Le songe d’une nuit d’été … un peu froide

62ème festival d'Anjou


Rédigé par - Angers, le 09/06/2011 - 10:53 / modifié le 13/06/2011 - 07:22


Le 62ème Festival d’Anjou, ouvrait son rideau hier soir au Plessis-Macé, avec une création du directeur artistique Nicolas Briançon : " le songe d’une nuit d’été " de William Shakespeare. Cette libre adaptation, poétique et légère, a séduit le public, malgré une température relativement basse, peu propice à la rêverie sous les étoiles.



Mélanie Doutey (Hippolyte), Nicolas Brainçon (Thésée), Elsa Mollien (Hermia) et les elfes
Mélanie Doutey (Hippolyte), Nicolas Brainçon (Thésée), Elsa Mollien (Hermia) et les elfes
la rédaction vous conseille
Écrite entre 1594 et 1595, « le songe d’une nuit d’été » est une histoire complexe dont l’action se déroule normalement en Grèce antique. Il s’agit d’une comédie poétique, où l’imagination débordante d’un Shakespeare trentenaire a fait son œuvre.

Certainement assoupi au pied d’un arbre d’une forêt anglaise, un soir d’été, le dramaturge s’est surpris à rêver de situations bizarres, comme c’est souvent le cas dans les rêves, ou s’entremêlent la mythologie et le passage permanent du monde réel au monde fantastique.

C’est bien un songe d’une nuit d’été, un peu fou, irréel, parfois loufoque, qu’a transposé sur la scène, l’auteur anglais, un songe qui laisse libre cours à toutes les fantaisies et aux interprétations les plus libres comme celle de Nicolas Briançon.

Pour cette création, si l’histoire se déroule toujours à Athènes, elle est moins antique, quoique. Les costumes blancs des comédiennes sortis tout droit des collections du couturier Courrèges, cuissardes, minijupes et longs manteaux, et les références aux films ou séries TV tels que chapeau melon et bottes de cuir, James Bond avec ses girls ou encore Brigitte Bardot sur sa Harley, permettent de situer l’action en 1968, époque bénie des dieux où soufflait un vent de liberté, de rêves psychédéliques et de douce folie. De bons souvenirs pour les soixantenaires présents au Plessis Macé.

Sur la scène on y retrouve les deux jeunes couples de Shakespeare, Lysandre (Thibaut Lacour) et Hermia (Elsa Mollien), épris l’un de l’autre, dont le père Egée (Laurent Benoit) ne souhaite par l’union, préférant plutôt Démétrius (Davy Sardou), lequel est poursuivi par Héléna (Marie Julie Baup), l’ami d’enfance d’Hermia. Afin de pouvoir unir sa fille à Démétrius, comme il le souhaite, Egée en appelle à Obéron (Nicolas Briançon), roi des elfes lequel est aussi Thésée dans le réel, et sa future épouse Titiana (Mélanie Doutey), Hippolyte dans le réel. Obéron assisté du facétieux Puck (Lorant Deutsch), se joue avec délice de la situation des jeunes amants, surtout lorsque Puck qui croit verser une poudre magique sur les yeux de Démétrius pour qu’il s’amourache d’Héléna, la verse sur Lysandre.

La confusion règne dans la forêt enchantée, savamment entretenue par un Obéron grand manipulateur. Quand survient une troupe de théâtre amateur, des artisans de la ville, qui préparent en secret, au fond de la forêt, une pièce pour Thésée. On y retrouve l’excellent Yves Pignot, lequel jouait dans la précédente création shakespearienne de Briançon, la Nuit des Rois, transformé en âne par Puck, un baudet dont la belle Titiana tombera amoureuse.

D’une durée de deux heures trente, cette comédie où le théâtre s’invite au théâtre, traîne parfois en longueur, surtout quand la nuit est froide mais les rêves sont ainsi. Heureusement l’hilarante troupe de bras cassés menée par Yves Pignot, redonne un peu d’élan et tire les spectateurs de leur rêverie sous la lune. On rie aux larmes et on entre progressivement dans cette ambiance, réveillé par un sirtaki endiablé dans lequel se lance soudain l’ensemble de la troupe en fin de spectacle.

On saluera également la performance de Marie Julie Baup (Héléna, mais aussi femme de Lorant Deutsch dans la vie ), en copine de lycée transistor sur l'oreille, à l’époque de « Salut les copains », complexée et compliquée, tantôt boudeuse, hystérique, charmeuse. D’ailleurs dans cette comédie un peu surréaliste, ce sont les seconds rôles qui tirent vraiment leur épingle du jeu. On peut féliciter le metteur en scène et comédien Nicolas Briançon qui est aussi le directeur artistique du festival, de leur avoir ouvert cette porte dans laquelle ils se sont aisément engouffrés. Nous on a aimé ...





Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Marc ONILLON le 05/08/2011 22:33 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Pièce sylvestre, pleine des bruissements de la nuit, frottements d’élytres, chuintements, coassements, frissons d’ailes. Futaies, taillis, halliers, tapis de mousses : on attend, dans Le Songe, des odeurs de sous-bois, de feuilles froissées, d’herbe foulée. Le théâtre élizabéthain abandonnait les décors à l’imagination du spectateur. Ce château noyé dans la nuit presque d’été angevine ne suffisait-il pas à supporter tous les rêves ? Fallait-il y plaquer un dispositif scénique géométrique, méc...















Angers Mag