Les Bien-Aimés : un tourbillon de sentiments


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Jeudi 15 Septembre 2011 à 07:58


Le récit de deux histoires d’amour : celle de Madeleine commençant dans les années 60, puis celle de sa fille Vera se déroulant dans les années 90 jusqu’à nos jours. Toutes deux vont et viennent autour des hommes qu’elles aiment. Mais leur histoire d’amour ne se déroule pas comme prévu, elles doivent faire face au temps qui passe et ne revient pas.



Vera (Chiara Mastroianni) avec Madeleine sa mère (Catherine Deneuve)
Vera (Chiara Mastroianni) avec Madeleine sa mère (Catherine Deneuve)
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Dans le Paris des sixties, Madeleine (Ludivine Sagnier), vendeuse de chaussures se prostitue avec imprudence pour échapper à la prison. Un jour, sur les trottoirs de la ville, elle rencontre Jaromil un médecin d'origine tchèque auquel elle ne renoncera jamais. Tous deux vivent une relation passionnelle, alors Madeleine décide de suivre Jaromil à Prague. Mais l'arrivée des chars russes dans la ville et la découverte que Jaromil la trompe marquent leur séparation et Madeleine décide de rentrer en France avec Vera sa fille née de son union avec Jaromil.

A Paris, elle rencontre son deuxième mari et essaie de refaire sa vie. C’est alors que Jaromil décide de revenir à Paris pour tenter de la reconquérir car il découvre qu’il ne peut pas vivre sans elle. Madeleine et lui redeviennent alors amants mais elle ne peut pas quitter son mari.

Dans les années 90 à Londres, Vera (Chiara Mastroianni réelle fille de Catherine Deneuve) tombe amoureuse d’Henderson qui se trouve en fait être gay. Il est alors incapable de l’aimer. Coincé entre un amoureux trop empressé (Louis Garrel) et Henderson (Paul Schneider), Vera est alors perdue.

Le film de Christophe Honoré raconte les amours d’une mère puis de sa fille à deux époques différentes. On voyage alors d’un pays à un autre, d’une époque à une autre. Ce film, présenté hors compétition au dernier festival de Cannes, traite avec légèreté, grâce au côté musical du film (chaque personnage interprète au moins une chanson), la vie amoureuse et compliquée des personnages. Il met l’accent sur l’insouciance de la jeunesse et la légèreté de l’amour. On passe de la jeunesse à la fin de vie, de la légèreté à la gravité, et on s’aperçoit comme le personnage, que la vie est trop courte, qu’il faut profiter des personnes que l’on aime avant qu’il ne soit trop tard.

Le réalisateur évoque aussi le sujet délicat d’une femme voulant avoir un enfant avec une personne ayant le sida, malgré le risque. Avec des sujets aussi poignants, une certaine tristesse ressort du film. Pourtant le cinéaste réussit à l’égayer grâce aux multiples chansons. On peut alors supposer que Christophe Honoré fait un petit clin d’œil au grand réalisateur Jacques Demy avec son film qui veut « en chanter » le spectateur et cette capacité de sublimer le réel malgré les dures épreuves de la vie.

Les acteurs sont merveilleux dans cette comédie musicale. Ils nous font rire et à la fois pleurer. Ils nous rappellent aussi l’importance de vivre malgré les épreuves difficiles. Christophe Honoré filme avec une grande fluidité le passage du temps et des espaces ou des années et des lieux réussissant à nous faire voyager dans différents endroits du monde à différentes époques. Le cinéaste utilise beaucoup de gros plans ou plans rapprochés pour nous faire rentrer plus facilement dans l’intimité des personnages. On se sent alors plus proche d’eux, on peut donc s’y attacher et se sentir concerné par ce qui leur arrive.

Cette œuvre est un film qui traite les différents sujets de notre vie, les plaisirs mais aussi les difficultés. C'est une vraie leçon de vie ! Les quelques longueurs du film sont alors vite oubliées.

Marion












Angers Mag