Le renouvellement urbain s’affine pour Belle-Beille et Monplaisir


Rédigé par - Angers, le 29/11/2016 - 08:14 / modifié le 01/12/2016 - 10:08


Le conseil municipal d’Angers a été le théâtre d’une présentation, dans les grandes lignes du Nouveau projet de renouvellement urbain des quartiers de Belle-Beille et Monplaisir. Une question désormais portée le conseil communautaire, mais qui inétresse au tout premier chef les Angevins. La collectivité défendra son projet, du point de vue technique, à la mi-décembre.



La semaine passée, ces anciennes résidences universitaires de la place Dauversière ont été démolies à Belle Beille, dans le cadre du Nouveau programme national de rénovation urbaine (photo Angers Loire Habitat).
La semaine passée, ces anciennes résidences universitaires de la place Dauversière ont été démolies à Belle Beille, dans le cadre du Nouveau programme national de rénovation urbaine (photo Angers Loire Habitat).
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Ce qui va se passer, ces 10 prochaines années, dans les quartiers de Belle-Beille et Monplaisir, n’a rien d’anodin. A l’instar des programmes de renouvellement urbain qui ont eu lieu à La Roseraie et Verneau (toujours en cours) au tout début des années 2000, le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) portée par la collectivité entend « redonner toute leur place à ces deux quartiers. Il s’agit à la fois d’un désenclavement et de la modification de l’image qu’en ont les Angevins », avance Christophe Béchu.
 
Ça n’est évidemment pas la première fois que ce dossier essentiel se fait jour au sein du conseil ou au fil de ces colonnes. Un simple chiffre suffit à en comprendre l’ampleur : l’ensemble des opérations liées de près ou de loin à ce NPNRU concerne plus de 20 000 habitants et représente près d’un demi-milliard d’euros d’investissements, répartis entre la collectivité locale, les bailleurs sociaux –qui portent l’essentiel des dépenses engagées- et l’Etat.

Ce dernier a d’ores et déjà, par le biais de l’Agence nationale de renouvellement urbain, autorisé le début des travaux, au printemps dernier, et débloqué 1,35 M€ de crédits pour ce faire. Mais il reste encore plusieurs étapes à franchir : au printemps 2017, un grand oral « politique » aura lieu devant l’Anru, qui conditionnera pour partie la hauteur de financement de l’agence, pour ce NPNRU.

Mais avant cela, un grand oral « technique », sans élu, aura lieu mi-décembre, devant la même ANRU, qui précisera opération par opération, bâtiment par bâtiment, rue par rue… ce que sera le renouvellement urbain des quartiers de Belle-Beille et Monplaisir.
« C’est en quelque sorte une relecture d’un mémoire de thèse par celui qui vous a supervisé », résume le maire d’Angers et président de l’agglo, Christophe Béchu. Car si le dossier a été présenté lundi soir en conseil municipal, c’est bien désormais la communauté urbaine qui a la compétence en la matière.
 
Anecdotique ? Pas tant que cela. Sans entrer par le menu dans le NPNRU et le dossier qui sera livré à la sagacité des membres de l’ANRU, le volet « logements » permet à lui seul de mesurer l’ambition de ce programme. Comme pour la Roseraie, il est marqué par une très forte restructuration de l’habitat, principalement sur Monplaisir. Des chiffres, toujours : sur Belle-Beille, 561 logements seront détruits, 648 réhabilités, et 865 logements neufs construits ; à Monplaisir, 326 logements seront détruits, 2300 réhabilités et 510 construits.
L’une des singularités de ce NPNRU repose sur la politique de reconstruction envisagée. Le quartier de Belle-Beill compte aujourd’hui 50 % de logements sociaux, ils sont plus de 65 % à Monplaisir. Or, les logements sociaux qui seront détruits ne seront pas reconstruits au cœur de ces quartiers, mais sur l’ensemble du territoire de l’agglomération angevine. « L’ambition, c’est de faire progresser la mixité sociale, mais également la mixité des formes urbaines sur les quartiers », avance Christophe Béchu. Le corollaire, c’est plus de logements en accession privée au cœur de ces quartiers.
« L’ambition, c’est de faire progresser la mixité sociale, mais également la mixité des formes urbaines sur les quartiers »

Voilà pour le volet habitat, qui devra s'accompagner d'une réelle vigilance "sur la politique de relogement", prévient la conseillère d'opposition Rose-Marie Véron. On sait d'ores et déjà que le dossier présenté, et son chiffrage, prend en compte les subventions qui devraient permettre de ne pas augmenter les loyers, comme ce fut le cas lors de la rénovation urbaine de La Roseraie.

Stratégie d'ensemble sur le quartier de Monplaisir.
Stratégie d'ensemble sur le quartier de Monplaisir.
Quoi retenir de ce programme ? Des priorités, et un trait commun : comme lors du précédent Projet de rénovation urbaine (PRU), une ligne de tramway va relier les deux quartiers impactés par cette nouvelle rénovation urbaine.

