Les "Amours" de Léonor de Récondo à la librairie Contact


Rédigé par - Angers, le Jeudi 29 Janvier 2015 à 07:33


Elle est connue dans le microcosme de la musique comme une violoniste baroque de premier plan. Mais avec son troisième roman, Pietra Viva -une très belle évocation de Michel-Ange- Léonor de Récondo est aussi entrée dans le cercle restreint des écrivains que l'on retient. Elle viendra présenter son tout nouveau roman, "Amours" -un huis-clos de mœurs étonnant- à la librairie Contact, vendredi 30 janvier.



Léonor de Récondo, violoniste et écrivain, viendra présenter "Amours" (éd. Sabien Wespieser), le mercredi 28 janvier à la librairie Contact.
Léonor de Récondo, violoniste et écrivain, viendra présenter "Amours" (éd. Sabien Wespieser), le mercredi 28 janvier à la librairie Contact.
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On l'avait quittée dans les carrières de marbre de Carrare, au début du XVIe siècle, penchée sur l'épaule de Michel-Ange, pour un roman tout en finesse sur les questionnements du grand homme.
Pietra Viva (éditions Sabien Wespieser) -c'est son titre- avait fini d'installer Léonor de Récondo comme une romancière française sur qui il fallait compter, et aux multiples talents. Car la jeune femme, si elle a toujours écrit, est d'abord connue pour être une violoniste de talent, grande spécialiste de la musique baroque.

Ce n'est pourtant pas au cœur de cette période que Léonor de Récondo est allée chercher le sujet de son tout nouveau roman, Amours, paru au tout début de l'année, toujours chez Sabine Wespieser. Roman de mœurs, qui évoque fatalement le Madame Bovary de Flaubert, Amours se pose dans une maison bourgeoise du Cher, au tout début du XXe siècle. "Pour moi, le début du XXe siècle est la fin du XIXe. La Première Guerre mondiale va donner une nouvelle place à la femme, tous les hommes étant partis au  front. Mais en 1908, l’éducation des femmes est très stricte", explique Léonor de Récondo.

C'est ce carcan -physique et moral- que la romancière choisit de faire voler en éclats, détaillant avec la simplicité et la justesse aperçues dans Pietra Viva le drame qui se noue autour du notaire Anselme (qui n'aime rien tant que le quarts-de-chaume), de sa femme Victoire (dont la mère réside à Saint-Aubin-de-Luigné) et de la bonne, Céleste, sous le regard des domestiques Pierre et Huguette. Le drame d'un viol répété, l'histoire d'un enfant à naître, à élever puis à aimer et l'amour soudain, passionnel, qui unit les contraires.

J'espère avoir écrit un roman d'amour, celui qui s’immisce dans toutes les brèches, à toutes les époques. Je me suis intéressée à l’instant où tout bascule. Quand l’esprit croit avoir contraint définitivement le corps, mais que ce dernier prend finalement le dessus. Les corsets sont brûlés au propre comme au figuré." Léonor de Récondo

Un huis-clos -"parce que la maison est un véritable personnage à la fois témoin et gardienne de secrets"- implacable, où le passé familial nourrit le présent, jusque dans la transgression ? "La transgression ne m’intéresse pas", coupe Léonor de Récondo. "J'espère avoir écrit un roman d'amour, celui qui s’immisce dans toutes les brèches, à toutes les époques. Je me suis intéressée à l’instant où tout bascule. Quand l’esprit croit avoir contraint définitivement le corps, mais que ce dernier prend finalement le dessus. Les corsets sont brûlés au propre comme au figuré."

Les amours qui unissent les personnages de son roman, inavouables à la veille de la Première Guerre mondiale, le sont-ils d'ailleurs totalement aujourd'hui, plus d'un siècle plus tard ? Sans doute pas, ce qui fait du livre de Léonor de Récondo, à son corps défendant, un manifeste. "Un manifeste pour l’amour, qui n’a pas de genre. Je l’assume pleinement et j’ai tâché de lui donner toute sa beauté. Les femmes hier comme aujourd’hui doivent être maîtresses de leurs corps. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour que ce soit accepté."

Reste que ce propos engagé est lové dans un écrin stylistique remarquable. "Je cherche la fluidité de la phrase, le mot juste. Des termes qui sont aussi bien littéraires que musicaux", avance Léonor de Récondo. Oui, il y a de la musicalité dans ce texte, du rythme, aussi bien dans les phrases que dans les courts chapitres qui donnent à voir ce huis-clos.

Un roman intelligent et accessible sur l'intransigeance du sentiment amoureux et la vacuité des codes que l'on s'impose, dans un monde qui n'est finalement pas si différent du nôtre...

"Amours", de Léonor de Récondo, éditions Sabien Wespieser, 21 €. Léonor de Récondo est l'invité de la librairie Contact, vendredi 30 janvier, à 19 heures.

La présentation de l'éditeur

- Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d’une maison bourgeoise, dans un bourg cossu du Cher, pour laisser s’épanouir le sentiment amoureux le plus pur – et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, à prendre en mains sa destinée. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l’héritier Boisvaillant tant espéré.
Comme elle l’a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s’apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire n’a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont elle martèle inlassablement les touches.
Céleste, mue par son instinct, décide de porter secours à l’enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s’éveille seule, ses pas la conduisent vers la chambre sous les combles…
Les barrières sociales et les convenances explosent alors, laissant la place à la ferveur d’un sentiment qui balayera tout.
 




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