Le témoignage poignant d’une rescapée d’Hiroshima


Rédigé par - Angers, le 13/09/2012 - 23:03 / modifié le 13/09/2012 - 23:12


Dans le cadre des journées pour la paix organisées en ce moment à Angers, le « collectif du 21 septembre », date de la journée internationale pour la paix, accueillait hier soir, à la salle Claude Chabrol, une invitée de marque, en la personne de Kyoko HAMA, rescapée du bombardement nucléaire d’Hiroshima, en août 1945.



Madame Kyoko HAMA, au centre, avec sa fille, la représentante de l'association Hiroshima-Nagasiki et des vétérans des sites d'essais nucléaires de Reganne (Algérie) et Muroroa (Pacifique) - Photo Jean Claude Lecoq
Madame Kyoko HAMA, au centre, avec sa fille, la représentante de l'association Hiroshima-Nagasiki et des vétérans des sites d'essais nucléaires de Reganne (Algérie) et Muroroa (Pacifique) - Photo Jean Claude Lecoq
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Grand moment d’émotion hier soir sur les gradins de la salle Claude Chabrol, quand Madame Kyoko HAMA, un petit bout de femme de 86 ans à pris la parole. La salle s’est tue et les 150 personnes présentes ont écouté religieusement cette « « Hibakusha », (survivante des bombardements atomiques) raconter comment elle a survécu à cette terrible catastrophe.

La guerre est toujours terrible et personne ne s’attendait à ce que les propos de Madame HAMA parlent de joie et de bonheur. Et pourtant, cette brave ouvrière japonaise, qui avait tout juste vingt ans à l’époque, a donné à chacun une formidable leçon de courage et d’optimisme auxquels il faut ajouter une rage de vivre.

6 Août 1945, la ville d’Hiroshima (Japon) qui hébergeait, lors de la Seconde Guerre mondiale, l’une des principales bases stratégiques de l’armée impériale japonaise, est rayée de la carte par la première bombe thermonucléaire larguée par l’armée américaine .Trois jours plus tard la ville de Nagasaki, subissait le même sort.

Pour les Américains il s’agissait de venger les soldats morts sur les fronts du Pacifique et notamment à Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, et surtout mettre fin à la guerre fratricide qui opposait les USA et le Japon. « Un événement inévitable qui permettait de mettre fin a une guerre qui avait trop duré », diront certains éditorialistes. Et pourtant celle-ci tuera plus de 250 000 civils, auxquels il faudra ajouter dans les années après et encore maintenant, ceux qui mourront de pathologies liées à de fortes irradiations et à la contamination radioactive de l’eau et des aliments.

« J’habitais Osaka et j’ai dû fuir les bombes incendiaires lancées sur la ville », raconte Mme Kyoko HAMA, traduite par sa fille, Yoko TOBA, présente à ses côtés. « J’ai rejoint ma famille, ma mère et ma grand-mère à Hiroshima. Il faisait beau ce jour-là, ma mère est allée chez le coiffeur. A 8h15 j’ai vu un fort éclair jaillir et la maison s’est écroulée au même instant. J’étais enfouie sous les débris d’une maison d’un étage », raconte calmement Madame HAMA. « Nous nous sommes retrouvées dans la rue et nous avons vu presque toutes les maisons écroulées et des morts partout ».

Un message d’espoir pour les générations futures

Blessée par des éclats de verre elle a erré avec sa famille dans une ville disparue, rayée de la carte. « Le soir une pluie noire s’est mise à tomber. Ma mère nous a construit un abri de fortune pour nous protéger », poursuit Madame HAMA. « Nous ne savions pas qu’il s’agissait d’une pluie radioactive ». Cet abri l’a sauvé de la contamination et aujourd’hui, Kyoko HAMA est bien là, survivante de cet enfer qu’elle décrit comme pour exorciser des souvenirs qui la hantent depuis cette date.

Fataliste et digne comme l’est le peuple japonais, nous l’avons vu encore récemment lors de l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima, Madame HAMA a surtout donné une leçon d’optimisme, d’envie de vivre. Le diaporama qu’elle a présenté, les textes, la musique, Madame Kyoko HAMA , délivrent un formidable message d’espoir pour les générations futures et surtout un appel à la paix entre les peuples.

« La guerre est un enfer dans ce monde qui détruit toutes les cultures et les êtres humains. Ne causez jamais la guerre dans le monde. Je souhaite la paix pour que personne ne soit victime comme je l’ai été ».

Sous une salve d’applaudissements, bien des fois plus bruyante que cette bombe qui a fauché les habitants d’Hiroshima, Madame HAMA se lève et s’incline devant le public en signe de remerciement. Un grand moment qui permet de comprendre les risques du nucléaire, qu’il soit militaire, comme ce fut le cas hier soir, mais aussi civil.




Yannick Sourisseau
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1.Posté par Alain le 16/09/2012 11:00 | Alerter
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Beaucoup d'émotion à cette soirée événement, une grande femme plein de courage et d'humilité, un témoignage a diffuser dans toutes les écoles. Un témoignage qui rejoint la conférence d'Albert Jacquard à Murs Erigné.
Un grand respect pour Mme HAMA... chapeau bas.















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