Le patron du Medef Anjou croit au "retournement" économique


Rédigé par - Angers, le 10/01/2017 - 07:45 / modifié le 11/01/2017 - 08:06


Les signes répétés d'amélioration sur le front de l'emploi et du chômage ont donné une couleur plutôt optimiste lundi soir aux vœux de Bertrand Schaupp, le président du Medef Anjou. Si la santé de l'économie angevine est contrastée - crise horticole oblige-, il voit dans le développement numérique un levier positif pour son avenir.



Bertrand Schaupp, le président du Medef Anjou.
Bertrand Schaupp, le président du Medef Anjou.
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Il y a un an, vos voeux traduisaient une vraie inquiétude quant à la situation économique, l'optimisme est de retour ?

"Il y a une situation nationale qui est tout à fait intéressante aujourd'hui avec des chiffres, sur le climat d'affaires, qui se rapprochent de ce que l'on avait connu en 2011 -une baisse du chômage, un taux de création d'emploi de +4,4% au mois de novembre- qui montrent qu'on est proche du retournement. En Anjou, c'est plus contrasté."

Pourquoi ?

"Des secteurs d'activité souffrent énormément, notamment l'horticulture, et nous pénalisent de facto dans la reprise. Mais d'autres connaissent aussi de vraies réussites. Sur l'agglo d'Angers, nous avons 700 entreprises qui relèvent du secteur numérique et de l'informatique, et pèsent aujourd'hui près de 4 500 salariés. Sur ce secteur, le triangle Angers-Nantes-Rennes est unique en Europe. Et l'annonce de l'organisation du World Electronic Forum en octobre à Angers est, à cet égard, une excellente nouvelle pour ce secteur et pour notre territoire."

Arrêtons-nous d'abord sur les difficultés du monde horticole. Levavasseur et Gaignard ont été liquidées, Sicamus est redressement et d'autres souffrent. Comment analysez-vous la situation ? 

"Je veux d'abord préciser que le végétal, ce sont aussi les semences, le maraîchage etc... Ce qui souffre aujourd'hui, c'est l'horticulture parce que les habitudes des consommateurs ont changé et que la concurrence internationale est féroce notamment outre-Rhin. Va t-on assister à un effet domino, je ne suis pas en mesure de le dire mais c'est un risque. Néanmoins, nos entreprises ont certainement un problème d'adaptation de leurs outils, de business modèle qui doit intégrer l'évolution numérique notamment dans la présentation de leurs produits. L'horticulture a un travail de refondation à faire sur notre territoire mais ce n'est pas pour autant que tout est fichu. Certains s'en sortent plutôt pas mal."

Et le départ à Angers du salon du végétal ?

"Les Angevins ne l'acceptent pas. Et ils se battent pour organiser un autre événement. Je pense que le report de Plant Event est une bonne chose. S'il s'agit de faire différent et mieux, il est préférable d'attendre."
Numérique : "Ce qui est intéressant chez nous, c'est qu'on a des chefs d'entreprises qui arrivent à chasser en meute

L'économie numérique angevine devra elle-aussi faire face à la concurrence. Quels atouts lui voyez-vous ?

"Ce qui est intéressant chez nous, c'est qu'on a des chefs d'entreprises qui arrivent à chasser en meute. Et des entreprises déjà présentes à l'international comme Eolane ou Evolis qui peuvent entraîner les autres. Mais nous avons aussi des starts-ups qui marchent très fort, je pense à Qowisio. Il y a bien un paradigme angevin du numérique et il faut aller à fond là-dessus."

2017, c'est aussi une année électorale et donc de débats. On a le sentiment que les entreprises n'ont jamais été couvées des yeux de nos responsables politiques, non ?

"Ce que l'on ressent, c'est que de plus en plus les politiques admettent que les solutions qui pourraient être adoptées pour aider le pays, passent notamment par l'entreprise. Quand on voit comment le gouvernement s'est battu, malgré des avalanches d'amendements, pour faire passer l'inversion de la hiérarchie des normes dans l'article 2 de la loi El Khomri ou comment on a pu sauver les conditions de licenciement dans le cadre de certaines conditions économiques, j'ai le sentiment que l'on progresse. Le Medef, à plusieurs niveaux, s'engage et s'engagera dans le débat public."

Quel est l'enjeu ?

"Quand on regarde les entreprises allemandes, on a 90 milliards d'écart de coût -fiscal et social- avec les entreprises françaises. Un ensemble d'habitudes ont été prises chez nous qui nous pénalisent. C'est aussi à nous, chefs d'entreprises, de donner envie aux jeunes de s'investir et d'entreprendre."




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1.Posté par barreau le 10/01/2017 10:29 | Alerter
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Ce Monsieur (comme les angevins d'ailleurs) prend ses désirs pour des réalités : tout le monde connait l'axe "Nantes-Rennes" mais le triangle "Angers-Nantes-Rennes" n'existe pas.








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