, adaptée par le Théâtre Régional des Pays de la Loire, sous la direction de Patrick Pelloquet, analyse la condition humaine en comparant misère et aristrocratie italienne, avec des personnages simples, naïfs et parfois victimes des plus puissants.

Une compagnie sans le sou, conduite par Gennaro s’installe dans un modeste hôtel d'une station balnéaire de la région de Naples à la demande d’Alberto, un jeune et riche impresario. Ce dernier s’éprend de Bice, une jeune femme qui lui cache sa véritable identité. Alberto qui sait sa maitresse enceinte, veut l’épouser. Mais la belle est mariée au Comte Carlo Tolentano, ce qu’apprend Alberto lorsqu’il se rend chez sa maitresse. Le comte étant médecin on y retrouve Gennaro ébouillanté par une gamelle de macaronis.

Pour se tirer d’affaire et sauver l’honneur de Bice, Alberto simule la folie. La pièce se terminera au commissariat de police où chacun, à son tour feindra la folie, pour tenter d'échapper à la situation inextricable dans laquelle il s’est mis.

Si les acteurs, parfois trop caricaturaux, mais nous sommes en Italie …, ne sont pas toujours convaincants, l’histoire est surtout parasitée par la répétition trop longue de la troupe de théâtre de Gennaro. Même si celle-ci génère des échanges parfois cocasses, faisant rire le spectateur angevin, ce « théâtre dans le théâtre » n’apporte pas vraiment à l’histoire, pire il la perturbe.

Quant au chassé croisé entre les amants et le cocu que l’on retrouve dans tout vaudeville qui se respecte, il est plutôt grossier, la simulation de la folie pour échapper au conflit, ne faisant pas vraiment rire les amateurs du genre.

Bien sûr, même si l’histoire ne fait pas dans la finesse, cette pièce gagnera en maturité au cours des représentations et les acteurs, par leur présence, effaceront certaines imperfections. Mais cela n’enlèvera pas la mise en jambe, trop longue, comme l’est aussi la répétition de la troupe de Gennaro.

Heureusement, le public angevin est bon public et le millier de spectateurs présent hier soir s'est levé pour saluer le travail de cette troupe régionale et de Patrick Pelloquet, lesquels n'ont pas démérité pour autant .





Yannick Sourisseau
Directeur publication Angers Mag et Angers Mag Info Journaliste web suivant plus particulièrement... En savoir plus sur cet auteur

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