Les musiques métissées au bord du fleuve royal


Rédigé par Michel Barini - Angers, le 06/07/2010 - 13:40 / modifié le 07/07/2010 - 08:18


Certains Angevins en sont quasiment persuadés. Les Traver’Cé musicales des Ponts-de-Cé, ville proche d'Angers, sont en passe de devenir un rendez-vous majeur à ce niveau de qualité dans l’agglomération. Après Titi Robin, Lo’Jo ou Natacha Atlas en concert sur un même plateau l’an dernier, les organisateurs avaient invité six groupes d’envergure, que des têtes d’affiche professionnelles.



En clôture du festival, les bluesmen touaregs de Tinariwen ont littéralement subjugué les spectateurs de leurs chants entêtants soutenus par des guitares électriques envoûtantes.
En clôture du festival, les bluesmen touaregs de Tinariwen ont littéralement subjugué les spectateurs de leurs chants entêtants soutenus par des guitares électriques envoûtantes.
Vue de la route départementale qui traverse la ville et ses ponts en dominant les douves du château, la vision était éloquente et nombreux étaient ceux qui s’attardaient sur le parapet pour jeter un œil. En contrebas, sur le théâtre de verdure, la foule avait répondu à ce qui ressemblait à un événement capital. L’explication se trouvait sur l’immense bannière qui flottait sur la façade de l’ancienne demeure du Roi René : « Les Traver’Cé, le festival des musiques métissées ». Une série de concerts de folie était annoncée avec les groupes La Jam, Ben’Bop, Zenzile, So Kalmery, Pamberi Steel Orchestra, Tinariwen. Quel programme !

Milieu d’après-midi ce samedi. Les premières notes s’échappèrent des instruments du Mambo Social Club qui débarqua sur le site de l’île des Ponts-de-Cé pour faire monter la pression en ouvrant les hostilités musicales. Avec le concours de No Water Please et Bajka, cette tonique fanfare avait pour mission d’annoncer les concerts, de combler les intermèdes mais aussi de pénétrer au cœur des quartiers à l’heure de l’apéritif pour rencontrer les riverains. Ces formations déjantées et endiablées s’en sont acquittées en slalomant parmi les spectateurs sur des sonorités cosmopolites et festives mêlant musique tsigane, rythmes afro-cubains, funk jamaïcain.

Tandis que la musique prenait possession de l’espace et que les points de ravitaillement (buvette, sandwicheries, restaurants, guinguette, stand de cocktails de fruits) se mettaient en place pour résister à un siège d’assoiffés et d’affamés, poussettes, enfants, parents et mamies papillonnaient autour des Festijeux pour s’essayer à des jeux originaux et insolites du Middle Ouest, de Russie, du Cap-Vert, d’Inde et d’ailleurs. Car ce festival qui métisse avec maestria les musiques du monde revendique aussi sa volonté de mélanger les genres d’animations et les générations de spectateurs en accueillant le public gratuitement.

À la grande joie des plus jeunes, des jeux traditionnels et insolites des pays du Nord et du Sud avaient été installés au cœur de la manifestation.
À la grande joie des plus jeunes, des jeux traditionnels et insolites des pays du Nord et du Sud avaient été installés au cœur de la manifestation.
Et déjà, le premier concert démarrait avec La Jam, un groupe nantais aux origines métissées, qui mit le feu aux poudres avec ses rythmes reggae, rock et afro-carribéens. Sous l’effet des basses, des percussions, de la chaleur mais également des premières transes des plus hardis, des quinquagénaires rejoignaient les plus jeunes dans leur frénésie, osant les bras levés, les mains qui frappent, les déhanchés, les pas de danse tantôt assurés, parfois approximatifs…

Les heures suivantes allaient faire monter l’ambiance de l’immense chapiteau de 800 m² planté au centre de la manifestation. Avec Ben’Bop, un étonnant groupe hip-hop, ragga, rock puis avec Zenzile, le célèbre groupe angevin de notoriété internationale, la journée allait se poursuivre au cours d’une soirée où les festivaliers purs et durs avaient progressivement pris possession du terrain. Ceux-ci n’avaient pas pour autant totalement chassé les familles qui s’offraient en ce début de vacances scolaires une prolongation nocturne.

Le lendemain, le festival accueillait So Kalméru, un représentant du Brakka system avec sa musique née dans la région zaïroise des Grands Lacs et Pamberi Steel Orchestra, un band virtuose de Trinidad. Les Traver’Cé s’achevèrent en apothéose avec les Touaregs de Tinariwen dans une atmosphère torride et décontractée où la foule se pressait sur le parquet surchauffé, bien déterminée à en profiter jusqu’au final. Elle fut servie au-delà de ses espérances par ces étonnants personnages vêtus de leurs tenues traditionnelles qui explorent les sonorités du blues électronique en racontant l’histoire de ce peuple nomade. Une culture que ces ambassadeurs du désert malien exportent en musique à travers le monde entier comme… aux Ponts-de-Cé.



Michel Barini
Michel Barini
Contributeur Angers Mag - pour le secteur des Ponts de Cé et Murs Erigné. Collabore à la rédaction... En savoir plus sur cet auteur















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