Les départements en campagne pour dénoncer le désengagement de l'Etat


Rédigé par - Angers, le 19/09/2016 - 07:45 / modifié le 21/09/2016 - 07:52


Une soixantaine de départements de France, dont celui du Maine-et-Loire, mettent en place tout au long de la semaine une campagne de sensibilisation du public aux difficultés financières qu'ils rencontrent, conséquence directe, selon l'Association des départements de France (ADF), du désengagement de l'Etat.



Florence Dabin, Christian Gillet et Jean-François Arthuis Brault, respectivement vice-président en charge des Ressources humaines, président du Conseil départemental et directeur général des services ont relayé la campagne nationale lancée par l'Association des Départements de France.
Florence Dabin, Christian Gillet et Jean-François Arthuis Brault, respectivement vice-président en charge des Ressources humaines, président du Conseil départemental et directeur général des services ont relayé la campagne nationale lancée par l'Association des Départements de France.
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Ils ont décidé de taper (plus) fort, de manière commune mais pas unanime. Les Départements de France, la soixantaine estampillée à droite de manière caricaturale (sur les 102 départements), ont décidé de livrer leurs états d'âme sur la place publique, au travers d'une campagne nationale, si ce n'est offensive, à tout le moins pédagogique.
 
Le Conseil départemental du Maine-et-Loire en est évidemment, sans surprise. Depuis sa prise de fonction à la mi-2014, son président, Christian Gillet (UDI), n'a eu de cesse de s'insurger contre le désengagement de l'Etat, notamment depuis le transfert du RSA en 2004. C'est principalement de ce côté que le bât blesse. Du point de vue comptable, la non compensation du RSA par L'Etat devrait au Conseil départemental s'élèverait à plus de 700 millions d'euros depuis 2004, et 76 millions d'euros pour la seule année 2015-2016. « A ce rythme, les Départements ne pourront bientôt plus assurer le paiement du RSA. Ils ne pourront plus assurer la présence d’une aide à domicile pour faciliter le quotidien des aînés. Ils ne pourront plus entretenir et sécuriser nos routes, ni subvenir au bien‐être de nos enfants dans les collèges. Ils ne pourront plus assurer le déploiement du Très Haut Débit ou maintenir le financement de structures qui œuvrent dans les champs essentiels de la solidarité, de la culture et du sport », avance Christian Gillet.
 
Un discours maintes fois entendu -et relayé- dans l'enceinte du Conseil départemental, notamment à l'heure des exercices budgétaires, mais qui entend résonner au-delà de la simple sphère des initiés. Si le Département a choisi de ne pas recourir à des insertions publicitaires dans les médias locaux -comme d'autres collectivités l'ont fait grâce à des supports élaborés par l'ADF- 800 courriers sont partis jeudi matin à destination des maires, président des communautés de communes ou d'association pour les informer de la situation et les inviter, par solidarité, à se "joindre à la semaine nationale de mobilisation « Stop à la disparition des moyens des Départements », organisée du 19 au 24 septembre par l’ADF".
 
En clair, l'ADF sollicite durant toute la semaine le plus large soutien populaire, pour faire réagir un gouvernement dont l'écoute est pour l'heure toute relative, comme le démontre l'achoppement des négociations sur le financement du RSA, au printemps dernier. "Porter atteinte aux moyens financiers de nos départements, c'est porter atteinte au quotidien de 66 millions de Français", insiste la campagne nationale de l'ADF. Mercredi, une marche à laquelle participera Christian Gillet partira du Palais Bourbon (Assemblée nationale) pour rejoindre l'Hôtel Matignon, à Paris.
Les élus départementaux vont donc battre le pavé pour se faire entendre, et faire valoir leur voix au moment où les choses se décantent peu à peu dans la course à l'élection présidentielle.

"Démagogie" et "désinformation" pour l'opposition départementale

On s'en doutait, mais la prise de position du président du Conseil départemental de Maine-et-Loire, Christian Gillet, prend évidemment une tournure politique singulière dans le contexte pré-électoral. Et l'opposition départementale de gauche s'est naturellement immiscée dans le débat. "La majorité de droite de l’ADF utilise les moyens de l’association pour orchestrer une campagne politicienne à l’approche de l’élection présidentielle. Christian Gillet qui, en juin dernier encore, annonçait « nos grands équilibres financiers sont préservés et que notre situation, bien qu’appelant toujours à la plus extrême vigilance, est saine » explique aujourd’hui qu’il ne peut plus verser le RSA aux personnes en grande difficulté… Si la situation est si critique, que s’est-il passé ?", interroge Grégory Blanc, le président du groupe de gauche au Conseil départemental, avant d'enchaîner sur le fond : "Alors que le niveau de dépenses sociales est l’un des plus faibles, nous sommes parmi les départements de loin les mieux compensés par l’Etat pour les allocations sociales. Le problème financier est structurel et il se situe ailleurs, comme nous l’indiquons depuis des années : le poids du passé est là, grevant notre épargne et notre capacité d’autofinancement, nous empêchant d’investir."

Et l'élu local de reprendre sa casquette politique, pour conclure : "Pendant un an, les départements ont négocié avec le gouvernement pour pouvoir mettre fin à la hausse du poids du RSA dans leurs budgets sans compensation par l’État. Le Premier ministre Manuel Valls entendait, pour la première fois en 12 ans, corriger totalement cette erreur en proposant de faire reposer à nouveau le RSA sur la solidarité nationale plutôt que sur les finances locales. Par posture politique, une majorité de départements de droite a refusé tout compromis. La majorité départementale de Christian Gillet, en soutenant cette posture, fragilise l’avenir des départements."




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur




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