Les Marches du pouvoir : Yes, We Can !


Rédigé par Lycée Renoir - Angers, le Dimanche 30 Octobre 2011 à 11:36


Stephen Meyers est le jeune conseiller de campagne du gouverneur Mike Morris, un candidat aux primaires démocrates. Naïf et idéaliste, il fait tout ce qu’il peut pour faire gagner son candidat, auprès de qui il s’engage corps et âme. Mais face aux manipulations et aux trahisons, Stephen est obligé de faire évoluer ses méthodes et de changer radicalement sa façon de voir les choses. Son ascension des marches du pouvoir le changera à jamais…



Les Marches du pouvoir : Yes, We Can !
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Le film nous emmènes dans l’Ohio, en pleine campagne électorale pour les primaires du parti démocrate, dans laquelle s’oppose le gouverneur Mike Morris (George Clooney, impérial) au sénateur Ted Pullman. Dans le camp de Morris, la manipulation journalistique et les discours mensongers sont orchestrés par le directeur de campagne, Paul Zara (Philip Seymour Hoffman) un vétéran de la politique, et par son adjoint, Stephen Meyer (Ryan Gosling, la nouvelle coqueluche d‘Hollywood), un jeune surdoué de la communication naïf et idéaliste qui voue un culte à son candidat et mentor, Mike Morris.

Jusqu’ici, la situation se présente très bien pour le camp de Morris. En effet, celui-ci a six points d'avance dans les sondages de l'État de l'Ohio, un État extrêmement important qui pourrait bien lui ouvrir la voie vers la Maison Blanche.

Mais quand Stephen Myers, l’homme de confiance du Gouverneur, rencontre en secret Tom Duffy (Paul Giamatti), le directeur de campagne du clan adverse, Paul, complote pour le faire renvoyer. Commence alors une lutte intestine au sein des démocrates où chacun va intriguer pour l’obtention, ou la conservation, du pouvoir.
Même le gouverneur Morris, en apparence intègre et honnête, dissimule un terrible secret qui pourrait s'avérer destructeur pour lui et sa campagne.
Stephen doit naviguer entre mensonge et faux-semblant et va, accidentellement, percer un jour le secret de son mentor.

Près de trois ans après le décevant "Jeux de dupes", Georges Clooney repasse derrière la caméra et, pour l’occasion, revient à ses premières amours : le pamphlet politique. A travers ce film, Clooney retrouve sa verve contestataire de "Good Night, and Good Luck" et nous fait partager sa vision de la politique, et plus particulièrement des politiciens, en nous montrant les coulisses d’une campagne électorale. Comme de nombreux américains, Georges Clooney est déçu par le gouvernement d’Obama, il dresse donc ici un portait acerbe et mordant de la politique où il attaque de front son propre camp : les démocrates.

Clooney va jusqu’à se mettre en scène dans une version alternative de Barack Obama, pour mieux l’attaquer, celui-ci n’apparaissant plus comme le sauveur des États-Unis. Ainsi, si Clooney poursuit dans la veine engagée de ses débuts, son nouveau film ne possède aucun aspect militant, préférant opter pour un cynisme absolu dans sa vision du monde politique, entre manipulations, mensonges et trahisons.

La politique vue par Clooney n’a donc rien d’enchanteur, et la réalisation, sobre et maitrisée de bout en bout, insiste lourdement sur cet aspect. Entre des effets d’ombres faisant ressortir la noirceur des protagonistes, les longs plans fixes, les lumières artificielles donnant un aspect factice et déshumanisé aux scènes, ou encore les longs silences et l’absence de musique, tout est fait pour créer un aspect froid et anxiogène.

Une nouvelle fois, Georges Clooney prouve l’étendue de son talent, aussi bien d’acteur que de réalisateur, et nous offre une véritable descente dans la réalité de la politique.

De bons acteurs, une réalisation stylisée pour un film au thème très actuel… What else ?

Alexandre.


LES TAGS : cinema, clooney, pouvoir










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