Le singulier matériau de Francis Limérat exposé au Musée des Beaux-Arts


Rédigé par - Angers, le Jeudi 4 Décembre 2014 à 15:16


Du 6 décembre au 15 mars 2015, dans le cadre des "Saisons des musées", le Musée des Beaux-Arts met en lumière la donation faite par Francis Limérat en 2012 de 14 œuvres originales. L'artiste et ancien professeur des Beaux-Arts d'Angers y révèle la cohérents et la singularité de son parcours, bâti autour du voyage et d'un matériau : le bois.



Francis Limérat a fait donation de 14 de ses œuvres, représentant près de 40 ans de création, au Musée des Beaux-Arts, en 2012.
Francis Limérat a fait donation de 14 de ses œuvres, représentant près de 40 ans de création, au Musée des Beaux-Arts, en 2012.
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Faisant fi de l'analyse, d'une quelconque connaissance en histoire de l'art ou de grille de lecture préétablie, le jugement d'un enfant sur une œuvre d'art est le plus empirique qui soit, en même temps que le plus spontané. Empirique et spontané, donc, mais souvent d'une justesse étonnante. Ainsi, en passant dans la salle du Musée des Beaux-Arts qui accueille jusqu'au 15 mars prochain 14 œuvres de Francis Limérat, un jeune élève a eu ce cri du cœur : "Tiens, c'est du bois peint !"

S'il serait aberrant de limiter la donation de l'artiste parisien à cette simple expression, elle révèle pourtant bien l'essence même du travail de Francis Limérat. Un travail "singulier et cohérent", avance François Jeune, peintre et professeur à qui l'on dit les textes du catalogue qui accompagne l'exposition. "

Francis Limérat, "Hylé", 1973, allumettes et bois exotique, 100x100.
Francis Limérat, "Hylé", 1973, allumettes et bois exotique, 100x100.
Comment qualifier ou classifier finalement l'œuvre de Francis Limérat ? "Mais je ne veux pas qu'on la classe !", insiste l'artiste, professeur aux Beaux-Arts d'Angers pendant près de 20 ans, jusqu'à sa retraite en 2007. "S'il le faut absolument, ce qui s'en rapproche le plus est le haut-relief..."
 
"Il y a chez Francis Limérat une complexité du travail qui s'exprime dans la plus grande simplicité." François Jeune

Sur les murs du musée des Beaux-Arts, le travail réalisé depuis 1973 et jusqu'à 2011 évoque une sorte de cartographie personnelle et imaginaire. Qui correspond sans nul doute au parcours d'un artiste voyageur. "Je n'ai jamais cessé de voyager, m'imprégnant de ce que je perçois. Finalement, le début du voyage s'est fait dans l'histoire de l'art, une promenade dans le temps qui s'est accompagné d'un autre dans l'espace. Si on se promène, ça veut aussi dire qu'on bivouaque, qu'on s'arrête puis qu'on repart : le bois du bâton de marche est aussi celui avec lequel on fait une cabane", image Francis Limérat, qui s'est servi d'abord d'allumettes puis de bois avant tout "par rejet de la toile".

Francis Limérat, "Académie des allumettes n°8, 1979, allumettes et bois teintés, 58x47.
Francis Limérat, "Académie des allumettes n°8, 1979, allumettes et bois teintés, 58x47.
Reste que pour son ami François Jeune, l'œuvre de Limérat pose "les questions fondamentales de l'art d'aujourd'hui, dans son rapport à la matière, au primitif -comme si l'on pouvait recommencer le monde avec des allumettes- et sa capacité à vivre et jouer le local et le global. Il y a là une générosité et une ouverture au monde simples et rares".
 
"Il faut tisser, en quelque sorte, un réseau de routes secondaires de l'art". Francis Limérat

Si l'on vous conseille donc fortement d'aller jeter un œil à la "cartographie" de Francis Limérat, le sens de sa donation aux Musées d'Angers mérite aussi qu'on s'y arrête. Au-delà du "long compagnonnage" et de son attachement à "sa ville de cœur", l'artiste voit dans "le tissu extrêmement riche des musées de région" une "grande chance pour les artistes dans (mon) genre. Je ne suis pas une star, mais construis une œuvre sur le long terme qui, très modestement, doit pouvoir être une trace de l'art en France. Il y a dans ce pays des grandes institutions d'art contemporain qui font des pieds et des mains pour récupérer des donations des figures dominantes du temps. Mais il faut absolument que les artistes se saisissent de la liberté des musées de région pour tisser, en quelque sorte, un réseau de routes secondaires de l'art, qui excitera d'autant plus les papilles des amateurs".

Si ça n'est pas une profession de foi, ça y ressemble fortement...

Exposition visible du mardi au dimanche, de 10 à 18 h, avec le billet d'entrée à 4/3 €. Cahier de l'exposition ouvert aux visiteurs.
Une conférence avec François Jeune et Francis Limérat aura lieu le mercredi 17 décembre, dans l'auditorium du musée des Beaux-Arts, à 18 h 30. Accès gratuit, réservation obligatoire au 02 41 05 38 38.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par arlettechabot le 07/01/2015 17:52 | Alerter
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Encore une fois le musée ne dépense pas un sou ! Cela s'appelle du racket...








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