Législatives 2017 : un nouvel absent de Marc


Rédigé par - Angers, le 12/01/2017 - 16:00 / modifié le 14/01/2017 - 23:24


Le député de la 7e circonscription du Maine-et-Loire, Marc Laffineur (Les Républicains), a annoncé jeudi matin qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat. Après 29 années passées à l'Assemblée nationale, le maire d'Avrillé, essentiellement en raison de la loi sur le non cumul des mandats, passera donc la main. "Sans regret, mais avec un pincement au cœur".



Marc Laffineur, ici avec son suppléant Joseph Bossé, a annoncé qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat de député, après 29 ans passés à l'Assemblée nationale.
Marc Laffineur, ici avec son suppléant Joseph Bossé, a annoncé qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat de député, après 29 ans passés à l'Assemblée nationale.
la rédaction vous conseille
Ça n'est réellement une surprise pour personne, mais l'information est désormais officielle : comme il l'avait laissé entendre il y a trois ans, lorsqu'il s'était lancé dans la campagne municipale avrillaise, le député-maire Les Républicains Marc Laffineur ne briguera pas de nouveau mandat à l'Assemblée nationale, au mois de juin prochain.
 
Après l'officialisation il y a une semaine du retrait de son collègue socialiste Marc Goua, c'est donc un second poids lourd de la vie politique locale qui renonce à un mandat national : voilà 29 ans que l'élu d'Avrillé a pris place sur les bancs du Palais Bourbon.
Un long bail -avec son suppléant de toujours, Joseph Bossé- qui s'achèvera donc cette année, "sans regret, mais avec un pincement au cœur", concède celui qui souhaite laisser la marque d'un "humaniste" et d'un "serviteur de nos (ses) concitoyens".
 
Car Marc Laffineur ne quitte pas ses fonctions pour favoriser un quelconque renouvellement de la classe politique : c'est bel et bien la loi sur le non cumul de mandat qui l'a poussé à prendre cette décision, il y a trois ans, à l'heure de conserver son siège de maire d'Avrillé. "Je ne vous dirais que c'est un inconvénient pour une ville d'avoir un maire qui soit aussi député", glisse-t-il d'ailleurs dans un doux euphémisme, lui qui s'est toujours servi de ses mandats ou postes nationaux (vice-président de l'Assemblée nationale, secrétariat d'Etat à la défense, notamment) pour promouvoir son territoire.
"Je revendique d'être un député assistant social"  Marc Laffineur, député de la 7e circonscription

Reste qu'à l'heure de faire un premier bilan de sont action, c'est "la grande leçon de solidarité" qu'il souhaite retenir. "Quand on travaille ensemble, il est possible de faire des choses qui nous dépassent", avance-t-il, citant en exemple des dossiers d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : "la lutte contre l'enfouissement des déchets nucléaires dans le Segréen, à la fin des années 80, qui a permis aux élus du territoire de se rencontrer et permis le développement du Segréen : avec 7 % de taux de chômage, la zone d'emploi est située au 28e rang national sur 325..."

Et le député maire de citer également la mise en place de la 2x2 voies sur l'axe Angers/Rennes, l'autoroute d'Avrillé, le maintien et le renforcement de l'Etablissement technique d'Angers (ETAS) ou de la sous-préfecture de Segré, preuve du souci "de proximité" qui l'a toujours animé : "Je revendique d'être un député assistant social", assène le médecin de profession.
 
Au rang des regrets, Marc Laffineur cite les emplois et entreprises qui ont pu disparaître sur le territoire -Sotira à Pouancé ou Leleu à Candé- et l'incapacité chronique de chacun à trouver des solutions "à la crise du monde agricole : il ne doit pas y avoir de fatalité", argue le député, dont la circonscription est à 55 % rurale, et 45 % urbaine : "Elle est exemplaire et nous a permis avec Joseph de toucher à tous les grands sujets qui intéressent les citoyens."
 
S'il ne sera plus député dans (moins de) six mois, Marc Laffineur ne compte pas pour autant disparaître du paysage politique local : il reste maire d'Avrillé jusqu'en 2020, et vice-président d'Angers Loire Métropole, en charge des finances. Et garde un œil forcément avisé et attentif sur sa succession au siège 183 de l'hémicycle : "C'est une satisfaction de pouvoir préparer les choses pour que le chemin soit le plus facile possible", explique-t-il, précisant sa pensée : "Dans notre camp, il n'y en aura pas beaucoup qui seront battus, là où nous sommes déjà en place..."

L'optimisme est de mise pour l'élu Les Républicains, qui avait été mis en difficulté par Silvia Camara-Tombini (PS, lire ci-dessous) lors du dernier scrutin législatif. Une manière aussi de mettre un brin de pression sur Etienne Glémot, le maire du Lion d'Angers, qui devrait porter les couleurs de son camp lors des élections à venir.

Silvia Camara-Tombini : vive le non cumul !
Elle n'aura surpris personne en faisant part, après l'officialisation du retrait de Marc Laffineur, de sa satisfaction. Dans un communiqué co-signé par Maxence Bizot, celui qui l'accompagnera pour sa deuxième campagne législative sur la circonscription Angers-Segré, Silvia Camara-Tombini a surtout salué la victoire de la loi contre le cumul de mandats. "En 2012, nous nous étions engagés en faveur de cette loi contre le cumul des mandats, garante d'un renouvellement de la classe politique mais aussi garante d'avoir des élus présents à temps plein. Son application est pour nous une belle avancée démocratique voulue par la Gauche, au même titre que la parité, que la transparence de la vie politique mais aussi de la transparence de l'usage de la réserve parlementaire."




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur















Angers Mag