Le nouvel opus des frères Coen : Inside Llewyn Davis


Rédigé par cinéma-audiovisuel Lycée Renoir - Angers, le Mardi 12 Novembre 2013 à 14:05


Après True Grit sorti en 2010, les frères Coen nous emmènent à Greenwich Village, dans les années 60. Nous y suivons une semaine de la vie de Llewyn Davis, un jeune chanteur folk, accompagné de sa guitare, et de son chat. Il ne souhaite vivre que par sa musique, mais s'y prend très mal.



Inside Llewyn Davis- Photo Oscar Isaac - Allociné  © StudioCanal
Inside Llewyn Davis- Photo Oscar Isaac - Allociné © StudioCanal
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Inside Llewyn Davis s’inspire de la vie de Dave Van Ronk, chanteur de folk à New York. Le personnage de Llewyn, incarné par Oscar Isaac, vit le même cheminement que Dave Van Rock et hésite lui aussi entre sa passion pour la musique et la marine marchande. Nous le suivons au gré de ses errances, mené par son seul désir de vivre de sa musique, sans bien savoir comment gagner sa vie au quotidien.

Le film commence par un gros plan d’un micro, le spectateur entend en hors-champ une chanson folklorique, «Pendez-moi, Oh Pendez-moi, et je serai mort et enterré » qui est un titre de Dave Van Ronk. Cette chanson nous apaise et nous plonge petit à petit dans le récit. Tout le film est un voyage dans la musique folk. Les chansons sont données à entendre jusqu'au bout, ce qui crée un sentiment de bien-être chez le spectateur et l’impression que le temps s’arrête. Les gros plans sur Llewyn Davis, très présents dès qu'il chante, font partager la passion du personnage aux spectateurs. Dès lors, le titre du film tient ses promesses, nous avons véritablement l'impression d'entrer dans l'intériorité du personnage, dans ses émotions.

Llewyn Davis est un personnage qui, on peut le dire, échoue dans tout ce qu’il entreprend. Les frères Coen avaient déjà utilisé ce genre de personnage par exemple dans le film The Big Lebowski (1998) avec le personnage du looser paresseux au nom de Jeffrey Lebowski ou encore dans O’ Brother (2000). Llewyn, lui, n'est pas paresseux, il ne ménage pas ses efforts pour vivre de sa musique, il est surtout pris entre sa passion pour la musique folk et son attirance pour la marine marchande. Nous sommes là, à ses côtés, comme témoins de ce qu’il lui arrive. Le spectateur ne peut qu’éprouver, pour ce jeune musicien, de l’affection.

Inside Llewyn Davis est un film reposant, voire apaisant. La lumière n’est jamais violente. Elle est dirigée vers les personnages pour que le spectateur se focalise dessus. Les contrastes sont assez présents, comme lorsque Llewyn Davis chante, ce qui montre sa solitude, ou bien lors des scènes de bar. Les couleurs dominantes du film sont froides, dans les gris ou bleus. Cela souligne la tristesse du personnage. Le quotidien de Llewyn, même le plus dur, devient presque poétique grâce au beau travail de la lumière du chef opérateur (Bruno Delbonnel) et grâce à l'étalonnage.

Les frères Coen filment la durée, ainsi cette route sans fin qu'emprunte le personnage lorsque qu’il se rend à Chicago. Le spectateur est invité à éprouver le temps et sa mélancolie, comme le personnage. Cette séquence en particulier, est toutefois l'occasion pour les frères Coen, de scènes comiques comme ils en ont le secret. Elle vient dynamiser l'errance de Llewyn.

Inside Llewyn Davis, comédie mélancolique, nous révèle que la musique est la voix de l'intériorité. A voir et à entendre, au plus vite.

Angélique












Angers Mag