Le ruban blanc : à l'aube des années noires


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Lundi 26 Octobre 2009 à 10:00


1913-1914 : dans un petit village allemand, d'étranges crimes restent impunis et ressemblent de plus en plus à un rituel punitif.



Martin, fils du pasteur, porte le ruban blanc, censé lui rappeler la pureté et le bien.
Martin, fils du pasteur, porte le ruban blanc, censé lui rappeler la pureté et le bien.
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Tout commence par "l'accident" du docteur. Dans ce petit village d'avant-guerre, tout le monde connaît tout le monde, mais personne n'a vu, personne ne sait. Les enfants, membres de la chorale dirigée par l'instituteur (et narrateur) sont soumis à leurs parents. Docteur, régisseur, sage femme et fermiers, tous obéissent au baron.

Filmé sans couleurs et sans musique off, le suspens est maintenu par les hors champs et les non-dits. La communauté est emprisonnée dans le protestantisme le plus rigoureux, qui conduira aux horreurs des tranchées. Haneke, en tant que cinéaste et psychologue, dissèque l'âme noire de tout un village au fil des saisons. Le noir et blanc est à l'image du film, qui confronte la noirceur du père à la candeur des oiseaux. Dans ce film, les parents contrôlent d'une main de fer leurs enfants et leurs domestiques. C'est un film qui parle de vengeance abjecte et de justice aveugle.

Les acteurs sont formidables, les enfants comme les parents. On retrouve les traits durs et marqués du pasteur face à ceux angéliques de son fils, ce qui soulève la question de l'éducation, qu'elle soit religieuse ou politique. Le spectateur reste haletant tout au long du film, ignorant quelle main a déverrouillé la boîte de Pandore, libérant une vague de souffrance qui s'abat sur la bourgade. Le film se finit sur l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, et donc le début de la guerre des tranchées.

Michael Haneke signe ici l'un de ses plus beaux films, confirmant ainsi sa très grande maîtrise de l'écriture, de la photographie et de la réalisation.

Matthias.











Angers Mag