Les arrivants : au bord de le crise de nerf


Rédigé par Cinéma Parlant - Angers, le Mardi 11 Mai 2010 à 09:10


Jeudi 6 mai, à Angers, Patrice Chagnard venait présenter au cinéma Les 400 coups, « Les Arrivants », film qu’il a réalisé avec Claudine Bories, salué par un joli succès auprès des critiques et du public.



Caroline, face à des situations impossibles
Caroline, face à des situations impossibles
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Au départ, a-t-il expliqué, il voulait montrer comment on débarque à Paris, quand l’on vient du monde entier, et qu’on est demandeur d’asile : Paris, comme un port ouvert sur le reste du monde… : à voir. C’est ainsi qu’il arrive à la CAFDA, Coordination pour l’Accueil des Familles Demandeuses d’Asile, dans le 20ème arrondissement : un sas de passage pour des étrangers avec leurs enfants, originaires de toutes les nationalités, qui ne parlent pas la langue, qui ont bien du mal à se faire comprendre, et surtout à obtenir de ne pas être expulsés.

Face à eux, des travailleurs sociaux débordés, sans moyens, devant pourtant assurer l’hébergement et la nourriture de ceux que la France est censée accueillir, et cherchant à comprendre si leur situation leur permet bien une demande d’asile politique.

Patrice Chagnard, témoin de rencontres à haute tension
Patrice Chagnard, témoin de rencontres à haute tension
Après plusieurs mois nécessaires pour observer les scènes et faire accepter leur présence, les cinéastes filment ceux qui veulent bien l’être : refus systématique des Tchétchènes qui craignent la police russe, accord de certains autres, pensant que leur présence dans le film fait peut être partie du processus qui leur permettra de rester en France (ce que l’équipe du film se garde de démentir !). Mais de l’autre côté aussi, ce n’est pas facile : les assistantes sociales ne sont pas à l’aise, notamment Caroline, qui réagit parfois de façon affective, et se le reproche ensuite. Le public, composé de nombreux travailleurs sociaux, a vivement réagi par rapport à elle : des reproches lui étaient faits sur son manque de professionnalisme, ce à quoi le réalisateur répondait qu’elle ne faisait que refléter, cristalliser une situation impossible ; et on peut admirer son courage de laisser voir ainsi sa difficulté de maîtrise, sa fragilité.

Finalement un documentaire aussi palpitant qu’une fiction, sauf qu’il s’agit du destin bien réel d’hommes et de femmes totalement démunis, débarqués là par des passeurs, dans la plus totale précarité, avançant les yeux bandés à travers un dédale administratif et juridique qu’ils ne connaissent pas - on pense au cas de réfugiés tamouls, parlant du tsunami, et c’est la mauvaise raison, ils sont expulsés, par contre d’autres, parlant de problèmes politiques, et c’est le sésame qui peut leur ouvrir le droit d’asile ; on pense aussi à Zahra, en larmes, qui pouvait être renvoyée à tout moment à Malte avec son nouveau-né.












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