Le tai-chi sous toute sa forme


Rédigé par Tiphaine CREZE - Angers le Samedi 5 Novembre 2016 à 07:45


Cet art martial centenaire est basé sur l’apprentissage de la forme : un enchaînement immuable de mouvements. Une fois celle-ci acquise, place au travail de l’esprit.



« Dans le tai-chi, chaque mouvement répond à une possibilité d’attaque », explique Luc Gerdil.
« Dans le tai-chi, chaque mouvement répond à une possibilité d’attaque », explique Luc Gerdil.
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Le café serré n’y aura rien fait : nous avons, ce matin-là, bien du mal à nous réveiller de notre courte nuit et doutons alors de nos capacités à suivre la séance d’initiation au tai-chi, planifiée dans le cadre de Panoramax - quinze jours d’activités diverses, programmées fin septembre sur le toit du Quai. D’autant que la pluie contraint la vingtaine de motivés à se priver du panorama sur la ville et à se replier dans une salle du Centre national de danse contemporaine (CNDC). Fait amusant à la lumière des paroles de Luc Gerdil, notre guide du jour : « Entre le tai-chi et la danse, il n’y a pas beaucoup de différences. Le tai-chi a appris beaucoup avec la danse et peut également lui apprendre beaucoup ». 

Présentations faites et chaussettes retirées, nous voilà happés par notre professeur de tai-chi chuan, de qi-gong, de tao in et d’autres disciplines qui rapportent des points au Scrabble. Il prévient d’emblée : tai-chi et qi-gong seront ici mêlés car « les deux sont d’une même essence » (lire l’interview ci-dessous). Contrairement au badminton ou au quidditch, le tai-chi a ceci d’intimidant que cet art martial est issu d’une tradition centenaire et crée un pont entre le corps et l’esprit, entre « le mouvement extérieur et le mouvement intérieur du corps ».

Vu l’heure matinale, le mouvement sera surtout extérieur et relativement approximatif en ce qui nous concerne. Ca tombe bien : pour Luc Gerdil « il est important d’avoir une pratique très physique avant d’aller plus loin. Si la pratique n’est que spirituelle, cela peut-être dangereux, être moins terrestre et monter assez vite au niveau des polarités ». Comprendre : perdre la boule.
 
"L’approche structurée de l’apprentissage doit s’effacer progressivement pour faire place à la création."

Lever les bras, pousser avec les mains, pivoter le pied… Les gestes sont réalisés lentement et avec l’amplitude que chacun souhaite leur donner pour composer une partie de la forme. La forme « Yang » est un enchaînement de mouvements immuables, découpé en trois cycles : la Terre, l’Homme et le Ciel. Une fois la structure acquise, il s’agit de « faire vivre » la forme dans différents endroits et, surtout, au rythme que l’on souhaite. En dix ou en 45 minutes. Et se laisser aller alors à la méditation. « L’approche structurée de l’apprentissage doit s’effacer progressivement au bout de quelques années de pratique pour faire place à la création », conseille Luc Gerdil.

Il est ici question de « troisième oeil », d’ « inspire », de « flex » et de « paré ». Nous répétons les mêmes enchaînements, en hésitant d’abord. Puis, avec davantage d’assurance. Peu à peu, la respiration se cale d’elle même sur les gestes. Enfin, plus besoin de réfléchir. Seuls les inspirations, les expirations et le craquement du parquet finissent par se faire entendre et nous composons ensemble une seule forme. Nous voilà tous zen et rechargés. Nul besoin de reprendre un café pour continuer sa journée.

Se renseigner : Luc Gerdil : taichi.loire@orange.fr ou Les compagnons du Taï Chi : francois.besson@outlook.fr , Les nuages du Wudang, wudang49@orange.fr

Luc Gerdil, professeur de tai-chi et qi-gong

Quelle est la différence entre le tai-chi-chuan et le qi-gong ?
« Ils sont d’une même essence. Le tai-chi est un art martial et le qi-gong un art de santé, mais c’est la même chose. Dans le tai-chi, chaque mouvement répond à une possibilité d’attaque : avancer, parer, frapper du poing… Le qi-gong, comme le tai-chi chuan, peut se décrire comme une gymnastique énergétique, qui met en mouvement le corps pour favoriser son bon fonctionnement, qui permet d’utiliser son mental pour accompagner le mouvement.»

Tout le monde peut-il se retrouver dans cette discipline ?
« Oui, elle s’adresse à tout le monde quel que soit l’âge. Mais le temps d’apprentissage de la forme varie selon les personnes, leur activité sportive, leurs blessures passées, la fréquence de leurs entraînements. Mais tout le monde peut, au bout d’un an, pratiquer au moins une partie de la forme. »

Le tai-chi revêt-il une dimension thérapeutique ?
« Pratiquement, même si on ne le dit pas comme tel. La plupart des personnes qui participent à mon cours viennent après des années de fatigue et le tai-chi leur fait du bien. Cela résonne et entretient. J’interviens également auprès de personnes en situation de handicap ou atteintes d’Alzheimer. Les résultats sont très bons. Et émouvants. »





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