Le pacte républicain sera mis en œuvre, mais soulève quelques questions...


Rédigé par - Angers, le 01/12/2015 - 07:55 / modifié le 28/05/2016 - 09:38


Le conseil municipal a approuvé, dans sa très grande majorité, la mise en œuvre d'un Pacte républicain, à l'échelle de la ville. Un pacte qui s'appuie notamment sur deux piliers principaux, au lendemain des attentats de Paris : la sécurité et la laïcité, par le biais d'une charte à la rédaction de laquelle de nombreux partenaires seront associés.



Le Pacte républicain a été présenté lundi soir lors du conseil municipal à Angers.
Le Pacte républicain a été présenté lundi soir lors du conseil municipal à Angers.
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Pas de surprise ni d'effet d'annonce : lors de sa conférence de presse d'avant-conseil, vendredi dernier, le maire d'Angers, Christophe Béchu, s'était largement étendu sur les contours du Pacte républicain qu'il souhaitait soumettre à la sagacité des conseillers municipaux (voir notre article sur le sujet).

Avant de plonger dans le cœur des délibérations et après avoir observé une minute de silence - il s'agissait du premier conseil municipal "post-attentats" - l'élu Les Républicains a donc réexpliqué la démarche entreprise avec sa majorité, appuyé en cela par deux de ses adjoints, Jeanne Robinson-Behre sur le volet sécurité, et Faten Sfaïhi sur le volet laïcité.

Pas de surprise, donc, mais une vraie curiosité à assister aux échanges qui suivraient. Des échanges réduits à peau de chagrin : pas facile de faire montre d'un quelconque désaccord en ces temps d'émotion et d'union nationale. La minorité avait donc décidé de ne s'exprimer qu'à une reprise, par la voix de son leader, Frédéric Béatse : "Nous regrettons sur la forme le fait de ne pas avoir été associés à ce texte, comme Jacques Auxiette a pu le faire, par exemple, avec l'ensemble des partis à la Région", estime ainsi l'élu socialiste, après s'être associé à l'émotion et à la solidarité exprimées auparavant.
"Le Pacte républicain, c'est un tout, et nous aurions aussi précisé que la vidéo-surveillance devait être raisonnée et ciblée, mais parlé aussi de la place de la prévention et des actions de terrain" - Frédéric Béatse

Sur la forme, l'ancien maire a bien souligné que cette délibération n'aurait sans doute "pas été écrite de la même façon", si la minorité y avait été associée. Il y aurait eu "des compléments sur le Pacte républicain, en réaffirmant notamment la valeur de fraternité, essentielle", mais également "la place de l'associatif, filet de soutien, d'accompagnement et de promotion sociale" fondamental pour "le vivre ensemble. Le Pacte républicain, c'est un tout, et nous aurions aussi précisé que la vidéo-surveillance devait être raisonnée et ciblée, mais parlé aussi de la place de la prévention et des actions de terrain."

Quelques réserves, donc, mais pas assez pour aller contre le Pacte républicain proposé. "La solennité, la spécificité, l'atrocité du moment appellent à passer outre ces différences et c'est pourquoi - et c'est un point de vue personnel - j'ai un avis positif à condition que la minorité soit associée à la rédaction de la charte de la laïcité. Nous gagnerons également à ce qu'elle soit discutée dans la cité, pour qu'elle soit vivante, relayée et adaptée à la ville", conclut Frédéric Béatse.

"J'entends pleinement ce que vous dites", reprend Christophe Béchu, assurant au passage que de nombreux partenaires -notamment sociaux- seraient associés à la rédaction de la charte, "mais j'adhère totalement aux propos tenus par le Premier ministre : on ne peut pas chercher d'excuses sociales à l'ignominie des actes commis. Insister sur les réponses sociales, ce serait une manière de déresponsabiliser pour partie les terroristes de Daech. Il faut donc évacuer toute forme de circonstances atténuantes, car enfin, on ne peut pas dire que les réponses sociales ont été inexistantes. Si nous maintenons notre politique de la ville, c'est un sujet au long cours, mais ça n'est pas le cœur du sujet, maintenant".
"Il faut donc évacuer toute forme de circonstances atténuantes, car enfin, on ne peut pas dire que les réponses sociales ont été inexistantes. Si nous maintenons notre politique de la ville, c'est un sujet au long cours, mais ça n'est pas le cœur du sujet, maintenant" - Christophe Béchu

Fin des échanges, puis vote à main levée : une quasi-unanimité, moins les trois voix abstentionnistes d'Estelle Lemoine-Maulny, Vincent Dulong (EELV) et Chadia Arab. Pas question pour eux d'être accusés de trahison ou de récupération politicienne mais, sur le fond comme sur la forme, le compte n'y est pas. "Il y a la question de la méthode : on découvre vendredi après-midi, à l'ordre du jour, un dossier pour information sur lequel il faudra qu'on vote", explique Vincent Dulong. "En quoi ce texte était-il urgent ? Nous avons un autre conseil dans 15 jours, où nous aurions pu réunir l'ensemble des composantes du conseil municipal sur un texte. Celui-ci n'est porté que par la majorité. Or l'unité ne s'impose pas, elle se construit."

Voilà pour la forme. Sur le fond, le conseiller EELV a "un gros doute sur le fait d'insérer dans un texte comme celui-ci la question de la vidéo-surveillance, à laquelle nous avons toujours été opposés". Chadia Arab estime pour sa part que "restreindre le pacte républicain aux questions de sécurité et de laïcité" est dommageable. "La République porte de nombreuses autres valeurs !" Et regrette que "l'octroi de subventions et la mise à disposition des salles soient conditionnés à la signature d'une charte de la laïcité dont on ne connaît pas le contenu !"
En clair, une fois la charte rédigée, on pourra rediscuter de ce conditionnement.

La présentation de la Charte de la laïcité permettra-t-elle une convergence de vues ?




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par marc gicquel le 01/12/2015 16:04 | Alerter
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Merci aux 3 élus qui veulent que la démocratie continue à vivre malgré les attentats. Ce n'est pas moins de liberté pour plus de sécurité, comme de nombreux moutons le claironnent, mais la liberté ET la sécurité. Depuis quand (en violant le Code des Communes ?) des élus doivent-ils voter un texte remis à la va vite, et qui aurait pu attendre 15 jours de plus ? On sait que Valls avait peur que la loi sur l'état d'urgence soit invalidée par le Conseil Constitutionnel…et c'est pour cela qu'il s'...















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