Le grand virage des Pépinières Lepage


Rédigé par - Angers, le 01/09/2015 - 07:42 / modifié le 01/09/2015 - 07:42


En investissant plus de 4 millions d'euros dans un nouveau site de production aux Ponts-de-Cé, le spécialiste angevin des plantes vivaces a choisi de tourner une nouvelle page de son histoire. Et de mieux s'armer pour défier les concurrences néerlandaise et allemande dans un marché qui lui réussit bien.



Ancien ingénieur électronique, Christian Crépin dirige les Pépinières Lepage depuis 2003.
Ancien ingénieur électronique, Christian Crépin dirige les Pépinières Lepage depuis 2003.
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Par les temps qui courent, difficile de passer inaperçu quand on investit 4 millions d'euros dans le secteur du végétal en Anjou. Conscient des soubresauts rencontrés ces dernières années par nombre d'entreprises de l'horticulture et des pépinières de la région, Christophe Béchu, le président de l'agglomération d'Angers, ne s'y est pas trompé en venant visiter lundi le nouveau site de production des Pépinières Lepage, et ce quelques jours avant son inauguration officielle.

"En ces temps de rentrée, venir saluer ceux qui investissent et ne se résignent pas à ce que 70% des plantes commercialisées en France soient issues de l'importation, ça a du sens", a d'ailleurs insisté le patron de l'agglo, rappelant d'abord la place des Pépinières Lepage dans l'histoire végétale angevine puis l'importance pour le pôle de compétitivité Végépolys de pouvoir compter sur des entreprises innovantes.

Plus que d'innovation, ne convient-il pas mieux de parler de révolution pour cette PME ? Car après cinq ans d'études et de travaux, les Pépinières Lepage viennent de quitter leur site historique du chemin des Perrins aux Ponts-de-Cé pour emménager dans un tout nouveau site de production ultra-moderne de 25 ha, d'un seul tenant, dans le quartier de Sorges. Un déménagement lui-même lié à un autre projet d'envergure, celui du quartier des Hauts-de-Loire aux Ponts-de-Cé dont la réalisation rendait impossible toute extension de l'entreprise.

"Entre la rocade et la route des Perrins, vous étiez coincés. Et je suis ravi de voir qu'avec cette contrainte, nous avons contribué à cette réalisation" a rappelé Joël Bigot, le maire des Ponts-de-Cé, présent en compagnie d'une partie de son équipe municipale. Pour mener à bien la "réalisation" en question, Christian Crépin, le patron des Pépinière Lepage, s'est appuyé sur la Sodemel pour la partie foncière, et sur un bureau d'étude spécialisé pour tout ce qui relève de la conception : Physalid.
"Le premier enjeu a été d'imaginer un transfert dans un site qui n'engendre pas de rupture de fonctionnement." Benoit Paitreault, Physalid

Basé à Savennières et spécialisé dans la conception de grandes serres de production, c'est ce bureau, en relation avec l'architecte (Eric Labatut de Cholet), qui a assuré la maitrise d'ouvrage jusqu'à son terme avec des enjeux de taille. "Le premier a été d'imaginer un transfert dans un site qui n'engendre pas de rupture de fonctionnement, souligne Benoît Paitreault, l'un des co-gérants de Physalid. Le second, de concevoir des serres qui permettent de garder les caractéristiques des cultures extérieures que pratiquent l'entreprise."

Christophe Béchu, le président d'Angers Loire Métropole se fait expliquer le fonctionnement de la ligne automatisée de rempotage. Un équipement sur mesure qui a coûté à lui-seul près de 600 000€.
Christophe Béchu, le président d'Angers Loire Métropole se fait expliquer le fonctionnement de la ligne automatisée de rempotage. Un équipement sur mesure qui a coûté à lui-seul près de 600 000€.
Unique en France pour un site de production de plantes vivaces, une impressionnante serre d'élevage d'1 ha accueille ainsi les visiteurs. Entièrement découvrable (par gestion informatique) sur le toit et les côtés, elle dispose aussi, comme l'ensemble des planches de cultures extérieures, d'un système de récupération des eaux d'arrosage et de pluies. Un système d'arrosage optimisé a aussi été mis en place pour concentrer l'apport d'eau sur la plante. "Avec une capacité de 200 m3 via les toits et 400 m3 sur les terrains extérieurs, on pourrait presque envisager l'autonomie" précise Christian Crépin. Plus sûrement, il espère une baisse de 30% de la consommation d'eau de l'entreprise.

Autre innovation, des bordures en béton poreux ont été installées pour délimiter les planches et éviter de recourir au désherbage chimique. Enfin, une ligne de rempotage automatisée a été installée, sur mesure. "Les emplois concernés ont été redéployés et il n'y a pas eu de suppression de postes. En gagnant en compétitivité, l'idée, c'est bien se mettre en position de faire face aux entreprises néerlandaises et allemandes. " commente Emmanuel Robinson, le directeur de communication des Pépinières Lepage.

Avec son catalogue de quelques 2500 variétés de plantes vivaces, sa vingtaine de salariés et un chiffre d'affaires d'environ 2M€, l'entreprise voit l'avenir avec optimisme. La preuve, elle a remporté un marché de 360 000 plantes -le plus gros de son histoire à ce jour- destinées au projet "Les Villages Nature" porté en région parisienne par les groupes Pierre et vacances et Euro Disney.

180 ans d'histoire...
L'histoire des Pépinières Lepage remonte à 1830. A cette époque, Jean Lepage est surtout connu pour son travail sur les roses. Au XXe siècle, ses héritiers se diversifient dans les plants de vigne greffés et les arbres fruitiers. Deux de ses trois petits-enfants développeront également les plantes ornementales avant de fusionner avec les pépinières Minier. Mais un troisième préférera, par passion, se tourner vers les plantes vivaces. La pépinière Emmanuel Lepage est créée en 1960, puis reprise par son fil, Luc André en 1971 lequel assurera son développement commercial. Regroupé sur le site des Hauts-de-Loire aux Ponts-de-Cé en 1985, les activités seront reprises en 2003 par deux anciens de chez Alctatel, Christian Crépin et Michel Le Damany.
 




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1.Posté par Gilardeau le 01/09/2015 11:05 | Alerter
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On remarquera que l'initiative, le sens de l'entreprise, ainsi que l'innovation technologique pour assurer la compétitivité sont 100% Anjou, bravo !








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