Au-delà de ça, ces deux quartiers ont des caractéristiques différentes. A Belle-Beille, il s'agira de "connecter" trois secteurs existants, "qui vivent plus les uns à côté des autres que les uns avec les autres", insiste Christophe Béchu : l'habitat, le campus universitaire et les espaces d'activités. Le NPNRU privilégiera la diversité sociale, génération et d'usage sur le territoire, la mise en valeur des paysages, avec des trames vertes reliant les différents espaces, l'intermodalité avec l'opportunité de l'arrivée du tramway et l'innovation. Enfin, le centre commercial Beaussier sera entièrement repensé.

Du côté de Monplaisir, en plus de l'accueil du tram, le cœur de l'opération se situera place de l'Europe et ses alentours immédiats. On note également la diversification et l'extension des formes d'habitats. Mais la vraie originalité du projet réside sans doute dans la prise en compte de la question scolaire. "Il y a une réelle ambition partagée avec le Conseil départemental (qui gère les collèges NDLR) et le Conseil régional (qui gère les lycées NDLR) sur le plan de l'éducation, avec la création d'une cité scolaire", explique Christophe Béchu.

Présentation "facultative" au sein de l'assemblée municipale, le dossier NPNRU sera largement abordé lors du conseil d'agglomération du lundi 12 décembre prochain.

Gilles Mahé, Rose-Marie Véron et Frédéric Béatse ont arboré durant tout le conseil municipal un t-shirt reprenant la campagne d'affichage anti-VIH.
Gilles Mahé, Rose-Marie Véron et Frédéric Béatse ont arboré durant tout le conseil municipal un t-shirt reprenant la campagne d'affichage anti-VIH.
"Chahuté", en dehors comme à l'intérieur. Il fallait s'y attendre, la décision prise par la majorité angevine, la semaine passée, d'inciter fortement l'entreprise JC Decaux à retirer la campagne d'affichage anti-VIH n'est pas restée sans suite. Lors du conseil municipal, les membres de l'opposition angevine ont ainsi arboré un t-shirt blanc flanqué des visuels de cette même campagne. Et c'est Alain Pagano (Parti communiste) qui est sorti du bois à la toute fin du conseil : "J’ai souvenir que dans votre campagne électorale vous aviez dit et écrit « un maire ne devrait pas diviser ». Manifestement, avec votre décision, c’est le cas. Je vous demande donc, je demande à chaque conseiller de la majorité, de mettre en application cette promesse de campagne. C’est de notre responsabilité collective."

"Je vous remercie de la tonalité de votre question", répond Christophe Béchu, "qui tranche avec l'outrance et le déferlement auxquels j'ai eu droit. La démocratie, c'est d'abord le respect : dénaturer une décision en expliquant qu'elle est motivée par de l'homophobie, c'est abject. Quand on entend des manifestants crier "Béchu au bûcher", on n'est pas dans le respect ni dans un débat politique normal."
​S'il dit assumer pleinement la décision prise, le maire formule tout de même un regret : "Le fait que certains aient pu être blessés par cette décision, ça me blesse, car elle n'est ni stigmatisante, ni homophobe, ni hostile à des objectifs de prévention. Dire le contraire est insultant, diffamant et contraire à la réalité de l'action que nous conduisons au sein de cette municipalité."
A l'extérieur de l'enceinte du conseil, une trentaine de personnes, réunis autour des Jeunes communistes et des étudiants de l'Unef, ont aussi manifesté leur opposition à cette prise de position. 




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1.Posté par Driggens le 29/11/2016 13:03 | Alerter
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Je trouve ça étonnant, cette polémique à propos du retrait des affiches.

Personnellement, quand j'ai appris ça, je n'ai pas été choqué du fait que toutes les affiches représentes des couples homosexuels.
A croire que le VIH ne touchent pas les hétéros...

Il me semble bien plus choquant de tolérer une telle campagne d'affichage stigmatisant les homos de "porteur du Sida" que de la faire retirer.

Le problème dans cette affaire est un manque de communication naïf de monsieur Béchu.

2.Posté par Merci le 29/11/2016 16:59 (depuis mobile) | Alerter
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On doit comprendre quoi nous?il n y a que que les gays qui ont le sida??!! ET ba bon sang le message plein de stereotype!Super les gays sont ravis de savoir que le sida ne concernent qu eux! Merci a notre maire d avoir décidé de les retirer!

3.Posté par Agathe le 30/11/2016 09:26 | Alerter
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Des hétéros qui feignent de s'offusquer d'une pseudo stigmatisation des gays pour mieux masquer leur homophobie, car, bien qu'ils s'en défendent, c'est bien de cela dont il s'agit : l'homophobie ordinaire, celle qui ne dit pas son nom et que l'on voit fleurir dans le débat public, au travail, dans sa propre famille, et sur les réseaux sociaux. Les jeunes homos se suicident 4 fois plus que les autres.


Cette campagne ne stigmatise pas, elle cible une population à risque : "il faut cibler les pop...

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