Le pari d'un monde connecté

Electronique, l’heure du renouveau pour Angers ? #4


Rédigé par - Angers, le 04/06/2015 - 07:48 / modifié le 04/06/2015 - 07:58


Le Président de la République, François Hollande, inaugurera le 12 juin prochain la Cité de l'objet connecté d'Angers. Depuis un peu plus d'un an, le projet –adopté dans le cadre national de la Nouvelle France industrielle- porte les espoirs de la filière électronique et numérique française, en même temps que celui de la réindustrialisation du territoire. Explications dans ce 4e volet consacré au renouveau électronique de la région angevine.



Thierry Sachot, l'un des hommes forts d'Eolane, est le président de la Cité de l'objet connecté.
Thierry Sachot, l'un des hommes forts d'Eolane, est le président de la Cité de l'objet connecté.
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L’autoroute de Paris est à quelques centaines de mètres, le parc des expositions se pose en voisin. Il y a quelques semaines, ce qui était jusqu’alors le site de Radio Comptoir de l’Ouest est devenu la Cité de l’objet connecté. La première du nom, tout sauf un détail. Car c’est bien une usine d’un nouveau genre que ceux qui portent le projet (voir plus bas) depuis l’automne 2013 comptent inaugurer à Saint-Sylvain d'Anjou. En s'appuyant sur une perspective : celle d'un marché équivalent à 80 milliards d'objets connectés, à l'horizon 2020.

« Il s’agit d’une plateforme d’innovation culturelle », détaille le directeur de la Cité, Philippe Ménard. « Certains parlent de Fab Lab augmenté, moi je préfère le terme de mini-usine. La Cité se démarque du Fab Lab, car les projets qui y entreront bénéficieront d’un équipement industriel de premier ordre pour façonner et faire évoluer leur prototype jusqu’à maturité. »

En clair, les porteurs de projets –des start-up unitaires ou des succursales de grands groupes, par exemple- arrivent à la Cité avec un concept et en ressortent quelques mois plus tard avec une présérie de quelques centaines ou milliers de produits. « Entre les deux, nous leur offrons tout ce dont ils ont besoin en terme d’accompagnement », reprend Philippe Ménard.

Autour des 3500 m2 du cœur du dispositif, on trouvera de nombreux métiers répondant à cet objectif, « du bureau d’études Recherche et développement au labo, en passant par les spécialistes du financement ou de la comptabilité/ressources humaines, mais également un showroom ou un living lab ».
« En France, nous avons l’habitude des processus longs, élaborés : tout le tissu indutsriel a été organisé autour de ça. Or, sur le marché de l’objet connecté, la prime est au 1er, l’approche est totalement différente » - Thierry Sachot (Eolane), président de la Cité de l'objet connecté

Le « tour de table » organisé pendant plusieurs mois a permis de réunir autour de ce projet dix-sept associés, industriels locaux (Qowisio, CDPlast Engineering, Mecareso, Hubert Chevalier, Process, Moulanjou...) mais également des mutuelles (Harmonie Mutuelle, Inter Mutuelles Téléassistance) et des grands groupes prescripteurs ou créateurs de projets (Orange et Bouygues, m2ocity, Docapost, Air Liquide. « Tout s’est accéléré dans les derniers moments », note Thierry Sachot (Eolane), président de la Cité, qui porte le projet avec Eric Carreel (Withings, entre autres) depuis l’automne 2013. « Nous avons drainé un intérêt croissant qui dépasse l’idée centrée sur la seule réalisation de l’objet. Elle reste le point d’ancrage, mais l’environnement en amont et en aval est fondamental pour répondre aux besoins actuels ».

Quel est-il justement, ce besoin ? Répondre à un usage, et dans un laps de temps très court. « En France, nous avons l’habitude des processus longs, élaborés : tout le tissu indutsriel a été organisé autour de ça. Or, sur le marché de l’objet connecté, la prime est au 1er, l’approche est totalement différente », avance Thierry Sachot. En deux mots, il faut aller vite : d’où le guichet unique, l’accélérateur de projets ou la transversalité de métiers qui, traditionnellement, ne dialoguent pas, réunis sur le même site.

Le fonctionnement schématique de la Cité...
Le fonctionnement schématique de la Cité...
Voilà pour le fond du projet, dans lequel Eolane, l’actionnaire majoritaire de la Cité de l’objet connecté, trouve une réelle opportunité « de se faire repérer dans un secteur avec une dimension grand public ».
Plusieurs questions restent pour autant en suspens. L’une d’elles concerne les retombées pour le territoire, au-delà du rayonnement de la ville. « C’es difficile à dire, mais à l’horizon de 5 ans, si 20 % des projets sont réalisés, ça peut représenter 400 à 500 emplois sur la région », assure Thierry Sachot. « Le but, c’est aussi que la production de séries s’appuie sur l’environnement local… »

Autre interrogation, portée celle-ci par plusieurs entreprises du territoire : quelle place pour le mot « connecté », dans l’expression « objet connecté » ?  « Le cœur de l’offre de la Cité, c’est l’objet » assume Thierry Sachot, « mais nous aurons autour de nous des solutions technologiques qui vont s’accrocher à notre projet ».

Rendez-vous dans un an pour un premier bilan ?

En attendant pour en savoir plus : www.citedelobjetconnecte.com et un compte Twitter : @IOT_city

Elements de contexte...
La Cité de l’objet connecté est l’un des éléments phares du plan Objets connectés, l’un des  34 chantiers -revus depuis à 10- du programme de la Nouvelle France Industrielle, lancée par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg à l’automne 2013.

Il est porté par le fondateur de Withings, Eric Carreel, et par des industriels locaux, le groupe Eolane en tête (qui investit, avec près de 700 000 €, la moitié du capital de départ de la Cité). C’est la proximité historique entre ces deux acteurs majeurs –Eolane a accompagné Eric Carreel dans la fabrication de ses premières créations- qui explique en grande partie, en même temps que le riche passé électronique de la ville, l’installation de la Cité des objets connectés à Angers, validée le 18 juin 2014 par le ministère.

Après avoir longtemps été attendue sur le site de l’ancienne usine Valéo à La Roseraie, elle a vu le jour finalement à Saint-Sylvain d’Anjou, sur l'ex-site de Radio Comptoir de l’Ouest (RCO). L’agglo d’Angers, qui s’en est rendue propriétaire, a également pris en charge l’adaptation du site, avant de le louer aux porteurs du projet. Sur la surface totale du bâtiment (10 000 m²), 2 000 m² sont attribués à la Cité de l’Objet Connecté. Une extension pourra être envisagée dans le futur avec l’ouverture d’un espace production.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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