Le spectre de l'abstention

DOSSIER ELECTIONS : QU'ATTENDENT LES ANGEVINS ? #7


Rédigé par - Angers, le 19/04/2017 - 07:30 / modifié le 20/04/2017 - 09:33


L’abstention, premier parti de France ? Si l’expression est avérée pour la plupart des élections, le scrutin présidentiel (et celui municipal, dans une moindre mesure) échappait pour l’heure à ce phénomène. Un grand nombre d’enquêtes d’opinion montre pourtant que cette exception présidentielle pourrait avoir vécu en 2017. Une perspective qui aurait de fait un impact considérable sur le résultat des qui sortira des urnes.
François Hourmant est maître de conférences en sciences politiques à l’Université d’Angers.



François Hourmant est maître de conférences en sciences politiques à l’Université d’Angers.
François Hourmant est maître de conférences en sciences politiques à l’Université d’Angers.
la rédaction vous conseille
François Hourmant, quelle est votre analyse sur les enquêtes d’opinion prédisant une abstention record lors des élections présidentielles ?
 
« Tout d’abord qu’il s’agit de sondages et qu’ils ont souvent été démentis dans les récents scrutins, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne par exemple. Ensuite, qu’il faut prendre en considération ce que l’on appelle l’abstentionnisme de perplexité, qui renvoie à l’hésitation des électeurs jusqu’au jour du vote. Cet abstentionnisme connaît une croissance spectaculaire, très marquée en terme d’âge. Il est de 15 % chez les plus de 55 ans, mais monte à 31 % chez les 18-24 ans. »
 
Vous n’êtes donc pas plus inquiet que cela vis-à-vis de l’abstention ?
 
« L’électorat est très volatil, mais l’élection présidentielle reste la mère de toutes les élections, avec une abstention qui se stabilise en général autour de 20 %, avec un exception notable : 2002 et ses 27 % d’abstentionnistes. Ceci dit, on observe deux phénomènes majeurs en France, comme dans la plupart des pays européens : le premier, c’est un taux d’abstention qui a pris 10 points, depuis la fin des années 80.  Nous sommes dans l’ère des démocraties abstentionnistes. »
 
Comment l’expliquez ?
 
« Il y a des causes structurelles, liées à la crise de l’emploi, à la crise financière, à la hausse des inégalités ou à la déstructuration de la classe ouvrière, mais également des causes institutionnelles, liées aux modes de scrutin et la personnalisation des enjeux lors de certaines élections. Il y a aussi la question de calendrier : plus il y a d’élections, et plus on constate un délitement de vote.
Du point de vue de la conjoncture, le poids du contexte politique et la qualité de l’offre électorale joue aussi un rôle. »

Et le second phénomène ?
 
« C’est l’intermittence du vote. Le vote régulier décline, notamment chez les jeunes. C’est dû à un amoindrissement du sens du devoir électoral, à un désenchantement à l’égard de la politique, et à une désillusion liée aux successions d’alternances depuis le début des années 80. »
 
C’est un phénomène particulièrement prégnant chez les jeunes ?
 
« C’est assez caractéristique, oui, mais il faut noter que le vote n’est qu’une modalité parmi d’autres de l’action politique : on le voit avec le développement des pétitions et des manifestations, l’agora numérique. L’intermittence de vote est une forme de message politique. Il marque une distance par rapport à la norme, un refus du système, le tout dans un singulier climat de défiance vis-à-vis du politique. »




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur




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