Les Roms du Chêne Vert toujours sans solution


Rédigé par Baptiste QUINIOU - Angers, le 07/02/2017 - 07:30 / modifié le 08/02/2017 - 11:41


Quatre mois après leur arrivée dans un ancien bâtiment de fonction de la caserne du Chêne Vert, le sort de dizaines de Roms sans-abris reste en stand-by. Alors que plane au dessus d'eux l'exécution d'une ordonnance d'expulsion, plusieurs soutiens sont venus défendre lundi la recherche d'une solution de relogement directement à la communauté urbaine d'Angers. En vain pour le moment.



8 décembre 2016 : une partie des occupants du bâtiment du Chêne Vert posent au pied de l'immeuble.
8 décembre 2016 : une partie des occupants du bâtiment du Chêne Vert posent au pied de l'immeuble.
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Il est à peine 10h lundi matin et les premiers soutiens arrivent déterminés devant l’hôtel d’agglomération. L’objectif de ce rassemblement : pouvoir échanger directement avec un représentant de la communauté urbaine au sujet de l’expulsion programmée des personnes résidant dans l'un des ex-bâtiments de fonction de la caserne du Chêne Vert, propriété de l’agglomération.

A l’origine, un problème qui revient de manière récurrente, celui de familles en situation de grande précarité qui vivent dans la rue ou, par défaut, dans des squats de manière illégale. Ces dernières années, de nombreux d’expulsions ont déjà été ordonnées par la justice sur Angers, pour faire cesser ce type d'occupation. Le 22 novembre dernier, saisi par le Service départemental d'incendie et de secours de Maine-et-Loire, le Tribunal administratif de Nantes a pris la même décision, en jugeant de l'illégalité de la présence d'une soixantaine de Roms au Chêne Vert.

Lire notre reportage "Au Chêne-Vert, la vie suspendue de 60 Roms" (09/12/2016)
 
Les familles qui occupent ces lieux sont réparties dans les différents appartements du bâtiment. Depuis quatre mois, elles peuvent compter sur le soutien de deux collectifs. D'un côté, le Collectif de soutien aux sans-papiers 49 auquel s’est joint un collectif de syndicalistes pour l’entraide et la solidarité qui est soutenu par des militants de la CGT, de Solidaires 49 et de Sud collectivités territoriales.
"L’ordonnance d’expulsion peut être prise à tout moment par la préfète et il n’y a aucune solution d’hébergement."
Ces deux collectifs tentent de défendre une proposition auprès des collectivités : une solution de bail précaire renouvelable d'un an, pour permettre aux personnes de retrouver une situation stable, en attendant de quitter les lieux. « On est déjà venus la semaine dernière afin de demander un rendez-vous pour trouver des solutions, mais on n’a pas eu de réponses. On revient donc en intensifiant la pression » appuie Morgan, l’un des membres de ce collectif.

Plus précisément, une réponse leur a bien été communiquée par courrier par le président d'Angers Loire Métropole, Christophe Béchu, mais elle ne les satisfait pas. Le 31 janvier, ce dernier leur a fait savoir qu'il n'y était pas favorable : "En tant qu'élu, je me dois de respecter la loi et je ne peux autorise l'occupation sans droit, ni titre d'un groupe de personnes qui s'est installé dans un bâtiment de la ville ou de l'agglomération par voie de fait" a t-il écrit, parlant d' "une situation illégale pas non plus acceptable pour des raisons de sécurité des biens et des personnes". Une position que ne peuvent se résoudre à accepter les soutiens des Roms du Chêne-Vert.

« L’ordonnance d’expulsion peut être prise à tout moment par la préfète et il n’y a aucune solution d’hébergement. Regardez les foyers comme Rouchy, ils sont saturés et ne pourront jamais accueillir toutes ces familles » s’agace un militant. Un autre parviendra bien à joindre l’assistante de Christophe Béchu au téléphone, mais en vain. Ses arguments ne seront pas entendus. « On les a contactés depuis le début du mois d’octobre, par mail ou par les réseaux sociaux, mais nous n’avons pas quelqu’un qui puisse nous rencontrer physiquement" déplore l'un deux. 

Leur action terminée, les représentants des deux collectifs, fermement décidés à se faire entendre, ont pris la décision de revenir. Pour organiser cette fois-ci purement et simplement le blocage de l’hôtel d’agglomération.








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