Le vrai visage de David d’Angers


Rédigé par Tiphaine CREZE - Angers, le Lundi 22 Juin 2015 à 06:30


Avant un renouvellement muséographique à l’automne, la Galerie David d’Angers offre cet été une relecture des bustes de la mezzanine et permet aux visiteurs de décrypter ces visages à l'aide de la phrénologie. Explications.



Delphine Galloy, commissaire de l'exposition, devant un buste du compositieur italien Paganini.
Delphine Galloy, commissaire de l'exposition, devant un buste du compositieur italien Paganini.
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Entre les sculptures monumentales de Gutenberg et de Jean Bart qui, rayées par le soleil, habitent la nef, les vitrines du cabinet d’arts graphiques et la mezzanine peuplée d’illustres bustes, difficile de chambouler la muséographie de la Galerie David d’Angers. Mais si les expositions temporaires ont du mal à se frayer un chemin parmi les sculptures, l’équipe des Musées d’Angers expérimente tout de même, depuis l’année dernière, une forme nouvelle : « Les saisons des musées ».

« Elles sont, de par leur taille, plus modestes que les expositions temporaires », détaille Delphine Galloy, commissaire de l’exposition « Les Formes de l’âme ». « Elles permettent de mettre en avant de nouvelles acquisitions ou des œuvres sous un angle nouveau et proposent au public une nouvelle lecture ». Une nouvelle lecture qui permet cet été de décrypter les bustes de David d’Angers avec un œil neuf, par le biais de la physiognomonie et de la phrénologie.

Derrière ces termes barbares se cachent deux théories selon lesquelles, pour la première, les traits physiques rendent compte du caractère de la personne et, pour la seconde, la forme de cerveau traduit les qualités du modèle. « C’est la fameuse bosse des maths ! », illustre la commissaire d’exposition. Si les scientifiques puis les juristes et les sociologues s’en sont servis (souvent avec dérives) pour rationaliser leurs travaux, « ces théories ont permis aux artistes de trouver des solutions à l’art du portrait au début du 19e siècle ». Une nouvelle « grammaire » du visage s’offrait à eux.

En tant que membre de la Société phrénologique de Paris, David d’Angers puise dans ces doctrines pour figer ses modèles dans le marbre, le plâtre ou le bronze. « Il explique que, grâce à la physiognomonie, nul besoin de voir physiquement un homme : il suffit de connaitre son œuvre et ses écrits pour en faire le portrait », poursuit Delphine Galloy.

A la lumière des explications fournies dans le cabinet d’arts graphiques, le visiteur de la Galerie peut ensuite décoder les bustes de la mezzanine et lire tout le Romantisme allemand dans la chevelure ébouriffée de Goethe, son intelligence dans son front surdimensionné et le repli sur soi dans ses rides creusées : voilà « l’âme » mise en forme.
Une manière de redécouvrir les visages qui peuplent une Galerie rénovée il y a trente ans et qui se réinventera à l’automne, par le biais d’une nouvelle muséographie.
 
« Les Formes de l’âme. David d’Angers et la physiognomonie. » A voir jusqu’au 18 octobre à la Galerie David d’Angers. Tous les jours 10h-18h. Tarifs : 4 €/ 3 €.
 

Pierre Delaunay, un voisin méconnu
Le musée des Beaux-arts se met au diapason et passe également en « saison » d’été. Jusqu’au 20 septembre, les visiteurs vont pouvoir faire la connaissance de Pierre Delaunay. Ayant pourtant rencontré sa vocation artistique au musée d’Angers en 1885, le peintre n’avait, jusqu’alors, aucune place dans la collection permanente.
Dans la galerie d’actualité et le cabinet d’arts graphiques, François Comte, commissaire de l’exposition (aidé d’Anne-Lise Auffret) a réuni 68 dessins et 14 peintures retraçant le parcours artistique du Champtocéen, passionné de paysages.

"Il y a du Corot dans les vues romaines de l’artiste."

Lors de sa formation à Paris auprès de Léon Bonnat, Pierre Delaunay préfère ainsi le Bois de Boulogne aux rues de la capitale. C’est grâce à sa rencontre avec l’artiste Henri Harpignies, membre de l’école de Barbizon, que Pierre Delaunay se découvre peintre paysagiste. Il y a du Corot dans les vues romaines de l’artiste.
L’exposition, émaillée de correspondances et d’annotations, permet de resituer les oeuvres dans leur époque (combien coûte un trajet en tramway au début du 20e siècle ?) et dans le parcours de Pierre Delaunay. Les croquis de bords de Maine et de Loire rappellent au visiteur que l’artiste, qui a d’ailleurs habité rue Saint-Aubin pendant une partie de sa vie, s’installe au musée en voisin.
 
« Centenaire Pierre Delaunay, peintre angevin », à voir jusqu’au 20 septembre au Musée des Beaux-Arts. Tous les jours 10h-18h. Tarifs : 4 €/ 3 €.
 












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