Les Inouïs, ni non... quoique


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Dimanche 9 Février 2014 à 22:12


Vendredi soir, le Chabada accueillait les lives d'artistes des Pays de la Loire préselectionnés dans le cadre des Inouïs (ex-Découvertes) du Printemps de Bourges. A l'affiche, deux Angevins et quatre Nantais. Une occasion sympa de découvrir des émergents aux genres musicaux variés. Mais, malheureusement, de s'ennuyer un peu, quand même.



Thylacine : "Son clubbing n'est pas trash-core mais il associe élégance, sincérité et rythmes chaloupés"
Thylacine : "Son clubbing n'est pas trash-core mais il associe élégance, sincérité et rythmes chaloupés"
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Il est parfois difficile de se prononcer sur une prestation scénique. D'en mesurer le pour et le contre. De prendre du recul. De faire fi de ses humeurs, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Une contrariété, un coup de mou et, humains après tout, nous voilà envahis par le côté obscur de la Force. L'envie d'en découdre. De dézinguer le premier projet venu.

Ainsi, vendredi soir, avant de nous rendre au Chabada, le site de Libération - le journal hein !, pas le futur incubateur de start-ups - nous apprenait que franchement en ce moment, c'était pas top rue Bérenger à Paris. Les salariés tirent une tronche de 15 kilomètres. Et, nous, une vie sans ce canard boiteux, ça nous paraît difficile à envisager quand bien même Closer, Causeur et Yann Barthès font depuis longtemps le débat politique en France...

Bref, ce 7 février, c'était vraiment pas la fête du slip ! La météo était pourrave. Qui plus est, à en croire des déclarations chopées sur le site de Trempolino, l'association locale qui l'automne dernier a eu la lourde responsabilité de retenir six candidats sur 135 pour l'édition 2014 des Inouïs en Pays de la Loire, il semblerait que certains jurés n'aient guère été emballés par ce qu'ils avaient entendu. Devions-nous pour autant reporter notre colère mêlée de tristesse sur les six artistes qui allaient se produire pendant quatre heures et demi ?

Jingles pour le Grand Journal

Le site d'information que vous consultez étant axé sur les affaires locales, nous allons donc nous intéresser aux performances de VedeTT et de Thylacine, les deux Angevins de la soirée.

Les premiers évoluent sous la forme d'un quatuor. Bénéficiant d'un certain buzz, des fans se sont déplacés. Certains se déhanchent. Mais gentiment. On n'est pas dans un pogo. C'est bien fichu. Leur néo new wave parfois discoïde rappelle les Juvéniles. La vague de tous les indés qui, en 2004, faisaient danser les filles - Fanz Ferdinand ou les Killers - est également convoquée. Et plus embarassantes, en filigranes, des sonorités entendues chez Griefjoy, Owlle ou Pégase.

Les compos sont chiadées, les arrangements chromés. Mais tout cela manque d'hémoglobine. De folie. On ne sent pas de spontanéïté chez VedeTT qui, à l'image de cette tendance actuelle, pourrait, nous le maintenons, enregistrer des jingles pour le Grand Journal. Là où, soyons honnête, les géniaux Juvéniles ont été reperés. Cela dit, voir Aphatie groover sur du VedeTT pourrait être amusant et une belle pub pour la Cité du Roi René.

S'agissant de Thylacine qui, lui aussi mais à un niveau plus élevé - les Inrocks en sont dingues et Vitalic le kiffe - est sous la coupe bienveillante d'un ramdam médiatique, la générosité est là. En un set de trente minutes, William Rezé parvient à captiver l'attention, à faire se dodeliner le public. Certes, son clubbing n'est pas trash-core mais il associe élégance, sincérité et rythmes chaloupés. Ici, des percus à la Metro Area. Là, des parenthèses Aphew twiniennes et des boucles filtrées type Daft Punk des débuts. Près de la scène, des ravers lèvent les bras au ciel. Le Dieu de la house les a-t'il vus?
VedeTT
VedeTT

Live et speed dating

Ce dépouillement traversé d'un certain don de soi, on ne les a pas totalement et objectivement trouvés chez les Nantais de MOOD et leur world orientale déjà entendue chez Shaï no ShaÏ. Quant à I.S.L.A et sa variété imprégnée de Camille ou d'Emilie Simon, elle a conclu sa demi heure avec le bien nommé "L'Ennui". Leurs collègues de Faune et de Feu ont un peu plus charmé. Les premiers avec des refrains mêlant Mustang et Noir Dés', les seconds à l'aide d'allusions à Dyonisos.

Au jury à présent de délibérer. Et, région par région, de retenir, sur la foi de captations vidéos, de 0 à 3 artistes maximum. Les veinards se produiront au futur Printemps de Bourges. Une tâche ardue cependant que de jauger un live de trente minutes. Car, oui, reconnaissons-le, c'est compliqué de séduire en si peu de temps surtout quand on débute. Scène et speed dating sont antinomiques. Mais dans ce monde d'ultrarapidité - "n'allez pas si vite" comme chantait l'autre -, il convient de trouver un juste milieu. Et si possible d'instiller un peu plus de fun et de peps à une pop trop souvent calculée. Résultats : début mars. Nous y reviendrons.

Merci à Fred Lombard et pour ses photos. Retrouvez son point de vue, sa galerie et ses vidéos sur le site indiemusic.fr












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