Le vin se met à table

Festival du Film Nature et de l'Environnement Murs Erigné 2009


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 23/10/2009 - 14:08 / modifié le 24/10/2009 - 09:25


Servie par un documentaire présenté au festival de Cannes en 2004, excusez du peu, et animée par un fervent défenseur des vins du terroir, la soirée sur le monde du vin, organisée par le Festival du film nature, avait de quoi attirer tous les épicuriens de la région. La soirée n’a pas fait le plein, mais le débat avait autant de saveur qu’un bon Anjou Villages.



Pierre Aguilas répondant aux questions du public.
Pierre Aguilas répondant aux questions du public.
Il a du tempérament Pierre Aguilas, le pape des vignerons du Layon, lui qui défend pied à pied (de vigne …) un terroir qui lui est cher, surtout lorsqu’on le titille sur le goût des consommateurs en matière de vin. « Ce qui compte c’est la qualité du contenu, pas le goût du contenant !» disait-il un peu énervé de savoir que certains, sous prétexte de mode, s’évertuaient à faire des vins au goût de chêne, quitte à mettre des copeaux de bois dans les cuves. Une technique qu’il a balayée du revers de la main. « Le vin, c’est dans la vigne que ça se passe à 75%. On peut utiliser tous les œnologues du monde et mettre ce que l’on veut dans le vin !».

Représentant des vins d’appellation d'origine contrôlée, les fameux AOC, il sait de quoi il parle. Né dans la bordelais, il est tombé amoureux des vins d’Anjou en même temps que celle qu’il épousera par la suite. Vigneron à Chaudefonds-sur-Layon (49), Pierre Aguilas se définit avant tout comme un syndicaliste qui œuvre pour défendre la profession viticole. « Je défends l’existence même du vin car aujourd’hui on ne parle plus de vin mais de réglementation. Nous subissons de véritables menaces de tous bords et si ça continu comme ça, dans 10 ans il n’y aura plus de vin à la française ! » martelait-il devant un parterre d’amateurs de bons vins.

Une vraie gueule de cinéma, ce Pierre Aguilas, comme dans « Mondovino », le film présenté avant le débat. Mondovino, de l’américain Jonathan Nossiter, à la fois cinéaste et œnologue, est un film hors normes que d’aucun ont comparé aux réalisations de Luis Buñuel. Le tournage avec une caméra en mouvement perpétuel, le choix des acteurs, ici des vignerons au caractère bien trempé, le tout couvert par une intrigue digne des meilleures fictions rendent ce documentaire captivant. Et pourtant ce que l’on voit a l’écran, les Mondavi, les vignerons les plus riches de la Napa Valley en Californie, la rivalité de l’aristocratie viticole de Toscane, les conflits de plusieurs générations d’une famille bourguignonne, le dégustateur très contesté Robert Parker, ou l’œnologue très influent Michel Rolland, sont les héros d’un documentaire, long en bouche, que l’on déguste comme un millésime.

« Alors vous êtes un Wine Maker ? » dira Philippe Bodard à Pierre Aguilas « Non je ne suis qu’un modeste paysan qui défend la notion de terroir. Tony Parker ne peut pas parler de nous car il dédaigne les vins du Val de Loire »

Pour Pierre Aguilas et son collègue, Clément Baraut, Œnologue et viticulteur, le vin n’est pas un produit indispensable. « Il entre désormais dans une démarche culturelle et de plaisir » ce qui n’en fait pas pour autant le produit dangereux présenté comme tel par les intégristes de la Santé. « Ce n’est pas le vin qui présente un danger, c’est l’individu qui le consomme » dira alors le vigneron à l’attention de ceux qui lui disaient qu’épicurisme et santé publique ne faisaient peut-être pas bon ménage. « Quand on aime le vin on le respecte ! » continuera-t-il

Interpellé également sur les pesticides, normal lorsque l’on est participant d’un festival dédié à la nature et à l’environnement, Pierre Aguilas, affirmera qu’il est plutôt favorable à l’utilisation des produits phytosanitaires. « Il n’est pas opportun de les supprimer car ils sont utiles. Il faut plutôt tendre vers des produits moins dangereux » répondra-t-il. « Quant à l’agriculture bio, elle coûte plus cher pour des rendements inférieurs. Il faut alors que le consommateur accepte de payer le vin plus cher».

Mais, si les vins du Val de Loire ne sont pas très connus de par le monde, puisqu’on n’en parle même pas dans Mondovino, ce sont tout de même ceux qui ont le mieux résisté à la crise économique grâce à une production et une qualité constante. Quant aux grandes sociétés qui veulent s’implanter en Anjou, ne serait-ce que pour uniformiser la production vinicole et engranger des profits, « elles sont vite déçues car le terroir n’est pas facile » concluera-t-il à l’attention de ceux qui s’inquiétait de le voir disparaître au profit de la grande distribution. La reprise des vignobles d’Anjou par les californiens ce n’est pas encore pour demain. Nous voila rassurés …




Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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