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Tourisme
Les coiffes de nos grand-mères aux Ponts de CéRédigé par Yannick Sourisseau
- le 23 Février 2010 à 10:40
Dans le cadre de Made in Angers, cinq musées du Pays Loire Angers ouvraient, ce week-end, leurs portes aux amateurs d’objets insolites. Parmi ces établissements, le musée des coiffes et des traditions des Ponts de Cé, permettait de se replonger dans une époque que la plupart des visiteurs n’ont pas connue.
Le Conservateur du musée, Jacky PINEAU, en démonstration de repassage
Installé dans le donjon du château des Ponts de Cé, un édifice dont la construction fut ordonnée par le Roi René en 1440, le musée des coiffes et des traditions abrite plus de 600 coiffes, bonnets et costumes d’Anjou. Ces pièces de collection dont certaines datent du XIIIème siècle témoignent du travail de précision des dentellières de l’époque.
« Le tulle et la dentelle des coiffes et bonnets de nos grand-mère, provenaient de Saint Étienne. Ces matériaux indispensables étaient, avant l’ère industrielle, fabriqués à la main » précise Jacky PINEAU, conservateur et initiateur de ce musée. Pour la circonstance des dentellières s’étaient installées dans les locaux, afin de montrer comment confectionner une pièce de dentelle. « Il vous faut combien de temps pour réaliser cette dentelle ? » demande une visiteuse. Poser cette question à une dentellière c’est un peu comme demander à un pêcheur si ça mord. « Je ne compte pas mon temps » répond la dentellière sans quitter de l’œil, le fil, ses aiguilles et ses écheveaux. « Un vrai travail de patience. Il faut sans doute avoir une bonne vue » conclue la visiteuse. Portées en Anjou jusqu'à la dernière guerre, les coiffes et autres bonnets, étaient différents d’une province française à l’autre et parfois même entre villes. « La plus belle, c’était celle des Ponts de Cé. Les mariniers qui naviguaient sur la Loire ramenaient de la dentelle de Belgique pour la confectionner » ajoute Jacky Pineau, tout en repassant une coiffe avec un fer tubulaire, prévu pour ce genre de tâche. Ce dernier que rien ne prédestinait à la conservation et à la rénovation des coiffes, s’est d’abord intéressé aux Ponts de Cé, sa ville natale. C’est la rencontre avec Mme Metairie, une repasseuse qui lui permettra de s’initier à la fabrication et à la préparation des coiffes et de prendre conscience qu’il fallait conserver ces couvre-chefs, témoignage fort d’une page d’histoire d’Anjou. « A l’époque, les femmes portaient toujours quelque chose sur la tête. Un bonnet dans la journée ou au lit, et une coiffe, différente selon les cérémonies et le niveau social de celle qui la porte » précise le conservateur. « Les maris ne voyaient jamais les cheveux de leurs épouses ». Passionné par ce travail, Jacky Pineau est incapable de dire combien il faut de temps pour réaliser et amidonner une coiffe, ça l’intéresse peu ou prou : « Environ une quinzaine d’heures, peut-être plus ! » finit-il par dire lorsque l’on insiste. Pour lui le temps n’est pas un problème, c’est le résultat qui compte et surtout l’intérêt que suscite ce musée. D’ailleurs, même s’il affirmait qu’à cause vacances de Février, il y avait moins de visiteurs que les années précédentes, ils furent tout de même nombreux à franchir la porte de ce musée insolite pendant Made in Angers Situé à 10 minutes du Centre d’Angers, le musée des coiffes et traditions est ouvert habituellement au public du 1er Avril au 31 Octobre. Toutefois des visites de groupes peuvent être organisées toute l’année sur rendez-vous. Renseignement : 02.41.44.68.64 ou sur www.ville-lespontsdece.fr |
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