Les dessins de David d'Angers présentés au Louvre


Rédigé par - Angers, le Mercredi 20 Février 2013 à 07:00


Le plus célèbre des artistes d'Angers sera à l'honneur du Louvre du 28 février au 20 mai. Puisés dans un fonds aussi exceptionnel que méconnu, une soixantaine de dessins issus des collections angevines, y dévoilera ce que les sculptures monumentales de David d'Angers tendent parfois à nous faire oublier : sa liberté.



"Etude du mouvement du bras de l'Aragonais et du geste de Foy pour le bas-relief du général Foy en Espagne", l'un des dessins sélectionnés pour être présenté au Louvre (photo musées d'Angers)
"Etude du mouvement du bras de l'Aragonais et du geste de Foy pour le bas-relief du général Foy en Espagne", l'un des dessins sélectionnés pour être présenté au Louvre (photo musées d'Angers)
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Ni grue, ni semi-remorque ! Que tous les contribuables locaux anxieux qui ont arpenté un jour la galerie David d'Angers, se rassurent d'entrée : côté logistique, ce voyage au Louvre ne présente, à fortiori, aucun caractère menaçant pour leur porte-monnaie... Car si c'est bien au même père créateur de tous les "grands hommes" qui peuplent les lieux qu'a choisi de s'intéresser le plus prestigieux de nos musées nationaux, c'est aussi à une autre facette, plus intime et beaucoup plus légère, de son travail artistique.

Connu principalement pour son œuvre sculptée, Pierre-Jean David, dit David d'Angers (1788-1855), a laissé derrière lui un ensemble pléthorique de dessins dont la très grande majorité - près de 3000 au total - est conservée aux musées d'Angers. Mais exceptée une petite vingtaine d'entre eux présentée depuis 1984 sous la mezzanine de la galerie, ces esquisses et travaux préparatoires dorment dans les remises, à l'abri des regards du public.

Faire connaître les grands fonds de dessins des musées français, est précisément l'une des missions que s'est donnée le département Arts graphiques du Louvre qui a choisi de présenter du 28 février au 20 mai prochain, une soixantaine de dessins issus de ces collections. "On a fait une première sélection assez large puis mis l'accent sur ses dessins préparatoires aux sculptures et ses portraits de jeunesse, en choisissant les feuilles représentatives les plus belles" rapporte Véronique Boidard, assistante de conservation principale à la documentation des musées d'Angers, qui participe au commissariat de l'exposition.

Pas un hasard. Doctorante en histoire de l'art à la Sorbonne, elle a travaillé de très près autour de l’œuvre dessinée de David d'Angers. Une œuvre qui, selon elle, témoigne d'une autre facette de l'artiste romantique, moins connue que celle du républicain engagé, attaché à rendre hommage aux acteurs de la démocratie naissante. "Ce sont des dessins qui montrent qu'il pouvait se laisser aller, qu'il était libre et fougueux, contrairement à ce que peuvent laisser croire ses sculptures" explique Véronique Boidard.

"Remettre l'accent sur la Galerie David d'Angers"

Garnier, Percier, Cortot, Ingres à l'Institut (1826-1830) (photo musées d'Angers)
Garnier, Percier, Cortot, Ingres à l'Institut (1826-1830) (photo musées d'Angers)
Les visiteurs du Louvre pourront découvrir ces dessins dans les salles Molien de l'aile Denon (au 1er étage). Les angevins qui ne pourront se rendre à Paris, pourront toujours les retrouver dans le beau livre d'expositions co-édité spécialement par le Louvre et les musées d'Angers.

D'ici à la fin de l'année, ils devraient aussi pouvoir profiter d'une nouvelle présentation des dessins de David d'Angers dans l'espace qui leurs est dédié, rue Toussaint.

"Il nous faut rebondir sur cette exposition pour proposer autre chose, améliorer aussi la signalétique et rafraîchir le livret d'accueil du public" explique Ariane James-Sarazin, la nouvelle directrice des musées d'Angers.

Très attachée à la gestion et à la mise en valeur des fonds, elle entend "remettre l'accent sur la Galerie David d'Angers" qui, avec ses quelques 30 000 visiteurs par an, reste à ses yeux "un élément muséographique exceptionnel, autant promenade architecturale qu'artistique". Difficile de la démentir quand, comme ce mardi, un magnifique soleil éclaire la verrière de la galerie.

De quoi réjouir aussi le maire d'Angers, Frédéric Béatse, ravi et fier "de voir que les musées d'Angers aient pu nouer un partenariat avec le Louvre". Un partenariat dont la ville entend bien profiter pour faire parler d'elle notamment lors du vernissage programmé à Paris le 27 février, et faire en sorte que les dessins de David d'Angers participent au "rayonnement du territoire".




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Alighieridante le 07/04/2013 13:59 | Alerter
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Si vous aviez vu comme moi, les yeux grands ouverts, ces dessins et ces ébauches, vous auriez une idée très claire des grands tumultes et de la guerre. La tragédie est ici l’œuvre principale, les nombreux fils de l’Olympe, furieux, font trembler la terre, les hommes et leurs cités, il y a urgence dans la demeure des vivants. Voici donc l’auteur de ces scènes, David d’Angers, qui trace d’une encre noire les morts et les vivants, fait jaillir le monde antique pareil à un vaste incendie qui gron...








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